• Chapitre II : Les signes

      Avant notre fuite éperdue, je vous disais qu'il y avait eu des signes.  Des signes que peut-être nous n'étions pas la famille ordinaire que j'imaginais, des signes qui auraient pu me laisser supposer ce qui allait nous arriver, le drame qui se tramait dans l'ombre. 

    Il y avait eu ce portable qui émettait régulièrement - très souvent - un son étranglé : 

     

    Screenshot-14.jpg

     

    Ce n'était jamais un appel, plutôt comme si le portable lui-même émettait des ondes.

    Cela rendait ma mère folle.  Elle ne comprenait pas ce qui se passait.

     

    Screenshot-13.jpg

     

     

     Je lui avais dit de s'en débarrasser, qu'il était probablement cassé et d'en acheter un neuf.  Nous avions les moyens, ce n'était pas un portable qui allait nous mettre sur la paille.

     

      Screenshot-60.jpg

     

     

      Mais sitôt acheté, le nouvel engin recommença à faire des bip et des ziiig et des drrrruuuw...  J'en conclus que l'emplacement de notre maison devait être trop proche d'une antenne de réception.  

    Ce qui était bizarre, c'est que ce n'était que le portable de maman qui faisait le clown et surtout qu'il n'y avait pas d'antenne à proximité.

    Maman finit par se débarrasser de tout engin de téléphonie mobile, pensant sans doute qu'en éliminant la conséquence du problème, elle ferait disparaître la cause. Grosse erreur.

    Il y avait eu :

     

      Screenshot-36.jpg

     

    Ce paquet que maman réceptionna au milieu de la journée, alors que le facteur était déjà passé.

     Elle devint blême en l'ouvrant, je lui demandai ce qu'il y avait dedans.  Elle me répondit qu'il était vide ou qu'il avait dû contenir de la poussière de fée qui s'était envolée quand elle l'avait ouvert. C'est celaaaaaaaaa, ouiiii... Néanmoins, au ton de sa voix, je n'avais pas insisté.

    Elle s'était précipitée à l'intérieur et s'était mise à discuter vivement avec Angèle, notre domestique et nounou.

     

    Screenshot-61 (2).jpg

     

    Je les espionnai depuis le hall d'entrée.  Maman demandait à Angèle si elle avait vu quelqu'un déposer un colis dans la boîte aux lettres.  Angèle répondit que non, elle s'occupait de ma petite soeur Zabou.  Maman devint toute chamallow  dès qu'elle entendit le prénom de sa dernière fille et se mit à s'enthousiasmer et à discuter des petites jambes potelées-trop -mi-mi-mignonnes de Zabou, oubliant le colis vide (?) qu'elle venait de recevoir.  Grosse erreur.

     Il y avait eu :

     Ce docteur qui m'avait accostée au parc.

     

    Screenshot-17.jpg

     

    Vous avouerez qu'il n'avait pas la tête d'un docteur, pourtant c'étaient ses mots exacts. 

    -  "Bonjour, jeune fille.  Je suis le docteur Toubib.  Je viens de m'installer en ville et j'essaye de lier connaissance avec les gens du quartier.  Dis-moi, as-tu été malade récemment?"

    Malade, moi?

    Moi, je n'étais jamais malade.    D'ailleurs, toute la famille n'était jamais malade, sauf maman quand elle fabrique des bébés, évidemment.

    Je me serais bien définie comme une feuille blanche de tout virus, mais je lui répondis juste et poliment: 

    - "Je n'ai pas le droit de parler à des étrangers, docteur Thouhbib."  

    Normalement, il aurait dû sourire de façon entendue, voire me féliciter de mon attitude responsable.  Et non, il insista: 

    -  "Je suis docteur, tu n'as rien à craindre.  Je pourrais te raccompagner chez toi et ainsi discuter avec ta maman et la rencontrer." 

    Il fit une petite pause:

    - "Je viens de rencontrer le policier de quartier, à l'instant, si tu veux être rassurée, nous pouvons le rattraper et il te rassurera. D'ailleurs, il m'a dit que beaucoup de foyers avaient des armes chez eux.  Est-ce qu'il y a des armes chez toi?" 

    Des armes chez nous?!! Mais bien sûr, et des fauteuils qui courent d'une pièce à l'autre en imitant la sirène des pompiers et des singes qui organisent des chorégraphies de l'aube au crépuscule dans le salon. 

    C'était vraiment un drôle de docteur qui posait des questions vraiment bizarres.  Il me faisait plus penser à un cambrioleur qu'à un docteur.  

    Je répondis donc: 

    - "Je vous demanderai de ne plus m'importuner, docteur.  La conversation est close." 

     

     Screenshot-23.jpg

     

     

      Il n'eut pas l'air d'apprécier se faire éconduire de la sorte mais je n'avais pas le choix.  Il me faisait peur, cet homme-là.

     Je fis un petit geste royal comme j'avais vu Babou le faire lorsqu'elle était princesse et qu'elle congédiait sa cour, avant de partir en courant et de sauter sur mon vélo sans me retourner.

     

    Screenshot-25.jpg

    Screenshot-30.jpg

     

     

     Je pensais l'avoir semé et ne plus jamais le revoir.  Grosse erreur.

      Grosse erreur car il y eut derrière la fenêtre de l'entrée:

     

    Screenshot-2.jpg

     

     

     Le docteur Thouhbib en personne!!!

     Je le reconnus immédiatement.

     

     Screenshot-6.jpg

     

     

     Evidemment, je hurlai à plein poumon.

     Le temps que maman prit pour arriver passé, il avait disparu.  

     

     Screenshot-11.jpg

     

     

      Elle m'expliqua que j'avais probablement vu l'ombre d'un arbre, qu'il y avait beaucoup de vent ce soir-là.

     Je ne sais pas si elle essayait encore de se rassurer ou de me rassurer.

     Je fis semblant de la croire et ne me décidai pas à ce moment-là à lui parler de ma rencontre dans le parc  avec l'ombre de l'arbre secoué par le vent... C'est celaaaaaaa ouiiiiii...

     Grosse erreur.

     Ceci dit, il ne faut pas penser que je ne réagis pas à ces signes.  Je convoquai mes soeurs afin de leur soumettre mes doutes, surtout en ce qui concernait le docteur Thouhbib.

    Je leur racontai notre conversation au parc et leur dis aussi que je l'avais aperçu derrière la fenêtre.

     

     Screenshot-75.jpg

     

     

     Chacune y alla de sa théorie.

     

    Screenshot-44.jpg

     

     

    Babou était persuadée qu'il s'agissait d'un garde de son royaume - à venir - qui fomentait un complot pour l'empêcher d'accéder au trône, provoquer un coup d'état et la faire disparaître.

    Immédiatement, elle convoqua sa cour.

     

    Screenshot-9.jpg

     

     

    Lilou, elle, me confia que plutôt, il s'agissait d'un connaisseur en art, qui voulait à tout prix lui dérober ses œuvres.

     

     Screenshot.jpg

    Screenshot-29.jpg

     

    C'était clair que ce genre de tableaux devait faire bien des envieux. Mouarrrf... Mouaaarrrfff...

    Ceci dit, la spéculation en art était monnaie courante.  Et il était évident que ma soeur deviendrait une formidable peintre. Elle avait un vrai talent.  Ses toiles ne tarderaient pas à prendre de la valeur, j'en étais persuadée; tout comme j'étais persuadée qu'à part moi, personne ne devait savoir qu'elle peignait.

     J'ai beau penser et penser encore, tourner et retourner le signes dans tous les sens.  Je n'ai pas encore compris ce qui s'était réellement passé et pourquoi, ce fameux jour, je me suis retrouvée dans ce taxi, quittant ma maison, ne sachant pas encore que jamais je ne reverrai mon père et mes deux sœurs.

     

     Screenshot-86.jpg

     

     

      Non, je ne sais et je ne comprends pas ce qui s'est passé mais je jure  qu'un jour, je comprendrai; un jour, je saurai!  Quoi qu'il m'en coûte et peu importe le temps que ça me prendra, un jour, oui, je saurai!

     

     

     

    (à suivre) 

    « Chapitre I : AvantChapitre III : Nouvelle ville, nouvelles vies. »
    Pin It

  • Commentaires

    1
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 00:40

    Intriguant...

    Je vais tout de suite lire la suite!

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :