• Chapitre XI : Trahison, marmaille et fleur bleue

    Les jours suivants passèrent si rapidement que je n'eus pas vraiment d'autres choix que de subir les événements sans pouvoir vraiment m'y attarder.

    Il y eut d'abord un au revoir, celui d'Annette qui annonça à maman qu'elle quittait son service.  Maman en était désolée mais comprenait, disait-elle. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Cela avait à voir avec notre ami Franco.  La domestique se plaignait qu'il n'avait d'yeux que pour maman et que cela lui brisait le coeur.

    Pourtant, maman avait bien expliqué à Franco que dormir dans son lit ou imaginer avoir une autre place dans sa vie que celle d'ami relevait de l'illusion la plus puérile qui puisse exister. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     Mais vint le câlin de réconfort à la maman qui probablement brouilla à nouveau l'esprit de notre ami qui dut se dire que tout n'était pas vraiment perdu, que parfois "non" veut dire quand même "oui peut-être"...

     

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     Maman engagea Patrick - dit Patou - à la place d'Annette. 

     

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    Il faut dire la vérité, Patou était vraiment charmant et adorable.  Je ne fus pas franchement triste de le voir arriver et de voir Annette partir.

    Il y eut ensuite les cris de joie et de fierté, ceux de la remise de diplôme de Babou.

    Maman était splendide dans sa jolie robe et Babou ne manquait pas d'allure. 

     

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    Moi aussi, j'avais hâte de lancer mon diplôme dans les airs.

    Ce serait pour bientôt.

    Il y eut aussi quelques larmes de bonheur, celles qui coulèrent entre deux sourires émus lors du mariage de ma Babou. 

     

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    Il y eut aussi les roucoulements amoureux de nos tourtereaux qui résonnèrent dans la maison. 

     

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     Il y eut également le brouhaha d'une bagarre, la mise en déroute d'un cambrioleur par notre Patou. 

     

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    Cela ne nous éveilla même pas.  Je ne pus m'empêcher de me réjouir qu'Annette ait laissé sa place à Patou dans pareilles circonstances.

    Mais il y eut aussi l'aveu, la colère, la haine, la trahison.

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Je te demande pardon mais je dois te dire quelque chose, je ne peux pas garder cela pour moi...", dit Khang.  

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Cela s'est passé à une fête au fût... J'étais complètement jus-de-fruitisé... je te demande pardon, elle ne compte pas.  Je n'aime que toi, Babou, je te le jure.  Regarde-moi, je t'en prie."

    - "Si elle ne compte pas alors dis-moi... dis-moi pourquoi tu m'en parles!!  Soulager ta conscience en me faisant souffrir, c'est ça ta vision de l'amour et de la vie à deux?  Que tu ailles bien et peu importe que moi, je souffre?  C'est ça que tu me promets comme vie?  C'est ça pour toi m'aimer??? Mais va aimer une autre, mon ami, dans ce cas-là!!!"

    Babou était vraiment très en colère et je le comprenais bien. 

     

    Chapitre XI :  

     

    - "Je ne veux pas d'une autre, Babou.  C'est ce que je t'explique.  Est-ce que tu te rends compte que tu m'envoies en enfer quand tu me dis ça?!!  Je n'aime que toi, bon sang!" 

     

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Ne me touche pas, Khang!  Va-t'en...va-t'en, laisse-moi..."

    C'était terminé, Babou était en mille morceaux.  Tant d'amour en une fraction de seconde: émietté, vaporisé... 

     

    Chapitre XI :

     

     

     - "Je ne te laisserai pas, Babou, parce que je t'aime.  Contrairement à ce que tu crois quand on aime, on ne part pas.  

    Cela prendra le temps qu'il faudra, je prendrai tout le temps qu'il faudra pour te prouver qu'il n'y a que toi qui compte pour moi et que je ne te laisserai pas et je ne te laisserai pas me quitter non plus.  Je ne suis pas ta mère, je ne suis pas ton père, Babou, je ne partirai pas.  

    Si je t'ai parlé de cette fille c'est parce que je ne voulais pas que tu l'apprennes par un autre que moi.  Oui, j'aurais dû te le dire plus tôt, et mieux, je n'aurais pas dû me laisser tenter ailleurs.  

    Je sais que tu me hais là, je sais que tu souffres... Je vais réparer, Babou, je vais réparer notre amour et tu me pardonneras et nous serons heureux pour toujours.  C'est comme ça que ça va se passer.  Je veux y croire parce que sinon, je n'ai plus de raison de vivre.  

    Sans toi, je ne suis plus rien, Babou."

    Et il y eut donc Khang qui commença à réparer.

    Il courut voir la jeune femme qui était devenue une petite amie potentielle lors d'une soirée au fût trop arrosée. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il lui annonça qu'il préférait qu'ils restent amis.

    Elle en fut dépitée, on la comprend. En même temps, elle ne faisait pas le poids face à ma Babou.   

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il y eut encore mon coeur qui battait la chamade. 

     

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    Ivan me parlait de moi, Ivan me parlait de nous, Ivan me parlait de tout et de rien.  J'étais forte, j'étais belle, j'étais moi lorsqu'il me prenait la main, lorsque son regard croisait le mien.  Le temps s'arrêtait lorsqu'il me prenait dans ses bras et dans ces moments-là, je comprenais Khang, prêt à tout pour retrouver ma soeur et me rendais compte à quel point je ne comprenais ma mère qui avait renoncé au sel de la vie en quittant mon père.

    Il y eut malheureusement mes nuits squattées par Babou: 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Elle me parlait, des heures durant, jusqu'à épuisement, de sa tristesse, de sa vie qui volait en éclat, du fait qu'elle ne pouvait plus se supporter, qu'elle ne mettrait plus un pied dans sa chambre tant que lui y serait...  Résultat, je partageais mes nuits avec elle et je dois avouer qu'au matin, c'était rude. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il y eut le soutien inconditionnel de maman. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     - "Je te comprends, ma fille.  Je suis là si tu as besoin d'en parler.  Quoi que tu décides, je te soutiens.  C'est ta vie, Babou.  Je n'ai pas à te dire ce que je ferais, je n'ai pas à te dire ce que tu dois faire.  Suis ton coeur, c'est lui qui a raison, fais-lui confiance." 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et les câlins de maman firent du bien à ma soeur, sans doute plus qu'ils ne lui en avaient jamais fait.

    Et Babou parvint même à rire: 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Oui, elle rit sous les yeux de Khang qui reprit espoir, ce soir-là.

    Et il y eut l'annonce faite à Babou. 

     

    Chapitre XI :  

     

     Elle savait que c'était le fruit de l'amour qu'elle portait mais son coeur en mille morceaux n'en fut pas pour autant transporté et réparé.

    En revanche, l'annonce amorçait une autre tournure à ses réflexions.  Babou allait être maman.  Priverait-elle d'un père son enfant comme elle fut privée du sien?  Une soirée trop jus-de-fruitisée valait-elle une souffrance de toute une vie?

    Babou pensait ne pas pouvoir être plus malheureuse qu'elle ne l'était, elle se trompait.  Avec cette annonce vint la douleur de la culpabilité.  La colère laissait la place à la souffrance pure, celle qui déchire, annihile, tire vers le fond.

    Je ne doutais pas que Babou aurait l'énergie de se mettre un coup de pied aux fesses, de frapper le fond du talon et remonter à la surface mais j'avais mal moi aussi de la voir si seule, ma soeur bien aimée... 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il y eut l'annonce faite à maman:

     

    Chapitre XI :  

     

    Et cette discussion, toutes les deux, sur le banc, dont je ne sais rien.

    Tout ce que je vis, c'était Babou qui parlait...qui parlait... qui parlait et maman qui écoutait, écoutait, écoutait. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il y eut alors et probablement à cause de cette discussion mère-fille, l'annonce faite à Khang:

     

     Chapitre XI :

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    Babou restait triste et distante.  Khang redoubla d'efforts, dans l'ombre et en lumière, ne cessant comme une ritournelle, comme un chuchotement infini de lui dire qu'il l'aimait.

    Mais toujours et inlassablement il se cognait au sempiternel:

     

     

     

      - "Ne me touche pas." 

    Je comprends ce "ne me touche pas", Babou tenait à peine debout, elle avait cette impression que s'il venait à la toucher, elle se briserait, toute sa raison basculerait et la folie l'envahirait.

    Parfois, il insistait quand même. 

    Chapitre XI :

     

     

    Parfois, il se contentait de lui parler ou de l'écouter, tout doucement, avec ce regard éperdu qui m'aurait presque fait pitié, si j'avais été capable de pitié à son égard. 

     

    Chapitre XI :

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    Il réparait, il voulait récupérer ma soeur, toute son énergie était dirigée vers ce but ultime.

    Elle criait: 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il accourait pour ... réparer... 

     

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    Il n'était jamais loin d'elle et le temps passant, elle le vit. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et elle se rendit compte peut-être à quel point elle en avait besoin et ce fut elle aussi qui se mit à chercher sa présence.  Comme ce soir-là où pour trouver le sommeil, elle eut besoin de le savoir près d'elle: 

     

    Chapitre XI :  

     

     Et il y eut aussi danses et rires pour moi, dans le tourbillon du bal de fin d'année.

    Ivan voulait que ma soirée soit inoubliable.  Elle le fut pas seulement à cause de la limousine,  

     

    Chapitre XI :

     

     

    pas seulement parce que je fus élue reine du bal mais aussi parce qu'à peine rentrée du bal et couchée, Babou se leva:

    - "Le bébé arrive...", m'annonça-t-elle. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Je t'accompagne", lui dis-je dans un demi sommeil.

    Elle se mit à rire de bon coeur:

    - "Ne sois pas bête, tu ne sais même pas conduire, j'y vais seule.  Ne t'inquiète pas."

    Evidemment, elle ne fut pas seule.   

     

    Chapitre XI :

     

     

    Khang la rejoignit à l'hôpital.

    Et il y eut la berlue, l'impression d'y voir double.  Mais non, c'étaient bien ça, des jumelles! 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Faustine et Aline venaient rejoindre notre foyer.  J'étais aux aux anges: des jumelles!!!

    Le présage ne pouvait qu'être heureux!

    Et il l'était puisqu'en même temps que les jumelles arrivaient, Ivan décidait de venir me dire à quel point je lui manquais. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     Babou, après avoir déposé Aline dans son berceau, eut ce regard trahi, jeté au plus profond d'elle-même. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Khang était à bout, il la suivit au-dehors, il devait lui parler, encore, lui dire, lui demander pardon, la supplier encore...

    Mais contre toute attente, ce fut un merveilleux sourire qui l'accueillit.  Il l'avait tellement espéré qu'il crut qu'il allait mourir à l'instant. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il ne voulait pas gâcher ce moment, mais cela fut plus fort que lui, il avait tellement, tellement envie de la tenir contre lui, de sentir le doux parfum de ses cheveux.  Oh Babou lui manquait tellement. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Et là, il sentit son coeur s'arrêter.  Il ne voulait plus la lâcher, il allait l'étouffer contre lui, la garder à tout jamais comme ça.  Elle avait accepté l'accolade amicale! Ne pas parler surtout, ne pas respirer... Savourer l'instant, le dévorer, s'en repaître, le faire durer toujours.

    Evidemment, elle s'échappa de son étreinte, lui dit des mots qu'il ne comprit pas tant le sang et l'espoir battaient en lui comme une fanfare un jour de fête nationale. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Mais déjà Faustine geignait et Babou se précipitait pour s'en occuper.

    Khang s'interrogea, un très court moment.  Ne pas la laisser s'échapper, surtout ne pas laisser couler le moment.

    Dire tout, n'importe quoi, trouver un prétexte, une occasion encore de la serrer contre lui. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et l'instant vint, inespéré et tant espéré.

     

    Chapitre XI :

     

     

    Babou l'embrassa. 

     

    Chapitre XI :  

     

    - "Oh ma Babou..." 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Aucun autre son ne pouvait sortir de cette poitrine qui se libérait enfin. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Je rejoignis ma mère.  Nous étions très émues. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Je lui dis : 

    - "Sois discrète, tu as vu, maman?!  C'est incroyable.. tu as vu, dis?  Ils se sont réconciliés, j'ai presque entendu la petite voix dire que Khang avait réussi à convaincre Babou...  C'est merveilleux et pourtant, ils ne se sont même pas parlés."

    Maman sourit:

    - "Oui, ma Lou, le plus doux, le plus beau des "je t'aime", celui qui se dit en silence."

    Elle s'esquiva et je restai pensive un moment.  Le plus doux des "je t'aime" que papa lui répétait tous les jours en ne répondant pas à son dernier mail.  Je sais que c'est cela qu'elle voulait me dire, je sais que c'était de cet amour-là dont elle me parlait et j'en fus définitivement émue.  

    Moi non plus, je ne trouvai pas les mots lorsque je vis Ivan spontanément serrer dans ses bras Aline, ma nièce. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Je ne trouvai pas plus les mots lorsqu'il me regarda tellement amoureusement un peu plus tard, il me convoitait comme si j'étais le coeur qui le maintenait en vie: 

     

    Chapitre XI :  

     

    Et lorsque ces mots glissèrent de ses lèvres :

    - "Je t'aime, ma Lou.  Nous, ce sera différent, nous ce sera pour toujours, nous ce sera beau et fort tous les jours.  Je te le promets."

    Oui, lorsque ces mots glissèrent de ses lèvres, mon âme s'éleva bien au-delà de tous les émois et ce sont mes baisers bavards qui lui promirent et lui jurèrent que je l'aimais et l'aimerai toujours, que nous, ce ne serait pas pareil, nous, ce serait pour toujours et plus beau et plus fort tous les jours. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Que l'avenir fasse que nos promesses ne soient jamais brisées, que jamais le secret des Lol ne vienne nous parjurer, que la trahison, la peur, la colère et la haine désertent à jamais nos coeurs.

    Je m'abandonnai sans retenue à cet espoir mais un espoir reste un espoir, n'est-ce pas, il ne sera jamais rien de plus... 

     

     

     

    (à suivre) 

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  • Commentaires

    2
    Samedi 4 Janvier 2014 à 13:26

    Merci, Kaon.

    Non, je n'ai pas d'autre blog d'histoires: Le Secret des Lol est ma toute première histoire.

    1
    Samedi 4 Janvier 2014 à 05:49

    Depuis son arrivée, à Khang, je suis constament en train de penser aux extra terrestres des simpsons: Kang et Kodos. xD 

    (Sinon, j'adore toujours autant ce que tu fais, tu as un autre blog d'histoire?^^")

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