• 4. L'enfant

     

     Il est cinq heures et San Myshuno s'éveille.

     

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    Il est cinq heures et le portable que Jeanne a laissé dans le tiroir de sa coiffeuse sonne.

    Ni une ni deux, Jeanne sort de son sommeil et se "précipite" comme elle le peut vers lui.  C'est peut-être Li.  Que fasse que ce soit Li.  Cela fait dix jours que Jeanne n'a plus de nouvelles de son fils et il lui tarde d'entendre sa voix. 

     

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    Sitôt le pied posé au sol, la sonnerie du portable s'est tue.  Jeanne fronce les sourcils et s'avance malgré tout vers sa coiffeuse.

     

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    Jeanne consulte le journal des appels manqués.  C'est le numéro d'Arthur, le compagnon de Leila, qui s'affiche.  A cinq heures du matin?  Que peut bien lui vouloir Arthur à cette heure-ci?    

     

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    Si cela se trouve, se dit-elle, c'est une erreur.  En déposant son téléphone sur la table, par inadvertance et concours de circonstances improbables,  Arthur a déclenché un appel vers Jeanne.

    Arthur décroche dès la première sonnerie et ses mots fusent sans même que Jeanne ait eu le temps d'en prononcer un.  L'homme a l'air remonté comme un coucou.

    "Alors, ça, c'est tout vous, belle-maman!  Écervelée, incapable de voir les dangers...   Faire engager Leila, la fourrer dans un repaire de délinquants!  Non mais à quoi vous pensez?!  En même temps, il n'y a pas grand 'chose à attendre de vous, ça, on m'avait prévenu..."

    Et blablabla blablabla et blabla, Jeanne a vite perdu le fil mais le rattrape in extremis.  Le cerveau embrumé de Jeanne a fini par saisir que l'ami Arthur est furieux que Jeanne ait proposé à Leila de travailler au centre avec Milou et celui-ci vocifère avec hargne, semblant avoir perdu tout contrôle de lui-même et confondant les bons grains et l'ivraie.

    La voix de Jeanne claque tel un coup de cravache:

    "Arthur!"

    Il se tait, surpris et Jeanne grogne:

    "Arthur", répète Jeanne plus doucement, "si tu veux me parler et si tu veux que je t'écoute, tu changes de ton, im-mé-di-a-te-ment!"

     

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    Jeanne imagine sans mal Arthur hésiter entre reprendre ses invectives, raccrocher au nez de Jeanne ou reprendre son calme.  Jeanne soupire:

    "Passe-moi ma fille, Arthur."

    Jeanne entend du bruit dans le récepteur; probablement Arthur a-t-il changé le portable d'oreille, elle l'imagine à nouveau se frotter le menton du plat de la main, excédé.  Il finit par répondre à Jeanne, d'une voix plus calme:

    "Je ne peux pas vous la passer; elle dort."

    Jeanne lève les yeux au ciel:

    "C'est ce que tu devrais être en train de faire aussi, Arthur.  Il est cinq heures du matin et tu as certainement une dure journée qui t'attend."
    "Je n'arrive pas à dormir, je m'inquiète pour Leila..."

    Jeanne soupire encore:

    "Arrête de t'inquiéter pour Leila, Arthur.  Ma fille est bien plus intelligente et maligne que tu ne sembles le croire."

    La voix d'Arthur tremble sous le reproche:

    "Je ne pense pas que Leila est ..."
    "Oh je t'en prie, bien sûr que si!  Mais tu apprendras que ce n'est pas le cas, Arthur, et surtout apprends à ne plus m'appeler à cinq heures du matin si ça peut attendre dix heures."
    "Je..."

    Cette fois, Jeanne ne le laisse pas continuer:

    "Je rappellerai Leila moi-même tout à l'heure. "

     

     

     

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    "S'il vous plaît, ne..."
    "Au revoir, Arthur."

    Jeanne clôt l'appel.

     

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    Jeanne reste un long moment impassible devant son miroir et pourtant mille pensées tournoient dans son esprit.  Aucune, finalement après analyse qui vaille qu'elle y revienne mise à part une seule: il est un peu plus de cinq heures du matin et Jeanne n'avait pas prévu de débuter sa journée si tôt.

     

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    "Et bien super, ma petite Jeanne", raille intérieurement la jeune femme. "Le bonheur de vivre seule, impossible d'envisager une seule grasse mat'; si on t'avait dit ça, tu n'y aurais jamais cru." 

     

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    En pouffant, Jeanne se lève et se dirige vers la salle d'eau. 

     

     

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    Une petite mise en beauté s'impose, ce midi, elle va déjeuner avec Jo et Lucie qui avaient prévu de descendre en ville rendre visite à leur fils, Joachim devenu père à son tour, depuis peu. 

     

     

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    Cela a des avantages de ne rien glander du matin au soir, Jeanne est du coup surbookée, plus qu'elle ne l'a jamais été, en vérité.

    Bien évidemment, les pensées de Jeanne se tournent vers ses amis, Jo et Lucie.  Depuis qu'ils ont déménagé à Brindleton Bay, elle a peu l'occasion de les voir et ils lui manquent énormément.

     

     

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    La première rencontre avec Lucie avait eu lieu alors que les jumeaux avaient six ans.  Maître Lucie Rosière était entrée dans la petite pièce exiguë, dans laquelle Jeanne attendait, sagement, les mains posées sur les genoux.   Lucie portait un tailleur noir, un chemisier blanc à cravate, une énorme mallette en cuir brun qui craquait de tous côtés et un mouchoir plié dans l'autre main qui lui permettait de saluer les gens d'un mouvement de tête, sans avoir à serrer la pince de quiconque.  Son chignon haut et soigné et ses mocassins en cuir italien peaufinaient son allure.  Jeanne est tombée en amour de Lucie dès le premier regard échangé.  Dans les yeux de Lucie, on lisait la détermination, l'intelligence et la générosité des grandes dames.

     

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    "Madame Lol, bonjour.  Je suis ici à la demande de mon mari qui est un grand fan de "Rebelle la nuit".  Il a entendu parler de vos déboires..."

    Elle s'est penchée plus en avant, toujours debout près de la table qui la séparait de Jeanne.

    "Mon mari a l'oreille toujours collée aux ondes réservées à la police..."

    Avec un petit sourire entendu, elle s'est assise avec grâce sur la chaise libre, en face de Jeanne.

    "Je suis avocate.  Vous n'avez pas encore d'avocat, n'est-ce pas?"
    "Euh non, en effet.
    "Parfait, je suis Maître Lucie Rosière.  Et vous êtes dans de beaux draps, dites donc..."

    Jeanne n'avait encore rien dit, était sur le point d'ouvrir la bouche mais Lucie avait secoué son petit mouchoir en l'air:

    "Pour mes honoraires, vous me promettez de dédier votre prochain morceau à mon mari et je veux dix pour cent des droits d'auteur de cette future composition."

    Elle a sorti avec dextérité une feuille blanche, format A4 du fouillis de sa mallette et l'a posée devant Jeanne qui a vu apparaître comme par magie également un stylo Bic, en plastique transparent.

    "Lisez et signez ici."

    Jeanne s'est saisie du stylo mais Lucie a claqué sa langue sur son palais et grogné:

    "Lisez d'abord.  Il ne faut jamais se fier à la bonne mine de celui qui vous tend un contrat."

    Jeanne s'est exécutée et rendu le papier signé à l'avocate qui a souri:

    "Bien, racontez-moi votre version."

    C'est toujours avec tendresse que Jeanne pense à eux: Jo et Lucie.  Jo, lui, est un homme court sur pattes, à la chevelure rare qui a un sourire d'enfant, la poigne ferme et une voix aussi rêche que du papier de verre.  Jeanne aurait voulu être de leurs enfants.  Cinq.  Joachim, Vivian, Dimitri, Angélique et la petite Manon.  Ils ont, tous les cinq, la classe, l'élégance, l'intelligence, la persévérance et la bienveillance de leurs parents.  C'est une belle famille.  Une famille de rêve où tous s'aiment, se comprennent et s'admirent; de ces familles parfaites qui vivent dans des dessins d'enfant.  

     

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    Quand Jeanne voit le champ de bataille qu'est sa vie en comparaison de la leur, il y a de quoi se demander s'ils vivent dans le monde univers et quel est ce miracle qui a voulu que Jo et Lucie s'attachent à Jeanne et vice versa. 

     

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    Une belle amitié, à l'image de ces deux personnes hors du commun que Jeanne aime profondément.

     

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    Jeanne est enfin satisfaite de sa tenue, après avoir changé d'avis dix fois.   

     

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    "Je vais y aller, mon Commandant.  Sois sage pendant mon absence, n'ouvre à personne et si tu sors, ne va pas trop loin."

     

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    Jeanne hésite un moment, certaine d'oublier quelque chose.  Ah oui, appeler Leila.

    Jeanne s'assoit et saisit son portable.

    La voix de Leila lui parvient:

    "Salut, vous êtes bien sur le répondeur de Leila.  Laisse-moi un message, je vous rappelle."

     

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    Jeanne grimace, elle n'aime pas laisser un message sur les répondeurs:

    "Hey, ma fille.  Tu me rappelles quand tu peux?  Rien de grave, rien d'urgent.  Bisous."

     

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    En raccrochant, Jeanne fronce les sourcils et soupire puis se penche à nouveau:

    "Allez, je suis partie, je ne suis plus là, Commandant.  Sois sage."

     

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    Jeanne décide de se rendre à pied, malgré le temps maussade, au restaurant où elle a rendez-vous avec Jo et Lucie.  Il faut dire qu'elle est largement en avance.  C'est le souci quand on est réveillé à 5 heures du matin; on est décalé pour toute la journée.

    Jeanne flâne un peu.

     

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    Elle partage quelques mots avec des badauds qui la reconnaissent, signe un autographe, se laisse gentiment prendre en photo.

     

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    Enfin, Jeanne aperçoit Lucie, seule, sans Jo.

     

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    Jeanne lui sourit, court presque pour aller l'embrasser, l'enlace tendrement.  Lucie répond à l'étreinte de Jeanne en soufflant:

    "Je suis désolée, Jo n'était pas bien, ce matin.  Il est vraiment fatigué en ce moment, je me demande si j'ai eu raison d'insister pour descendre jusqu'à San Myshuno.  Je pensais que cela lui ferait du bien pourtant de voir les enfants."
    "Ce n'est pas parce qu'il est fatigué que cela ne lui a pas fait du bien", sourit doucement Jeanne en resserrant plus fort son étreinte.
    "Oh il était si désolé de te rater.  Il m'a dit cent fois de t'embrasser."
    "Et bien, embrasse-moi encore", rit Jeanne.

     

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    Lucie sourit:

    "Il m'a donné ça pour toi.  Je te le donne tout de suite, histoire de ne pas oublier."

    Jeanne prend la clé usb et un doux sourire flotte sur son visage, pendant qu'elle fourre la clé dans la poche de sa veste.

    "Ce n'est pas trop pénible d'avoir à supporter sa musique ...?" s'inquiète pour la millième fois Lucie.

     

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    Jeanne la coupe d'un mouvement large:

    "Ce n'est pas ça, l'important, c'est ce qu'il me dit."

    Lucie hoche la tête.  Elle ne comprend pas bien cette histoire de discussion en musique entre son mari et Jeanne; mais ce qu'elle sait c'est que cela fait du bien à Jo d'enregistrer ses compositions et qu'il se jette sur celles que Jeanne lui envoie.

    Jeanne emmène Lucie vers le restaurant:

    "Puis tu sais", ajoute-t-elle, en prenant place à table, "Jo s'améliore vraiment.  Son jeu est plus fluide."
    "La sérénité de l'âge sans doute...", glisse Lucie en consultant le menu.

     

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    "Parle-moi de toi, ma petite Jeanne.  Comment vas-tu?"

    Jeanne ne cesse de sourire.

    "Je vais très bien.  Depuis que j'habite seule, je n'ai jamais été autant occupée."
    "C'est bien.  Tu prends soin de toi?  Tu fais du sport?  Tu vois des gens?"
    "Voilà, je fais tout ça."
    "Et comment ça se passe Leila et Arthur?"
    "Bof, tu sais, ça ne fait que quelques jours qu'ils habitent ensemble pour de vrai; ils doivent encore prendre leurs marques tous les deux puis tu sais, Arthur, quoi, sa nature inquiète, ses petites manies..."

     

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    Lucie taquine un peu Jeanne:

    "Mais qu'est-ce que tu lui reproches à Arthur?  De s'inquiéter pour ta fille?"
    "..."
    "A moi, tu peux dire ce que tu lui reproches, je ne suis pas dupe.  J'ai bien compris que tu ne l'aimais pas, ce gars-là."

    Jeanne hausse les épaules.

    "C'est un con", dit-elle seulement.  "Leila mérite mieux que lui."
    "Toutes les mamans pensent toujours que leurs enfants méritent mieux..."

     

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    "C'est faux", s'insurge Jeanne. "Je trouve le compagnon de Li adorable.  Je l'aime beaucoup, lui."

    Jeanne baisse la voix:

    "Arthur, c'est un fourbe.  T'as rien compris et il t'a emballée, pesée et tu passes à la caisse sans avoir rien compris."
    "C'est un politicien, ma chérie", s'esclaffe Lucie. 
    "Ce n'est pas la question, Lulu.  Arthur, c'est un trou noir alors que Leila, tu vois, c'est une étoile, que dis-je : un soleil."

    Jeanne baisse les yeux sur la main que Lucie a posé sur la sienne et la reprend aussi vite.

    "Oh je te vois venir, Lulu.  Mais non, je ne m'inquiète pas du tout pour ma fille.  Elle va se débrouiller."
    "Elle a de qui tenir de toute façon, cette gamine.  Je ne m'inquiète pas pour elle non plus."
    "Arrête la flatterie, Lulu."
    "Je le pense vraiment et merde alors je dis ce que je veux, d'accord?!"

     

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    Jeanne rigole puis change de sujet:

    "Tu as une photo de ton petit-fils?"

     

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    Lucie applaudit:

    "Oui, tu veux le voir?  Il est absolument parfait.  Presque aussi beau que son père quand il est né.  Tu vois, ses petites fossettes, là, ce sont les mêmes que celles de Joachim.  Quel beau gamin, vraiment."
    "C'est vrai qu'il est beau", ment Jeanne qui a toujours trouvé les nourrissons moches à mourir avec leur petite bouille fripées et rougeaudes dans le meilleur des cas.  Des petits machins qui bavent et pleurent à longueur de journée, qui vous accrochent les cheveux et vous les arrachent par poignées.  Bref... C'est bon, elle a donné, Jeanne, et elle espère que ses enfants se passeront de vouloir à tout prix lui confier leurs marmots.  Il faudra, dès qu'elle apprend que l'un d'eux envisage la grande aventure, qu'elle se trouve un boulot bien prenant genre 6h/22h, week end compris.  De toute façon, Jeanne a encore l'excuse de la cigarette.  Même si elle arrive à arrêter, ce n'est pas utile qu'elle le crie sur tous les toits.  Puis c'est une pochtronne aussi, on ne confie pas ses enfants à une ivrogne qui fume comme un pompier, n'est-ce pas?  Ah oui, ça, c'est un super argument!

     

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    Rassérénée par ses pensées, Jeanne peut reprendre, plus détendue, le repas et écouter Lucie s'enthousiasmer de toutes ces petites choses qui font son quotidien à elle et Jo.

     

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    Triste, Jeanne voit arriver le moment où le repas se termine.

     

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    "On s'appelle?"
    "Oui, bien sûr.  Nous rentrons demain à Brindleton, tu pourrais passer nous voir là-bas un de ces jours?"
    "J'aimerais beaucoup.  Embrasse cent fois Jo pour moi, d'accord?"
    "D'accord."

     

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    Jeanne regarde son amie s'éloigner.  Un petit coup de poignard se pique dans son cœur.  Lucie lui manque déjà.  

     

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    Jeanne avait prévu de faire une petite sieste digestive après le repas mais en arrivant à son appartement, quelle surprise: Milou est déjà là à l'attendre avec un petit gars à ses côtés.

    Zut, cette histoire lui était tout à fait sortie de la tête.

    "Ah te voilà!  Tu es en retard!  J'ai bien cru que tu m'avais posé un lapin, dis donc."

     

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    Jeanne grimace:

    "Je t'avais dit d'appeler avant de passer, Milou."

     

    4.


    "Ah oui?"demande innocemment Milou, "au temps pour moi alors..."

    Puis se tournant vers le petit garçon:

    "Jeanne, je te présente Vivian."

     

    4.

     

    Jeanne se retient de justesse de soupirer.

    "Je dois filer", ajoute Milou.  "Je repasse vers 19h, ok?"

    Milou se dirige vers l'ascenseur:

    "Ah oui, si tu sais lui donner un goûter...?"
    "Et je lui fais faire ses devoirs aussi peut-être?"
    "Ce serait abusé, j'en ai conscience", ricane Milou." Non, t'inquiète pour les devoirs, Vivian m'a dit qu'il a eu une heure d'études et qu'il en a profité... n'est-ce pas, Vivian?"

     

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    Milou disparaît.

    "C'est vrai, ce mensonge?  Tu as fait tes devoirs à l'étude?"

    Le petit garçon ne répond rien, bras ballants, il attend.

    Jeanne soupire.  Cela va être long jusque 19h, dis donc. 

     

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    "Je te présente Commandant, c'est le chat de ma fille.  Méfie-toi, c'est une teigne. 
    Si tu veux goûter, tu peux te servir, il doit bien y avoir quelque chose à grignoter dans le frigo.  Là-bas.  J'arrive tout de suite, je dois me changer.  J'ai tellement mangé à midi que j'ai l'impression que je vais péter mon jean."

     

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    Le gamin obéit, sans un mot.

     

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     C'est un bel appartement, pense le petit garçon, pas aussi "riche" que ce qu'il avait imaginé de la part d'une vedette comme Jeanne mais il y a de beaux articles, ici.  Il a repéré de suite le violon posé à même le sol.  Cela doit valoir son pesant d'or, un machin comme ça.  Il faudra qu'il jette un oeil sur internet, un de ces jours, voir s'il y en a un pareil qui se serait vendu récemment et à quel prix.  La guitare en revanche, c'est de la merde.  Le piano, lui, est intransportable.

     

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     Les pensées de Jeanne sont à mille lieues de celles de Vivian.

     

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    Tout en continuant son tour du propriétaire, Vivian se sert un verre de lait dans le frigo et va s'installer devant la télé, il y a une série à la con qui passe avec des zombies qui vont dévorer les pauvres imbéciles ... ça l'agace assez vite.  Toutes ses pensées sans cesse s'en vont et viennent et reviennent à son père.  Il lui manque tellement.  

     

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    Jeanne profite de sa solitude pour rappeler sa fille qui elle ne l'a pas fait.

     

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    "Salut, ma fille."
    "Ah!  Salut, m'man,  j'allais t'appeler, je n' suis pas loin de chez toi, je peux passer?"
    "Euh non, là, j'ai de la visite."
    "Ah oui?" la voix sirupeuse de Leila est un rien moqueuse.

    Jeanne lève les yeux au ciel:

    "J'ai une leçon de piano ou de chant ou de-je-ne-sais-pas-quoi  à donner à un gamin."
    "Tu donnes des leçons de piano, toi maintenant?  Tu es devenue prof du jour au lendemain?"

    Jeanne sourit:

    "C'est à peu près ça, oui... Dis, Arthur m'a appelée, ce matin, rapport au boulot avec Milou.  Il a l'air aussi stressé qu'un touriste perdu en pleine jungle.  Tu veux que je dise à Milou que finalement, tu ..."

     

    4.


    "Non, t'inquiète, c'est réglé.", la coupe Leila.
    "Cool."

    Un silence, un ange passe, puis la voix douce de Leila:

    "Je t'appelle plus tard, maman, ok?"
    "OK.  Bisous."
    "Bisous."

     

    4.

     

    Jeanne raccroche.  Bien sûr, elle aurait pu demander plus d'explications à sa fille, bien sûr, elle aurait pu s'inquiéter de la façon dont le sujet avait été traité entre Leila et Arthur; mais ce n'est pas dans la nature de Jeanne de forcer la confidence, surtout en ce qui concerne ses enfants qu'elle a toujours laissé libre de leur vie, de leur choix et de leurs amitiés et de leurs amours aussi.

     

    4.

     

    4.

     

    "Alors, dis-moi, Vivian, tu écoutes quoi comme musique?"

    Et pour la première fois, Jeanne entend la voix du petit garçon.

    "Tu connais pas."

    Jeanne manque s'étouffer de rire.

     

    4.

     

    "Et qu'est-ce que tu en sais?  Vas-y dis.  Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment?"
    "Macarena."

    Jeanne lève un sourcil.

    "Los del rio?"
    "Damso", la reprend de volée Vivian, un rien méprisant comme peuvent l'être les petits bonshommes dans son genre.

     

    4.

     

    Jeanne sourit.

    "D'accord, on va faire un essai de voix."
    "Je n'ai pas envie."

     

    4.

     

    Jeanne hausse les épaules:

    "Tu vas le faire quand même."

    Jeanne, après cette petite phrase attend, elle attend que la crise survienne.  Elle survient toujours, cette crise.  Cet enfant est sous pression, il faut que ça sorte.  Et ça sort.  Jeanne n'écoute que d'une oreille.

    "Vous allez me foutre la paix, oui, si j'ai pas envie, j'ai pas envie.  Moi, je veux juste qu'on me fiche la paix.  J'en ai rien à foutre de vot' fête à la con."

    Blablabla.

     

    4.

     

    Lorsque l'enfant reprend son souffle, Jeanne grimace:

    "Je vois qu'on en est au même point toi et moi, Vivian.  Nous n'en avons rien à foutre de rien et de personne.  Alors tu vas poser ton petit derrière derrière le micro, là, et tu vas me la chanter ta macarena. Sinon, crois-moi bien, les deux heures que nous allons passer ensemble, je vais te les pourrir à un point que tu n'imagines même pas."

    Vivian jauge du regard Jeanne.  Ses petits poings se ferment, ses yeux se plissent puis il soupire, ses bras se tendent, le torse se plie vers l'arrière, il est vaincu.

    "Vous l'aurez voulu.  Je ne sais pas chanter..."

     

    4.

     

     

    Jeanne préfère ne rien ajouter, cette fois.

    L'enfant saisit le micro.  C'est une catastrophe, aucune note n'est juste et les paroles, c'est juste du n'importe quoi; mais vite, comme souvent avec la musique, Jeanne perçoit que les épaules de Vivian se décontractent, que sa petite mine se déchiffonne.  Elle prend la guitare afin de tenter de guider un peu l'enfant.  

     

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    4.

     

    4.

     

    Lorsque Jeanne repose l'instrument, toute la colère de Vivian semble être rentrée dans sa caverne intérieure.  Elle le regarde attentivement.

    "Bon, ce n'était pas aussi catastrophique que je ne l'avais imaginé.  Viens, je vais te sortir les vraies paroles, il va falloir que tu les apprennes vraiment."
    "Vous allez vraiment me laisser chanter Damso?"
    "Oui, pourquoi?"

     

    4.


    "Ben c'est un rappeur et..."
    "Et quoi?  Tout le monde aime Damso, non?  Enfin, moi, j'aime bien, pas tout et les paroles sont... bref... pas toutes mais... mais il va falloir bosser.  La musique, le chant, ça se mérite, c'est sérieux."

     

    4.


    "Bof."
    "Tu dis "bof" parce que tu n'y connais rien."

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    4.

     

    Jeanne allume son enceinte et choisit  "Macarena" de Damso.

    "Regarde, Vivian, avant tout, il faut sentir les notes, la musique, les laisser te prendre, te guider,..."
    "Vous êtes nulle en danse, on ne danse pas sur..."
    "Essaie au lieu de râler.  Viens, viens...  Vivian."

     

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    L'enfant se laisse gagner malgré lui par la bonne humeur de Jeanne.

     

     

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    4.

     

    Il s'arrête soudain:

    "Je dois faire pipi."

     

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    Jeanne indique du menton la salle de bain à Vivian et éteint l'enceinte avant de se tourner vers Commandant qui geint.

    "Et bien, mon pèpère?  On a un vilain nœud dans son hideux pelage?"

    Jeanne s'est saisi d'une brosse à chat et coiffe son chat lorsque Milou, sans prévenir déboule dans l'appart'.

     

    4.

     

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    "Cela fait une plombe que j'attends derrière la porte.  Tu ne m'entendais pas avec tout ce raffut?  Où est Vivian?"

    Jeanne se relève, quelle journée!

    "Il fait pipi.  Il doit être en train d'admirer ma chasse d'eau.  La porte était ouverte, tu pouvais entrer sans sonner."
    "Oui et bien, j'ai fini par m'en rendre compte."

     

    4.

     

    Milou s'inquiète:

    "Alors, ça s'est bien passé avec le petit?"

     

    4.


    "Euh oui."
    "Super, il s'est bien débrouillé alors?"
    "On peut dire ça.  J'ai décidé de le faire chanter, finalement"
    "Si c'était bien, tant mieux."
    "Quand je dis bien débrouillé, je n'ai pas dit qu'il chantait bien."
    "C'est-à-dire?"
    "Bah, je suppose que tu ne veux pas en faire un chanteur?"
    "Euh non."

    Jeanne sourit:

    "Alors, ce sera très bien."

     

    4.

     

    Milou secoue la tête.

    "Il t'a parlé?"

    Jeanne a l'impression de se retrouver dans un dialogue de sourds où personne ne comprend personne.

    "Euh oui, enfin, c'était plus facile pour se décider sur le petit tour à préparer..."

    Milou se penche:

    "Il t'a parlé de lui, de son père?  Il t'a dit quelque chose? Je le trouve fort renfermé et ..."

     

    4.

     

    Jeanne s'effraye:

    "Tu ne penses quand même pas qu'un gosse qui ne te parle pas à toi va me parler à moi?  Et oh!  Moi, je le prépare juste à une petite fête où les enfants sont des animaux de foire; ok?"
    "Jeanne!" grogne Milou.  "Ce ne sont pas des animaux de foire."  

     

    4.

     

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    Sur ce, Vivian apparaît.

    "On y va", dit simplement Milou.

    Vivian, sans rien répondre, obéit. non sans avoir jeté un petit sourire à Jeanne.

     

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    Jeanne se penche vers lui et l'embrasse doucement.

    "A demain, Vivian.  Tu révises un peu les paroles, ok?"

     

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    Après un "merci, Jeanne, à demain" de Milou, Vivian et elle disparaissent.

    Jeanne câline un peu le Commandant.

    "Oui, tu as raison, Commandant.  Il faut que je lui prépare un arrangement à ce petit; ce sera mieux avec sa voix de crécelle, c'est impossible avec l'original."

     

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    Jeanne récupère son clavier, le pose au milieu du salon et pendant que le Commandant s'endort paisiblement, Jeanne se met au travail.

     

     

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     (à suivre...)

     

     

     

     

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  • Commentaires

    12
    Fanfani
    Samedi 13 Avril à 09:27

    Mais quel %$##@!&# cet Arthur ! Craint-il que Leïla ne soit trop autonome et indépendante en travaillant ? Son emprise sur elle pourrait être mise à mal ? Petit c** ! 

    Fort heureusement ma colère est retombée avec Lucie (J'ai hâte de rencontrer Jo, m'a l'air marrant ce féru de musique amateur). Mais cette rencontre m'a beaucoup intriguée. Dans quel sales draps Jeanne s'est-elle fourrée à l'époque pour avoir besoin d'une avocate ? Enfin, l'essentiel est que cette rencontre aura donné suite à une belle amitié yes

    Et puis il y a Vivian... petit écorché vif ! Le genre de personnage que tu affectionnes et que tu dessines si bien Eulaline

      • Samedi 13 Avril à 11:13

        Fanfani,

        Il se peut que tu aies bien cerné Arthur :D
        Et je vois que tu arrives à la même conclusion que Jeanne, c'est un c** :D

        Une belle amitié, rare et paisible.  Jeanne mesure la chance qu'elle a de les voir avoir rencontrés, Jo et Lucie.  Et si Lucie s'est attachée à Jeanne, c'est que les vilains draps n'étaient en rien un crime odieux :)  On en saura plus plus tard, à ce sujet, normalement.

        Et oui, Vivian, des personnages pour qui j'ai une tendresse infinie, j'aimerais croire que je leur rends justice.

        Merci merci de me suivre, Fanfani, même si je sais que Jeanne ce n'est pas vraiment ta tasse de thé :D :o ♥♥♥

    11
    GGO
    Vendredi 12 Avril à 13:04

    Ha. Bon. Eh ben je crois que c'est tout vu pour Arthur ^^" Déjà l'agression verbale pour commencer. Ensuite l'heure. Et ce commentaire qui m'a hérissé les cheveux d'un coup : "On attendait rien de vous" ou un truc du genre. Euh... Je te demande pardon ? Je l'ai trouvée hyper zen sur ce coup là et ça me conforte dans l'idée que Jeanne se donne une image. Elle n'est pas du tout celle qu'elle décrit et pire, ni celle qu'elle se persuade d'être avec ses monologues intérieurs. C'est assez tordu quand même XD Ca c'est typique des enfants ravagés ça :( J'espère sincèrement qu'elle trouvera la paix et Vivian est peut-être là pour l'y aider, par résonance. Hâte de voir ce que ça va donner ! 

     

    ET IL VA SE CALMER ARTHUR HEIN !!! PARCE QUE MOI JE SUIS PAS AUSSI PATIENTE ET SYMPA QUE JEANNE ! he

      • Vendredi 12 Avril à 13:54

        GGO,

        Ce n'est pas sans raison que Jeanne n'aime pas Arthur :o et je pense que ce sentiment est à l'identique pour Arthur en ce qui concerne Jeanne :D 

        Je vois Jeanne comme ces personnes qui acceptent beaucoup, longtemps, à répétition puis boum!  un jour, ça pète sans que personne n'y comprenne rien parce que jusque là, tout se passait sans heurt, Jeanne semblait tout accepter.  J'insiste sur "semblait" parce que, avec Arthur, malgré tout, elle tente de lui expliquer, plus ou moins calmement, les choses.  Et l'air de rien, Jeanne met Arthur dans une posture compliquée, il se retrouve acculé et va devoir parler à sa compagne de ce coup de fil et de la raison de ce coup de fil.  Comme l'avait pressenti Jeanne, Arthur n'avait pas dit les choses clairement à Leila quant à ce boulot qui se présentait à elle.
        Jeanne, l'air de rien, lui a quand même donné une petite leçon à Arthur :D et pas seulement d'éviter l'appeler à 5h du mat' :o

        Pour Vivian, affaire à suivre....

        Et merci merci merci ..♥♥

         

    10
    Lulu
    Jeudi 11 Avril à 11:36

    Arthur confirme l'opinion que j'avais de lui. Non mais, déranger les gens à 5h du matin pour des broutilles... Et comment il se permet de parler à sa belle-mère... Tssss, je plains la pauvre Leila, tout de même, mais bon, si elle est heureuse...

    Je suis étonnée mais aussi très contente pour Jeanne qui a visiblement de vrais amis sincères et pas toxiques. J'aime beaucoup Lucie et je suis sûre que Jo est tout aussi appréciable. C'est bien que Jeanne ait ce genre de personnes dans sa vie.

    Quant à Milou, moi qui l'appréciais pour sa franchise, je commence à me rendre compte qu'elle est très, trop, envahissante.

    J'ai eu peur de ce petit cours avec Vivian, qui a l'air d'être un petit voleur, mais qui doit sans doute avoir beaucoup de problèmes à la maison... Un enfant difficile, mais à qui Jeanne sait parler, finalement, elle qui n'aime pas spécialement les gosses, elle sait y faire quand même. Et puis, forcément, quand ça touche à la musique, Jeanne elle est dans son élément :)

    Merci pour ce chapitre, que je ne suis venue lire que trop tardivement ! J'adore ♥

      • Jeudi 11 Avril à 16:20

        Lulu,

        Merci pour ton commentaire ♥ et ne t'inquiète pas, il n'est jamais trop tard :o  l'histoire est là, ne bouge pas.

        Oui, Jeanne peut compter sur de vrais amis et effectivement Jo et Lucie sont adorables avec elle.

        Milou est une idéaliste, sans gêne, qui ose tout et pense avoir toujours raison; ce qui n'est pas totalement faux.  Elle ressemble à Arthur, en fait, quand j'y pense :o 

        Vivian est bien ce petit "voleur" que tu as évoqué, c'est un petit garçon perdu.  On devrait en savoir plus sur sa situation et la raison pour laquelle il a atterri dans le centre d'enfants de Milou dans les prochains chapitres.

        Je suis tellement contente que tu aimes ce chapitre ♥  merci merci merci ♥♥♥

    9
    Mercredi 10 Avril à 18:53

    Je l'apprécie de plus en plus Jeanne! 

    C'est fou j'ai du mal à l'imaginer entourée de pleins d'amis bienveillants, mais faut croire qu'elle en a! Ça fait plaisir de savoir qu'elle n'est pas vraiment seule!

    Par-contre le coup de fil d'Arthur et plus tard celui de Leila, m'ont un peut inquiétés! J'ai l'impression qu'ils se sont disputés!

    J'ai adoré la leçon de chant de Jeanne! Elle sais vraiment y faire avec les enfants et je pense qu'avec elle, Vivian pourra enfin liberer la souffrance qu'il a en lui! 

      • Jeudi 11 Avril à 10:18

        Klohma,

        Je suis contente que Jeanne te plaise.  C'est un personnage un peu perturbant mais je pense que c'est vraiment une belle personne et pour sûr, je ne pouvais pas être la seule à le penser, c'est pourquoi elle a des amis très proches qui veillent sur elle.

        Probablement, as-tu raison, entre Leila et Arthur, les choses ont dû être compliquées.  Arthur s'est retrouvé obligé de raconter à sa compagne son coup de fil à Jeanne et cela n'a pas forcément plu à Leila :/

        Oh et merci pour la leçon de chant de Jeanne ♥  et merci pour tout, de me suivre, pour tes commentaires que j'adore toujours découvrir.  Merci merci ♥♥

    8
    Mardi 9 Avril à 09:44

    Ah, lire un chapitre de Jeanne, c'est passé un bon moment. Quoique un peu acidulé quand même... he

    Bon, bon, bon, l'idée que je me fais d'Arthur ne s'améliore pas.... En plus, ce qui pèche en sa défaveur, c'est d'appeler à 5 heures du mat. Et sa belle-mère quoi ! Tout en sa défaveur ! Et je suis comme ce qu'écris Parthenia au-dessus : Il veut guider Leïla parce qu'il "sait" ce qui est mieux pour elle ou pour éviter d'écorner son image de politicien ? Mystère. 

    C'est marrant quand tu as décrit Lucie, je me suis imaginée une femme "dominatrice" et finalement c'est une femme tout en rondeur, tout en douceur. Et une vraie amie pour Jeanne en plus ! On ne connait pas encore Jo mais je l'apprécie déjà au vu de ce que tu as écrit. Je suis contente quand même que Jeanne ait des amis sur qui compter, cela fait une bouffée d'air frais.

    En ce qui concerne, Milou, j'avoue qu'elle m'agace un peu (et c'est peut-être fait exprès wink2) même si Jeanne a des torts envers elle. Je la trouve un peu sans gêne quand même !

    Vivian a l'air d'être un gamin quelque peu torturé et qui n'a pas envie de faire d'efforts. Mais c'est comme tous les gamins quand tu leur demande de faire quelque chose, ils y mettent de la mauvaise volonté (comme à notre fille quand on lui demande de ranger un peu sa chambre, il faut répéter souvent intello). 

    Et sinon, on voit bien que même si elle n'écrit plus, qu'elle ne compose plus, la musique est tout pour Jeanne. Rien qu'à voir quand elle met la musique pour le petit, elle n'est plus du tout pareil, elle est joyeuse. C'est beau. 

    Tes personnages paraissent si humains, avec leurs faiblesses, leurs petites lâchetés.... On s'y attache vraiment. 

    Encore !

    ♥♥♥

     

      • Mardi 9 Avril à 10:25

        Agathe,

        Clair qu'appeler à 5h du mat, ce n'est que rarement une bonne idée :o
        Il y a un peu des deux pour Arthur: il s'inquiète pour Leila et s'inquiète pour lui-même.  Je devrais arriver à mieux développer ce personnage au fur et à mesure.

        Et oui Lucie et Jo ♥  ce sont de belles personnes et Jeanne mesure sa chance de les compter parmi ses amis.

        Milou est agaçante et Jeanne a beaucoup de mérite de ne pas s'en agacer plus; mais cela ne va peut-être pas durer.  Tout le monde a ses limites et Jeanne aussi.

        Voilà pour Vivian!  (pareil que ta fille he

        La musique c'est vraiment une part de Jeanne comme tu le dis si bien.

        Et encore merci merci.  Je suis à chaque fois tellement touchée.

        ♥♥♥

    7
    Mardi 9 Avril à 09:21

    Malheureusement, l'intervention Arthur, que j'attendais pour me forger une opinion, n'améliore pas l'image négative que j'avais de lui... J'ai adoré la manière dont Jeanne l'a remis à sa place... et je ne suis pas loin de penser comme elle, qu'il n'est qu'un petit con ! Non mais, quel comportement intrusif... On a l'impression qu'il considère Leïla comme une éternelle mineure qu'il doit guider de ses conseils avisés d'homme... A moins qu'il n'ait peur que son travail parmi des "paumés" n'écorne son image de politicien...

    Par contre, j'ai adoré Jo (même si on ne l'a pas vu !) et sa Lulu ! Ils sont apaisants avec leur bienveillance et leur ouverture d'esprit (j'avoue que je commençais par me demander si Jeanne n'était entouré que d'amis ou connaissances un peu "toxiques" et manipulateurs)... Mais je suis curieuse de savoir pour quelle raison Jeanne a eu besoin d'un avocat...

    Et ce petit Vivian... quelle bouille d'arsouille... et il fait le repérage chez Jeanne pour savoir quel objet de valeur il va bien pouvoir revendre... ^^ En tout cas, ça s'est bien passé entre eux deux ! cool

    J'ai hâte de lire la suite... ♥♥♥

      • Mardi 9 Avril à 10:19

        Parthenia 

        Arthur :/ 
        Ce n'est évidemment pas sans raison que Jeanne ne l'apprécie pas. 
        On va en apprendre plus sur lui au fur et à mesure. Et probablement que son attitude est motivée à la fois par son inquiétude pour Leila et son inquiétude pour lui-même.

        Jo et Lulu ♥   là non plus ce n'est pas sans raison que Jeanne les adore.  Et si Lucie est devenue amie avec Jeanne, c'est évidemment que Jeanne n'a pas commis un crime odieux :o  

        Je voulais dresser un rapide portrait de Vivian, sans entrer dans les détails, je constate avec plaisir que l'essentiel y est :D

        Et merci merci merci ♥♥

        Pour la suite, je m'y mets dès que possible.

         

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