• Chapitre IV : Jour J - 23

     

     Les orphelins de l'Apocalypse

     

     

     

    Chapitre IV : Jour J-23

     

       Ce fut dans un décor magique et poétique que les orphelins de l'Apocalypse se précipitèrent vers le car scolaire.

       A la fois maussade et magnifique, le ciel se partageait le gris et les couleurs de l'arc-en-ciel en harmonie, sembla-t-il, aux espoirs qui animaient les enfants.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

     

      Evy, Sophie, Carl, Bertrand et Cyril eurent la surprise de trouver Elizabeth déjà installée dans le car et ce fut en sa compagnie qu'ils entrèrent dans l'établissement scolaire. 

     

    Chapitre IV : Jour J - 23 

     

      Deux autres enfants de leur classe les précédaient et ne se mirent pas à courir comme des dératés à leur vue.  Ce fut un premier signe que les enfants prirent comme étant de bon augure.  Ils gonflèrent leur torse, collèrent une petite mine réjouie à leur visage et s'engouffrèrent à leur suite.

      C'était dit et c'était sûr, cette journée-ci ne ressemblerait pas aux deux précédentes.  Ils étaient prêts, vraiment prêts, et apparemment, les autres pouvaient l'être aussi.

     

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     La journée passa rapidement.  Les enfants donnèrent l'illusion de casser le bloc qu'ils formaient.  Ils ne voulaient plus se présenter aux autres en tant que "rescapés de l'Apocalypse" mais en tant que Sophie, Evy, Cyril, Carl ou Bertrand.

      Il fallait bien s'en douter, celui qui eut le plus de difficulté à aller vers les autres fut Carl.  Les autres s'en tirèrent beaucoup mieux, surtout Bertrand qui ne freina pas son côté hyperactif et courut de groupe en groupe tel un cabri.

      La journée se déroula aussi de façon surprenante pour Alexa, l'assistante sociale, qui passa à la vitesse supérieure avec le garde du corps, dépêché à la sécurité de la maisonnée.

     

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       Elle qui avait toujours privilégié son travail, passait son temps à rêver du séduisant Geoffroy, à élaborer des plans pour le croiser par hasard dans les diverses pièces du manoir.  

     

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       Si Alexa avait pris le temps de réfléchir à la situation, sans doute aurait-elle été surprise par cette attitude qui ne lui ressemblait pas du tout et aurait-elle pu s'interroger sur la raison qui la poussait à se comporter de la sorte: négliger son travail, se conduire comme une midinette, s'énerver sur les enfants, s'en plaindre même...  

     

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       Tout cela était contraire à ses valeurs et à sa ligne de conduite.  C'était mal.  

       Harrold, lui, depuis sa conversation avec Elizabeth au sujet du rêve, ne cessait de s'interroger.  Il était mal à l'aise face à l'attitude qu'il avait eue avec elle, soi-disant pour la préserver, soi-disant pour la réconforter.  Il n'avait pas menti, certes, en taisant que lui aussi faisait le même rêve, mais il n'avait pas non plus énoncé clairement la vérité!  Il avait apporté une réponse qu'il savait fausse aux questions d'Elizabeth.  C'était mal.

     

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      Le rêve qu'il avait fait cette nuit avait changé.  Il s'était avancé dans le couloir rouge sang, le miroir l'appelait, comme toutes les nuits.  Cette fois pourtant, il ne put prendre place face à lui, Elizabeth occupait déjà la place. 

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     Elle s'était tournée doucement vers Harrold et lui parlait, mais les mots qu'elle prononçait, il ne parvenait pas à les comprendre. 

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      Il prenait, alors, la jeune fille dans ses bras.  La tenir, la serrer contre lui devenait l'urgence. Voulait-il la protéger, l'empêcher de regarder dans le miroir ou juste la faire taire? 

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      Puisqu'il pleuvait, puisqu'il ne pouvait partir à la pêche, Harrold se dirigea sans vraiment y penser vers le manoir des enfants.  Il comptait les y attendre.  

      Et effectivement, les enfants en rentrant de l'école l'y trouvèrent, installé au salon, en train de lire.

     

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      Harrold Denoël  n'était pas le seul visiteur au manoir.  Elizabeth après l'école s'était dirigée presque d'instinct vers le manoir.

     

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     En pénétrant dans le hall d'entrée, Elizabeth s'était arrêtée un moment.

     

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     Elle ne se souvenait pas qu'il y avait un miroir, ici, avant.

     

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     Cette nuit, elle en avait encore rêvé, pas de ce miroir, mais d'un autre, sur pied. Pareillement aux autres fois, elle s'était avancée dans ce long couloir.  Le miroir l'attirait irrésistiblement. 

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     L'enfant lui était encore apparu, dans la même posture. 

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     Mais sa vision s'était brouillée.  Harrold était apparu, en pyjama, devant elle. 

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     Il voulait contempler le miroir.  Le cœur d'Elizabeth s'était emballée, le sang avait battu à ses oreilles comme les tambours, les trombones et les tubas d'une fanfare.  Elle en avait honte, à présent parce que c'était mal, mais les mots qu'elle avait prononcés alors s'enfonçaient dans sa chair comme autant de coups de bistouri tailladant son torse.  Elle ne voulait pas se souvenir de ce qu'elle lui avait dit, elle ne voulait pas donner contenance aux paroles que son rêve avait glissées entre ses lèvres. 

    Chapitre IV : Jour J - 23 

      C'était mal et cela faisait mal parce qu'Elizabeth n'était pas sûre que ce n'étaient pas ces phrases-là qu'elle voulait dire à Harrold.

      Elizabeth se secoua et continua son chemin.  De toute évidence, les pas d'Harrold l'avaient conduit au même endroit qu'elle.

       Elle hésitait, elle se sentait honteuse de la nuit dernière, comme si elle pouvait se reprocher ses rêves.  C'était ridicule.  Elle se serra doucement contre lui.  

     

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       Elle se mit à parler alors, de tout, de rien, de sa venue au manoir, du plaisir de le voir là.

     

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        Ensuite, elle lui demanda de l'excuser et s'installa à la table de la salle à manger, ses devoirs l'attendaient.  Ce fut  à cette place que les enfants la trouvèrent en rentrant de l'école.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23 

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      Harrold s'était installé, donc, dans le salon, gardant un œil sur la jeune fille qui lui semblait bien nerveuse, tout à coup.  Devait-il s'en inquiéter?

     

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      Il entendit les enfants monter directement à l'étage.  Ils venaient de rentrer.

       

     

    Il avait cessé de pleuvoir mais l'arc-en-ciel du matin brillait encore dans le ciel humide.

     

     

       Harrold, silencieux, prenait des paris quant à savoir lequel des enfants viendrait lui parler le premier.

        Evy, Sophie, Carl, Bertrand et Cyril s'installèrent dans la chambre d'Alexa pour faire leurs devoirs.  Ils avaient besoin d'être ensemble, même silencieux, ils avaient besoin de la présence des uns et des autres.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23 

     

     Ce fut Sophie qui demanda audience à Harrold, une fois ses devoirs achevés.  Il n'en fut pas surpris.  Il avait parié sur elle à deux contre un.

    -  Chamane, je dois vous parler. 

     

    Chapitre IV : Jour J - 23 

     

       Harrold répondit gentiment. 

       -  Bien sûr, Sophie, je suis à ta disposition.   

      Il ajouta une fois assis aux côtés de l'enfant.

      -  Est-ce que tout s'est bien passé à l'école aujourd'hui? 

     

    Chapitre IV : Jour J - 23 

     

       Sophie répondit sur le même ton qu'Harrold.

      -  Oui, je vous remercie.  La journée s'est bien passée.  Nous avons fait un peu connaissance avec d'autres enfants.  Ils ont l'air d'avoir moins peur de nous.

      Elle secoua ses longs cheveux oranges et enchaîna sans laisser à Harrold le temps d'intervenir.

      -  Ce n'est pas de cela que je veux parler avec vous.  Vous êtes psy, c'est ça?  Votre mission c'est donc d'aider les gens, c'est ça?  J'ai bien compris?

     Harrold fronça les sourcils et tenta d'expliquer.  

      -  Un psy, oui, est sensé aider les gens à se comprendre, à passer des moments difficiles, à comprendre pourquoi à certains moments ils dysfonctionnent ou ont l'impression de dysfonctionner.  Oui, c'est cela, on peut dire que c'est leur mission.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

     

    -  Vous ne répondez pas à ma question, là.  Je parle de vous, pas des psys en général: votre mission, c'est d'aider les autres?  

    -  En ce qui me concerne, c'est un peu plus compliqué que ça.  Rien n'est jamais aussi clair qu'il n'y paraît ou que l'on voudrait que cela le soit.  Je dirais qu'avant oui, j'étais psy et ma mission c'était aider les autres.  Aujourd'hui, je n'exerce plus vraiment mais j'ai accepté de vous aider, vous.   

      -  Pourquoi avez-vous abandonné votre mission?

     -  J'ai abandonné parce que j'avais besoin de m'occuper de moi.

     -  Est-ce une raison valable et acceptable d'arrêter sa mission, de ne plus se préoccuper des autres parce qu'on a besoin de penser à soi?

       Que pouvait répondre Harrold à cela?  Dit de cette façon, il était presque sûr que non, ce n'était ni valable ni acceptable, sauf si on acceptait que l'égoïsme était une quête comme une autre.

    -  Pourquoi cette question, Sophie?

    La petite fille haussa les épaules.

    -  Je ne sais pas.

    La réponse valut à Harrold de comprendre que cette question concernait un événement passé.  A toute question posée aux orphelins sur ce qui s'était passé au moment du "naufrage" ou de leur vie passé, cette même réponse était indifféremment formulée par les enfants.

    La table venait de se meubler, ce fut pourquoi Harrold posa la question suivante de façon plus générale.

    -  Avez-vous l'impression que vous êtes ici pour remplir une mission?

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

     

       Des bruits de chaises raclant le sol lui répondirent mais aucune parole ne fut formulée.  Était-ce la peine qu'Harrold insiste?  

        Au final, ils mangèrent en silence.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

     

     

         Carl attendait depuis un bon moment que les autres vident la place.  Elizabeth était sur le départ.  Evy, Sophie, Cyril et Bertrand étaient occupés ailleurs, l'opportunité se présenta donc.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

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    Chapitre IV : Jour J - 23 

     

    Et  en silence, Carl se glissa vers Harrold qui s'apprêtait également à partir.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

     

        Carl lui dit simplement:

    -  Monsieur Denoël, vous m'avez l'air d'un homme bien.  Vous devriez rentrer chez vous, ne plus revenir et nous oublier, croyez-moi...  Et tant que vous y êtes, interdisez à Elizabeth de nous approcher.

     

    Chapitre IV : Jour J - 23

      

       Sur ces mots, sans bruit et à pas traînants, Carl s'éloigna, laissant Harrold surpris, étonné, étrangement mal à l'aise car il savait déjà qu'il ne pourrait obéir à ce sage conseil.

     

    (à suivre...)

     

     

     

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  • Commentaires

    12
    Dimanche 27 Juillet 2014 à 17:24

    et si Elisabeth et Harold ne revaient pas en fin de compte? peut être vivent t'ils réelement ses allée et venue devant ce miroir....

    une suite pleine de mystere encore, je me pose de plus en plus de questions, que veulent vraiment ses enfants, pourquoi sont -ils la, et surtout que viennent t'il faire? bon j'arrête de reflechir et je vais lire la suite ♥

    11
    Vendredi 16 Mai 2014 à 19:36
    Sylvania

    Le mystère s'épaissit...
    D'un côté les enfants font des efforts pour s'intégrer auprès de leurs camarades de classe. De l'autre ils tentent d'éloigner Harrold et Elizabeth. Sont-ils trop proches, trop perspicaces ?
    Ce rêve m'intrigue toujours plus, comme si un 6ème enfant qui n'avait pas survécu au naufrage tentait de communiquer avec Harrold et Elizabeth. Pourquoi eux et pas leurs "amis" ? Et quels sont ces mots que l'adolescente a honte d'avoir prononcés en rêve ?

    Je retiens mon souffle à chaque jour qui passe, à ce décompte qui nous rapproche de... de quoi ?

    10
    Samedi 10 Mai 2014 à 19:18

    Il est très beau cet arc-en-ciel !
    Je comprends les enfants qui ne veulent se présenter en tant que victimes mais en tant que des petites personnes à part entière !
    Carl a l'air plutôt renfermé. Ainsi l'assistante sociale a un penchant pour Geoffroy. Je la comprends, il est séduisant. Sa petite lunette sur l'oeil m'a bien fait rire. Si il veut la protéger de ce miroir, il est peut-être au courant de quelque chose...
    Curieux les rêves avec les miroirs, encore plus curieux qu'elle se sente attirée vers eux.
    Et cet enfant qui apparaît ? Sophie a tout compris, du moins à propos des psy et elle n'hésite pas à posé les bonnes questions. Carl souligne carrément qu'il doit s'éloigner d'eux... L'intrigue continue et reste à son comble. Belle suite !

     

    9
    Samedi 10 Mai 2014 à 11:03

    Kaon, oui, Harrold commence à se faire vieillissant et non, je ne les empêcherai pas de vieillir.  :)  

    8
    Vendredi 9 Mai 2014 à 20:05

    Je sais mais vu que Harrold risque de se faire vieillissant, je pensais que tu les empêcherais de vieillir^^

    7
    Vendredi 9 Mai 2014 à 18:43

    Kaon, je joue chaque jour, donc oui, si rien ne vient perturber le compteur, il est probable que les enfants vieillissent avant le Jour J; Jour J annoncé dans le titre des chapitres. :)

    6
    Vendredi 9 Mai 2014 à 18:24

    Et bien, j'ai hâte de voir ce qu'ils préparent ces enfants. C'est étrange que Carl ait attendu de pouvoir être seul avec Harrold pour lui demander d'arrêter de venir. Il veut le protéger? 

    J-23, c'est le nombre de jour qu'il reste avant "la grosse catastrophe" que prévoient les enfants? Tu vas les faire vieillir, donc? 

    5
    Vendredi 9 Mai 2014 à 14:43

    lol ne me dit rien je veux la surprise ;) bisous

    4
    Vendredi 9 Mai 2014 à 13:10

    Angie, je suis tentée de répondre aux questions et éclairer quelques lanternes... shocked *se mord les doigts pour ne plus toucher au clavier*  Je vais me contenter de te déposer un gros bisous bisous <3 et merci merci de suivre les aventures des enfants et de me déposer à chaque fois un petit commentaire qui me fait à chaque fois si plaisir. :)

    3
    Vendredi 9 Mai 2014 à 13:04

    Les enfants décident de se séparer pour aller plus facilement vers les autres, c'est une bonne idée. Cependant je crois toujours qu'ils nous prépare quelque chose et malheureusement quelque chose de pas bien.... Pauvre Elisabeth qui fait ce rêve, mais en même temps je suis surprise que Harold fasse le même. Sophie pose des questions intéressante ça me remet pleins de doutes en tête. Mais en tout cas le petit Carl est tout aussi effrayant que le gamin du rêve :/ Pourquoi vouloir éloigner Harold et Elisabeth ? Belle suite remplit de mystère. Je pense à la magie... Car ça ne peut qu'expliquer tout ses secrets et le fait qu'ils ont survécu. Bisous

    2
    Vendredi 9 Mai 2014 à 10:57

    Merci, Ptitemu.  Oui, vraiment, l'ambiance devient de plus en plus pesante au manoir.  Je ne pense pas que l'histoire puisse s'alléger dans les prochains épisodes. :/

    1
    Vendredi 9 Mai 2014 à 10:27

    L'ambiance s'alourdit, le mystère s'épaissit. Pauvres enfants qui apparaissent moitié comme des victimes, moitié comme des monstres, mais qui restent des enfants... Harrold et Elisabeth peuvent sans nul doute les aider, s'ils l'acceptent. Et quelle étrange part de magie ils emmènent dans leur bagage///

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