• Chapitre VI : Un dimanche pas comme les autres.

     

     

       Nous étions dimanche.  Pour rappel, samedi ne m'avait pas apportée de meilleur(e) ami(e), je décidai donc de faire ce que je faisais d'habitude le dimanche.

    Je commençai par un bon petit déjeuner, préparé par mes soins.  Miam.

     

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    Maman, fidèle à elle-même, me rappela mes devoirs que je ne faisais jamais ni le vendredi ni le samedi.  J'ai des principes, moi.  Je me pliai de bonne grâce à ce rituel, je n'avais pas envie de passer toute ma journée d'école à rattraper mes devoirs en retard.   

     

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     J'ai joué avec Libellule. 

     

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     J'ai fait des grimaces avec Babou. 

     

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    Nous fûmes interrompues par un coup de fil. Kheng proposait un rendez-vous à Babou.

    Elle y fila, maman l'accompagna.  Moi, pas: le parc, j'avais déjà donné et cela n'avait rien donné

     

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     En arrivant, Babou ne put que constater que Kheng avait vieilli pendant la nuit. 

    Ils ne pouvaient plus avoir d'autre interaction que "prendre une photo romantique"; la bienséance avait parlé.  Pas d'idylle entre ado et jeune adulte.

    Babou ne se laissa pas désarçonner pour le peine et en profita pour demander à son petit ami de lui apprendre à conduire.  Quitte autant profiter de l'aubaine, maman ne voulait plus acheter d'automobile.  Elle en avait perdu quelques unes récemment.  Pfffiiit disparues du jour au lendemain et jamais retrouvées dans aucune rue de la ville.

     

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    Charmé, notre ami Kheng ne put résister et bien sûr laissa ma soeur prendre le volant.

    Quel courageux, cet homme!   

     

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     Pendant ce temps-là, je continuais ma petite vie dominicale:

    Une petite exploration marine pour le plaisir. 

     

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     Une petite lecture aussi.  C'est toujours divertissant! 

     

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     Vers les 19 heures, j'entendis ma soeur entrer dans sa chambre et j'y filai tout droit  pour discuter un peu.  

    J'aime bien la solitude et les activités solitaires, mais quand même, je ne suis pas une ermite, moi, même s'il est vrai que je ressemble à ma mère! 

     

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     Je trouvai Babou à son ordinateur.  Intriguée, je ne pus m'empêcher de l'interroger.  En même temps, j'étais venue pour ça: papoter. 

    -"Que fais-tu?" 

    Et elle me répondit du tac au tac: 

    - "Je cherche papa." 

    Je sursautai, m'approchai de l'écran.  Sous mes yeux, il y avait effectivement une recherche internet sous le nom de "LOL". 

    Babou ajoutait déjà:

    - "Papa faisait partie d'un groupe de rock.  Je regarde s'il n'y aurait pas un article récent paru sur lui.  Mais je ne trouve pas." 

    Forcément, il y avait autant de "Lol" dans la simanité qu'il y a de "Dupont" dans une autre civilisation.  Il aurait fallu vraiment beaucoup de chance pour tomber sur le LOL Marc, notre père, même avec un moteur de recherche ultra performant. 

    Je dis simplement:

    - "Moi, je sais où il est..."

    Et en même temps que je le disais, je me rendais compte que je ne mentais pas.  C'était vrai.  Je savais où il était. 

    Babou fronça, les sourcils. 

    - "Comment le saurais-tu?"

    Ca, c'était tout Babou!  Au lieu de me demander où effectivement notre père était, il fallut qu'elle me demanda comment je le savais. 

    - "J'ai contacté Lilou." 

    Là, elle s'emballa. 

    - "Tu as des nouvelles de Lilou et tu ne m'as rien dit?"

    - "C'est exact." 

    Je ne pouvais qu'acquiescer. 

     

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    La voix de ma soeur s'étrangla:

     - "Et où sont-ils?  Ils ne sont plus à Hidden Springs?" 

    - "Non, ils sont partis le même jour que nous, ils sont à Isla Paradisio." 

    C'était la seule île possible d'après les recoupements que mon cerveau inconsciemment avait effectué.

    Je n'hésitai pas une seconde et proposai à ma soeur: 

    - " Si tu veux, je te montre le message de Lilou." 

    J'étais finalement soulagée d'en parler à quelqu'un et que ce quelqu'un ne soit pas ma mère. 

    - "D'accord." 

    - "Je vais te le transférer." 

    Je ne voulais pas être présente lorsque Babou découvrirait ce qu'était devenue notre famille.  Je préférais procéder ainsi.

    Elle sembla soulagée.  C'est toujours plus agréable de lire seule qu'avec une paire d'yeux penchée au-dessus de son épaule. 

    Je m'installai donc à mon ordinateur, je copiai/collai le message de Lilou et l'envoyai sur la messagerie de ma soeur. 

     

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    Ceci fait, je réfléchis un instant.

    Je pensais sincèrement que Babou avait tourné la page.  Je me trompais, elle continuait à penser à papa et nos soeurs.  J'avais imaginé que comme elle et Lilou et papa, il était de mon devoir d'aller de l'avant et c'était pourquoi, moi aussi j'avais voulu un nouveau compagnon pour maman, moi aussi, j'avais désiré une amitié comme celle que je vivais avec ma jumelle.  Et là, je me rendais compte que malgré les apparences, Babou continuait à regarder dans le rétroviseur et espérait que papa nous fasse signe.  Peut-être était-ce le cas aussi pour Lilou et papa et maman?

    Je ressentis à nouveau un petit pincement au creux de ma poitrine.  Cette fois, c'était de l'espoir.  Je m'étais peut-être trompée.  Peut-être que ma quête n'était pas terminée. 

    Je finis par descendre à la cuisine, la faim m'attirant en ses lieux.

    Babou n'était pas reparue.  Maman avait préparé de succulents pains à l'ail. 

     

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    Au bout de quelques minutes, maman me demanda: 

    - "Tout va bien, ma Lou?  Tu as l'air pensive." 

    Je souris à maman. 

    - "Tout va bien.  Je n'ai juste pas envie d'aller à l'école demain." 

    Elle accepta ma réponse.   

    Et Annette reprit: 

    - "Evidemment, tu préfères rester à la maison avec ta p'tit Annette." 

    Je lui souris distraitement.  J'avais la tête ailleurs. 

    Comment Babou prenait-elle le récit de ma soeur?  J'avais à la fois envie de savoir et non.  J'espérais qu'apprendre notre père en amour d'une autre ne troublerait pas trop ma soeur.  Je me retins de soupirer.  Je n'aurais peut-être pas dû transférer le message dans sa globalité?   

    De retour dans ma chambre, je tournai autour de mon PC.  N'y tenant plus, je me décidai à relire la lettre de Lilou.  Et c'est là que je vis que j'avais un nouveau message privé dans ma messagerie venant de Mi-Loup. 

     

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    Je dus fermer en catastophe mon ordinateur.  Maman arrivait.

    Qu'est-ce qu'elle est belle, maman!  Comment papa pouvait-il lui faire ça?

    Je soupirai. 

     

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    - "Est-ce que ça va, mon bébé?  Y a-t-il quelque chose de spécial à l'école qui te rende si triste de devoir y aller?  Veux-tu que j'aille parler à ton professeur?" 

    Je secouai la tête. 

    - "Y a-t-il quelque chose que je peux faire?"

    J'acquiesçai: 

    - "Je voudrais bien dormir avec toi." 

    Elle rit.  Un rire si doux.  Oh ma petite maman... 

    - "D'accord, je vais demander à Babou de venir te lire une histoire. Je te rejoindrai plus tard." 

    Je suivis maman qui alla directement dans la chambre de Babou.  Babou était toujours à l'ordinateur et je l'imaginai éteindre très vite son pc.  Ou alors, en parlerait-elle à maman?  Pourvu qu'elle ne fasse pas.  Ou si... Je ne savais pas ce qui était le mieux. 

     

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    Je fus rassurée sans l'être en entendant Babou déclarer avec aplomb: 

    - "Je fais des recherches sur le jardinage." 

    C'était un des sujets préférés de maman.  J'imaginais déjà maman se lancer dans une grande explication sur les meilleurs fertilisants sous le regard semi attentif de Babou.  Je manquai de pouffer.  Et toute cette conversation se terminerait probablement par un câlin spécial maman.  Cela ferait du bien à ma soeur. 

     

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     J'attendis complètement terrorisée Babou qui devait me rejoindre.

    J'aurais voulu rouvrir mon ordinateur pour lire Lilou mais je n'osais pas.  Maman m'aurait entendue.  Il faudrait bien que j'attende demain.  

    Babou arriva.

    Elle n'avait pas besoin de jouer la comédie. 

    Elle était bouleversée.  J'eus presque envie de pleurer en voyant son joli visage tout chiffonné. 

     

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    Je dis bêtement: 

    - "Tu as lu?"  

    Elle grimaça: 

    - "Oui, j'ai lu." 

    - "Et tu en penses quoi?" 

    - "J'en pense que tu as raison, ils ne peuvent être qu'à Isla Paradisio." 

    Je préférai laisser un peu le silence s'installer.  En général, les gens n'aiment pas le silence et ils le coupent dès que possible (sauf maman évidemment qui peut vivre, me semble-t-il dans un silence éternel) et là, vous en apprenez plus que vous en aurait appris une question.

    Effectivement, Babou reprit la parole. 

    - "Je ne reconnais pas Lilou.  Je ne comprends pas pourquoi elle a poussé cette femme dans les bras de papa.  Et tu as vu comment il se comporte, lui?  Elle a été vite oubliée sa femme!  Je le hais et je hais Lilou aussi.  Ce sont vraiment deux salop*rds, ces deux-là.  Excuse-moi, Lou, je ne devrais pas parler comme ça." 

    Je vis une larme rouler sur la joue de ma soeur.  Elle se sentait trahie.  Et je comprenais soudain que le pincement que j'avais ressenti près de mon coeur à la lecture de la lettre de Lilou n'était pas de la jalousie, mais comme Babou, je me sentais trahie.

     Babou me serra contre elle. 

    - "Oh ma petite Lou, comme cela a dû être dur pour toi de garder ces nouvelles pour toi.

    Maman ne doit pas savoir, d'accord?" 

    Ma soeur était encore trop en colère.  Il n'était pas temps que je lui dise que je ne pensais pas comme elle, qu'à un moment, il faudrait en parler à notre mère, qu'il n'était pas juste que nous sachions et elle pas.

    Mais là, je me tus.

    Et je ne lui dis pas non plus qu'un nouveau message était arrivé.

    Tout cela attendrait demain. 

    - "Bonne nuit, Babou." 

    - "Oh oui, tu dois être fatiguée...  Bonne nuit, ma petite Lou.  Si tu fais des rêves, qu'ils soient beaux, ma belle.  Je t'aime, ma Lou." 

    - "Je t'aime aussi, Babou." 

    Je fermai les yeux et je sentis les lèvres roses de ma soeur glisser sur ma joue.  

     

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     Maman vint me rejoindre.  Je me serrai contre elle dans mon sommeil puis reprit ma place.

    Cette nuit-là, ni elle ni moi ne fîmes de rêve. 

     

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    Sans doute Babou n'aura-t-elle pas réussi à s'endormir, cette nuit-là, tout comme moi, je n'y arriverai pas le lendemain, après la lecture de la seconde lettre de Lilou.  Mais cela, je ne le savais pas encore.

     

     

     

     

    (à suivre)

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