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    Chapitre XIV : La fin

     

     

    C'était le lendemain de mon mariage, c'était aussi le jour de la remise de mon diplôme et celui d'Ivan.

    C'était un jour comme les autres, peut-être mieux que les autres.  A cela, je croyais.

    Le coeur léger, je me rendis avec ma famille à la remise des prix. 

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Chacun vaqua ensuite à ses activités, prenant du bon temps.  C'était un jour magnifique.  A cela, je croyais.

    Babou alla à la plage, avec Khang, y fit bronzette, sereine, heureuse. 

     

    Chapitre XIV : La fin 

     

    Ivan fit ce qu'il aimait.  Il se réjouissait, me disait-il, de serrer notre fille, contre lui.  Il était impatient d'être papa.  Je l'étais aussi. 

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Je fis ce que j'aimais aussi.  C'était, je l'ai déjà écrit, une belle et douce journée. 

     

    Chapitre XIV : La fin

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Le temps s'écoula tout en miel.

    Babou revint de la plage, discuta avec Ivan qu'elle appréciait vraiment.  On ne signe pas n'importe qui dans la famille.

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Elle se laissa bercer par son instinct maternel.

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Le soir était tombé et je constatai avec surprise que le potager avait été laissé sans soin.

    Je me mis à l'ouvrage.

     

    Chapitre XIV : La fin 

     

    Lorsque je rentrai, Babou mettait ses filles au lit. 

     

    Chapitre XIV : La fin

    Chapitre XIV : La fin

     

     

     Enfin, il fut l'heure.  L'heure de retrouver mon père après tant de temps.  Mon coeur explosait de joie.  C'était un jour merveilleux, j'en étais de plus en plus persuadée.

    Sur le chemin de ma chambre, je fus prise de nausées.  

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    L'enfant viendrait peut-être plus vite que je ne le pensais.  Quel jour merveilleux, vraiment.

    Je m'installai devant mon ordinateur.

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Babou s'installa devant son ordinateur. 

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Lilou s'installa derrière son ordinateur.

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Zabou s'installa derrière son ordinateur. 

     

    Chapitre XIV : La fin

     

     

    Marc s'installa devant son ordinateur.

     

    Chapitre XIV : La révérence

     

    Je sentis l'émotion m'envahir, puissance 100, tel un ouragan.  Nous étions réunis -enfin- peut-être derrière un écran mais nos coeurs battaient la chamade.  Le silence était lourd de notre bonheur.  Nous nous voyions tous, nous étions à quelques pas, les uns des autres.  Le temps était  comme suspendu. 

    Puis, il y eut un clap, un click, un bing... que sais-je...  Mes yeux embrumés de larmes virent apparaître le visage de ma mère.  Les cinq personnes derrière leur écran restèrent tétanisés, leurs âmes se percutèrent dans l'incompréhension de ce coup de maître. 

    Chapitre XIV : La révérence

     

    Il fallut un temps infini avant que les mots n'atteignent nos consciences.

    "Mes filles, mes amours,

    Mon amour,

    Le temps est venu, je n'ai plus la force, je ne trouve plus le courage.

    Je m'appelais Ella Loïs, j'étais une orpheline à une autre époque, dans un autre monde, finalement.  Il y a tellement longtemps.  

    Je m'appelais Ella Loïs et je fus désignée volontaire pour une expérience scientifique visant à rendre les grands de notre monde immortels.  Je fus une immortelle avant d'être une anomalie.

    Le gourvernement stoppa ses recherches sur l'immortalité lorsqu'il se rendit compte que celle-ci menaçait plus encore la simsanité  que la mort de ses savants.  Il fallait éliminer les cobayes.  Il fallut éliminer Ella Loïs.  J'étais Ella Loïs.

    Le respect de la vie, oui, Babou, dans toutes ses formes, selon chacune de ses spécificités... mais dis-moi, lorsque c'est ta vie elle-même qui menace la Vie... que faire?  Oh mon amour, je t'aime tellement.  Je vous aime tellement.

    Je m'appelais Ella Loïs, j'échappai de justesse au carnage dont fut victime mon foyer.  On m'attribua le meurtre de mes amis immortels.  Il y en avait d'autres, des immortels, des créatures sans âge.  Une unité spéciale se mit à les traquer.  Ils en attrapèrent beaucoup, pas tous.  Pas Ella Loïs.

    L'unité spéciale ne se limitait pas à assassiner les créatures sans âge, elle massacrait aussi leur famille car celle-ci - hélas- très souvent était contaminée par le lien.

    Je ne pouvais plus m'appeler Ella Loïs, je devais disparaître et la solitude fut mon exil.  Pendant un temps infini, je ne fus personne jusqu'au jour où je te rencontrai, Marc.  Ella devint Elisa.  Elisa fut heureuse, amoureuse, voulut oublier Ella.  Elisa voulut croire en la vie, donna la vie...  J'étais si heureuse, tu m'as rendue si heureuse, vous m'avez rendue si heureuse.  

    Mais Ella rattrapa Elisa.

    Vous n'avez plus besoin de moi, aujourd'hui; il est temps que je vous libère de ma malédiction, de mon secret et que vous puissiez mener une vie normale.

    Il est temps que je vous laisse, il est temps que je parte, il est temps que je disparaisse pour de bon, pour de vrai.

    En restant, je vous mets en danger, en disparaissant, je vous condamne.  J'en ai conscience et je vous demande de me pardonner pour cela aussi.

    Je vous aime bien au-delà de moi.

    Il est temps que j'ai le courage de disparaître, oui.  Mon chemin à vos côtés, tout contre votre coeur me fut doux et léger.  Encore merci.

    A vous, pour toujours,

    Maman,

    Ella,

    Elisa."

    Je fermai les yeux, mes mains serrèrent mon visage à m'en défigurer, mon corps se brisait en mille morceaux, se déchirait sous le coup de vagues charriant un million de maux.

    Maman était partie loin de moi pour mourir.  Je n'aurais plus le temps de la serrer contre moi, je n'aurais plus le temps de lui dire tous ces mots que je lui destinais, je n'aurais plus le temps de la remercier, de lui murmurer combien je l'aimais.  Infiniment.

    Mes doigts s'écartèrent.  Le visage de mon père m'apparut et je sus:

     

    Chapitre XIV : La révérence

     

    Le lien était brisé.

    Il était vieux, maman était morte.

    Je le sus mais ne voulus pas y croire, je me précipitai dans sa chambre, j'allais la trouver allongée sur lit.  Bien sûr...

     

    Chapitre XIV : La révérence

     

    Mais la pièce était vide.  L'ordinateur était allumé.  Pour moi, j'en étais sûre.

    Je m'assis, tremblante, de la tête aux pieds. 

     

    Chapitre XIV : La révérence 

    Chapitre XIV : La révérence

     

    Et là, en ce jour que je croyais rayonnant et splendide, en regardant la vidéo que maman avait montée à mon intention, je compris ce que voulait dire être seule au monde. Mes larmes coulèrent et je sus qu'elles ne s'arrêteraient jamais.  

     


    Le secret des Lol

     

    Fin

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  •  

    Chapitre XIII :

     

     

    Elisa Lol savait tout ce qui se passait, depuis toujours chez elle et chez Lilou.  Elle savait que Lou fouinait, qu'elle avait résolu le secret des Lol mais ne savait qu'en faire.  Elle savait que Marc allait se connecter, qu'il désirait lui aussi avoir des nouvelles de ses filles..  

    Ces quelques jours qui précédaient leur entrée en contact avaient à nouveau été riches en événement et n'avait laissé à aucune des deux familles l'occasion de se réunir derrière un ordinateur.

     Du côté de chez Lilou, la petite Méline était devenue une enfant. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

     

     Zabou était devenue une adolescente. 

     

    Chapitre XIII :  

    Chapitre XIII :

     Chapitre XIII :

     

     

    Zabou avait moins de succès que sa soeur Lilou et elle avait cherché en vain un cavalier pour le bal de fin d'année. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    En revanche, Lilou y était allée avec son Philippe, bien sûr, en limousine. 

     

    Chapitre XIII :  

    Si Zabou n'était pas très douée dans ses relations sociales, en revanche, elle arrachait tout à la batterie : 

     

    Chapitre XIII :  

    Et elle serait peut-être un jour, effectivement, une grande inventrice, capable de voyager dans le temps. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Un couple avait éclaté.  Elisa s'en était doutée.  Marc avait essayé, vraiment essayé d'aimer profondément Anna-Lola...

    Il avait tenté d'ignorer l'incursion du fantôme de Raymundo dans la vie de sa femme. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Il tenta de se convaincre que c'était parce que le fantôme avait compris qu'Anna-Lola restait la femme d'un seul homme.  Il l'accusait d'être infidèle, il ne pouvait plus rien se passer entre eux, il était donc inutile que lui s'en mèle.

    Mais Marc se leurrait.  Si cette nuit-là, il se recoucha comme si rien ne s'était passé, c'était parce que cela lui était indifférent que sa femme lui soit infidèle.

    Elisa l'avait compris, elle.  La tromperie d'Anna-Lola indifférait Marc, tout d'abord parce qu'il y avait Elisa qu'il ne cessait d'aimer malgré toute la colère qu'il ressentait depuis son départ: 

     

    Chapitre XIII :  

    Et puis parce qu'il y avait Lola; Lola qui devenait de plus en plus importante dans sa vie et à qui il promettait même protection. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Dès qu'il avait un moment de temps, il l'invitait chez lui: 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Et câlin:

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Et encore câlin:

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Et cadeau:

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Lola prenait beaucoup d'importance dans la famille:

     

     Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

     

    Anna-Lola s'en plaignait à Lilou, lui expliquait qu'elle ne comprenait pas ce qui se passait et que faire.   

     

    Chapitre XIII :  

    Elle s'en plaignait à Marc mais il ne l'écoutait pas et la coupait immanquablement d'un baiser. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

     N'ayant aucune réponse, Anna-Lola se concentra sur ce qu'elle préférait au monde: sa fille et les filles de son mari. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

    Elle fit semblant d'y croire encore, en fait. 

     

    Chapitre XIII :  

    Jusqu'au jour où elle ne put plus faire semblant, la rumeur était arrivée jusqu'à elle.   

    Chapitre XIII :

     

     

     Marc avait des sentiments pour une autre femme qu'elle.  Même si c'étaient des fleurs jaunes amicales qu'il lui offrait, personne n'était dupe, il n'était pas loin de craquer pour la belle Lola. 

     

    Chapitre XIII :  

    Et la rumeur avait raison. 

     

    Chapitre XIII :

    Anna-Lola entra dans une colère folle.

    Elle n'écouta rien et se déchaîna. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :  

    Chapitre XIII :

     

     

    C'était la fin.

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Anna-Lola en discuta avec Méline, sa fille.

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Méline en parla à ses soeurs: 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Ce qui n'était peut-être pas le meilleur moyen d'avoir un avis objectif puisqu'elles avaient déjà tant souffert de la séparation d'avec leurs deux autres soeurs.

    Bref, la décision fut prise: Marc aurait la garde de sa fille et Anna-Lola quitta seule la maison. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Les événements s’enchaînaient, laissant peu de répit. 

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Lilou devenait jeune adulte.

     

     

    Chapitre XIII :

     

    Et un petit relooking:

     

    Chapitre XIII :

     

     

    Et une demande en mariage, bien sûr.

     

    Chapitre XIII :

     

    Et un mariage:

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

    Il y avait une personne qui avait beaucoup manqué à Lilou en ce jour: 

     

    Chapitre XIII :

      

    Sa maman.  Elle le confia à son papa.  Il l'embrassa très fort et lui dit : 

    - "Je suis certain que ta maman où qu'elle soit est aussi fière de toi que je le suis et heureux en ce si beau jour, ma fille." 

     

    Chapitre XIII :

     

    Oh oui, Elisa était fière, fière de chacune de ses filles.

    Fière aussi de Babou: si jolie maman.

     

    Chapitre XIII :

     

    Babou, fille si attentive. 

     

    Chapitre XIII :

     

    Babou si amoureuse:

     

    Chapitre XIII :

     

    Babou qui avait tellement de talents.

     

    Chapitre XIII :

     

    Elisa était plus que fière de sa petite Lou, hypersensible, curieuse et avide des autres et de vérité. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

    Lou était sans doute la plus surprenante de ses quatre filles, elle était aussi celle qui lui ressemblait le plus.

    Elle deviendrait probablement un grand chef, Elisa n'en doutait pas. 

     

    Chapitre XIII :

     

    Et elle n'avait pas peur de se salir les mains pour obtenir les meilleurs produits.

    Elisa qui aimait tant son potager la laissait s'entrainer car elle savait qu'elle ne serait pas toujours là. 

     

    Chapitre XIII :  

    Elisa était très fière de ses petites-filles aussi, Faustine et Aline.

    Elles étaient devenues de jolies bambines et apprenaient plus vite qu'un lama au galop les compétences de base. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

    Elisa, oui, savait que le moment du départ approchait. Elle voulait profiter le plus possible de sa famille.  Contre toute attente lorsqu'arriva le jour d'anniversaire de Lou, elle organisa une fête pour elle, acheta même un gâteau qu'elle posa sur la table du jardin.  Lou serait contente, elle en était sûre.  Lors de son passage à l'adolescence, elle avait été tellement déçue.  Elisa ne comprenait pas pourquoi mais apparemment, cela comptait pour elle.  Alors pourquoi pas? 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     

    Tout comme Babou, Lou entra dans l'âge adulte en cueillant le baiser amoureux de son petit ami. 

     

    Chapitre XIII :

     

    Et se régala du gâteau qu'elle avait tant espéré.

     

    Chapitre XIII :

     

    Et encore une tendre accolade à son Ivan. 

     

    Chapitre XIII :

     

    Puis vinrent bien sûr les remerciements chaleureux à Elisa qui était aux anges, elle aussi. 

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

     Un petit relooking

    Chapitre XIII :

     

    Et.......

     

    Chapitre XIII :

     

    La demande en mariage!!!

    - "Allons nous marier, dit Ivan, tout le monde est là, je ne veux plus passer une minute sans toi, mon amour."

    Lou accepta d'un bond: 

     

    Chapitre XIII :

     

    Sitôt dit, sitôt fait: direction l'arche.

     

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

    Chapitre XIII :

      

    Et re-gâteau... 

     

    Chapitre XIII :

     

    Tout en mangeant, Lou ne pouvait s'empêcher de voir des signes, à nouveau... Il se tramait quelque chose, elle en était persuadée.  Elle avait raison mais c'était son mariage et elle n'était pas persuadée d'y voir clair ce soir.

    Elisa décida de profiter de cette dernière soirée.  Elle n'aimait pas faire des vagues, mais là, c'était sans importance.  Elle s'amusa beaucoup jusque tard dans la nuit.

     

     Chapitre XIII :

     

    Lorsque tout le monde fut couché, elle se posa face à son ordinateur.

    Elle écrivit un petit moment, puis posa les mains sur ses cuisses, le regard ailleurs.  Il était temps de les libérer, surtout Marc.  Elle soupira, les larmes aux yeux.

    Il était temps de disparaître pour de bon.

    - "Un peu de courage, Ella." 

     

    Chapitre XIII :

     

    C'était maintenant ou jamais.  Ce serait donc cette nuit, sa décision était prise.  

    Elisa se leva doucement, douloureusement...  Tout était terminé pour elle.

     

     

     

     

    (A suivre) 

     

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  • Je profitai d'un soir où maman était au boulot pour m'installer à mon ordinateur et prendre des nouvelles de ma jumelle.

    J'eus de la chance, Lilou était connectée.

    Chapitre XII :

    Hey!  Ma Biche, comment vas-tu?  Ici, c'était la folie.  Je suis désolée mais je n'ai pas pu me connecter plus tôt.  

    Il faut que je t'annonce la grande nouvelle: Babou a eu des jumelles!!!  Elles s'appellent Faustine et Aline.  Elles sont trop choux.  

     

      

    Chapitre XII :

    Tu veux dire que je suis devenue tata????

    Oh!  ça, c'est trop bien!!!

    Raconte, le papa c'est Khang?  Elle doit se marier?  Elle est mariée?

    Je suis trop contente pour elle.  

     

    Chapitre XII :

     

     

    Oui, elle est mariée.  C'était une cérémonie plutôt intime.  Babou avait une robe noire.  Elle était éblouissante.

    Et la pièce montée était délicieuse.  Je me suis régalée.

    Et Ivan était là aussi.  Je voudrais tellement que tu le rencontres.  Je suis certaine qu'il te plairait.  Il est tellement adorable.  

     

    Chapitre XII :

    Je n'en doute pas.  Si tu es amoureuse de lui, c'est au moins parce qu'il est adorable.

    Ici, c'est le train-train.  

    Papa a engagé une nouvelle domestique.  Bof, elle n'est pas très gaie et est de moins bon conseil que mon Raymundo. Mais Zabou l'aime bien, elle.  

     

    Chapitre XII :  

     

    Chapitre XII :

    Moi, j'ai surtout remarqué que depuis qu'elle est là, les bouquins disparaissent. Elle fait semblant d'aller les ranger dans la bibliothèque et pouf, ils disparaissent.  J'ai cherché dans l'inventaire de la famille mais non, rien.  C'est agaçant. 

    Chapitre XII :

     

     

     

    Chapitre XII :

     

     

    Et comment va Méline?  Elle se débrouille bien?  Elle a l'air gentille?

    Et ma Zabou?  Tout se passe bien pour elle?  Elle a des amis?  Et ses recherches sur la machine à remonter le temps progressent?

     

     

     

    Chapitre XII :

     

    Méline va très bien.  Elle est trop adorable.  Je l'adore.  

     

       

    Chapitre XII :

    Chapitre XII : Mais alors, c'est une sacrée petite nana, crois-moi.

    Tu aurais dû la voir sur le petit jouet électrique.  Elle me fait un peu penser à toi.  Un sacré caractère et elle a beau être à peine plus haute que trois pommes elle    sait déjà ce qu'elle veut et nous le faire comprendre!!   

     

     Chapitre XII :

    Chapitre XII :

     

     

    Chapitre XII :

     

    Oooh, c'est vrai qu'elle est minouche... 

    Et Zabou?  Raconte... 

     

     

    Chapitre XII :  

     Alors, ma Zabou est toujours occupée.  

    Elle a des amis, bien sûr, dont je ne me souviens plus du nom; quelle soeur indigne, je fais.  Puis elle bosse beaucoup: pour l'école et son projet aussi, bien sûr. 

     

     

    Chapitre XII :

    Chapitre XII :

    Chapitre XII :  

     

    Chapitre XII :

     

    Moi ce que j'aime le plus, c'est :  Papa qui m'a emmenée au dépôt pour vendre mes inventions!  Oyez, Oyez, braves gens...

     

    Chapitre XII :

     

     

    Chapitre XII :

     

    Oh Zabou, comme je suis contente de te voir...

     

     

     

     

    Chapitre XII :

    Hello, ma soeur...  Tsst... Laisse-moi raconter.  Donc ce que j'aime c'est aussi : Voir Lilou se faire massacrer par Philippe au jeu vidéo   Bon sang, Lilou, qu'est-ce qu'tu fais???

     

    Chapitre XII :

     

     

    Chapitre XII :

     C'est le doux câlin pour m'aider à faire des beaux rêves de Lilou.  Elle a des pouvoirs magiques, ma soeurette. 

     

    Chapitre XII :

     

     

    Chapitre XII :

    C'est croiser le petit copain de ma soeur en caleçon.  Meuh oui, tu as encore changé de coiffure, mon petit gars!!!  Non, non, je ne reluque pas tes précieux attributs. 

     

     

    Chapitre XII :  

    Chapitre XII :

    Ecouter répéter le nouveau groupe de musique de papa.  J'adore trop Lola, la nouvelle, elle déchire.  Vas-y, cocotte, donne-toi, bouge ton corps!

     

     

     Chapitre XII :

    Chapitre XII :

    Ecouter papa et Lilou embêter Anna-Lola pendant les repas et elle qui se sauve en répétant: "je ne vous entends pas, je ne vous entends pas..." et papa qui susurre "Elle est suscpetible, hein"... Allo, la terre,            Anna-Lola, c'était pour rire!!... 

    Chapitre XII :

     Chapitre XII : Faire un gros câlin à Méline pour qu'elle sente que je l'aime très fort; même si mon rêve ultime serait d'arriver à retourner dans le temps pour connaître maman et l'empêcher de nous quitter. 

    Chapitre XII :

     

     

     Moi aussi, j'aurais aimé ça et en même temps, je ne pus l'écrire car nos vies auraient été tellement différentes dans une famille parfaite et nous n'aurions pas été les mêmes, sans compter que je n'aurais jamais rencontré Ivan. 

    Je me sentis un peu coupable de ressentir ça, je me sentis égoïste de ressentir ça.  Finalement l'avenir qui était mon présent aujourd'hui m'avait appris que du mal pouvait naître le bien voire le meilleur.

    Probablement la réflexion de Lilou n'était pas si éloignée de la mienne parce que son clavier restait muet, tout comme le mien.

    Un long moment passa.

    Puis Lilou reprit pied:

     

    Chapitre XII :

    Et il y a eu aussi l'anniversaire d'Anna-Lola.

    Je ne m'y attendais pas du tout.  Je pensais qu'elle était contaminée par papa et qu'elle était devenue elle aussi une "créature sans âge".  C'est pourtant bien     ça le principe, non?

     

    Chapitre XII :

    Chapitre XII :

    Chapitre XII :

      

     Oui, c'était ça.  Un lien essentiel, vrai et pur entre un quidam et une créature sans âge provoque la contamination du quidam.

      

    Chapitre XII :

    Peut-être que nous nous sommes trompées. 

    Ils ont l'air tellement amoureux tous les deux.  Ils se font des poutous sans arrêt.

     

     

    Chapitre XII :  

    Chapitre XII :

      

    C'est ça pourtant le problème: le lien essentiel, vrai et pur...

                                   Ouvrez vos mirettes, les filles. 

      

    Chapitre XII :

    Chapitre XII :

     

    Chapitre XII :

     Et il n'y a pas qu'Anna-Lola ... Gardez vos mirettes ouvertes, les filles.

     

    Chapitre XII :

    J'en restai sans voix, bouche ouverte.

    Et je n'étais pas au bout de mes surprises.

    Chapitre XII :

     

     Et tant que je suis aux révélations, je vous informe que j'ai demandé à papa pourquoi maman était partie.

    Je vous retranscris à peu près notre conversation. 

     

    Chapitre XII :

     

     

    Zabou: "Papa, tu m'as montré la pièce où tu gardes les souvenirs de maman.  Raconte-moi comment elle était."

    Papa: "Ta maman est la personne la douce et la plus gentille que je n'ai jamais connue.  Elle raconte les histoires comme une vraie conteuse du temps d'antan.  Elle aime la musique et plus que tout, elle vous adorait toutes les quatre."

    Zabou: "Alors, pourquoi elle est partie?"

    Papa: "Elle est partie pour nous protéger.  Maman est recherchée par les services spéciaux du gouvernement.  Je le savais lorsque je suis tombé amoureux d'elle.  Elle est partie parce qu'elle pensait que des agents l'avaient localisée."

    Zabou: "Ces gens veulent nous tuer?"

    Papa: "Ils ne nous trouveront pas, tu es en sécurité."

    Zabou: "Maman a fait du mal à quelqu'un?  pourquoi le gouvernement la recherche?"

    Papa: "Ils la recherchent parce qu'elle n'est pas comme tout le monde.  Tu sais, Zabou, c'est difficile à comprendre mais être une anomalie dans le monde peut menacer l'équilibre de ce monde."

    Zabou: "C'est ce que maman est?  une anomalie?"

    Papa: "Oui, une anomalie."

    Zabou: "Et moi, je suis une anomalie aussi?"

    Papa: "Je ne sais pas.  L'anomalie se révèle lorsque n'arrive jamais l'anniversaire de jeune adulte à adulte ou d'adulte à senior.  C'est une question de lien, vois-tu, d'amour.  Aucun lien n'est plus fragile que l'amour et aimer ne fait pas forcément un lien essentiel entre deux personnes; le lien d'amour peut être important, précieux mais pas essentiel.  Tu comprends ce que je veux dire?"

    Zabou: "Oui, je comprends.  En fait, si maman mourait, tu serais libéré du lien, tu n'aurais plus à chercher désespérément à nous et te sauver, je n'aurais plus à craindre d'être contaminée puisque tu ne serais plus une anomalie et mes soeurs non plus parce que toi, tu serais guéri et maman n'existerait plus."

    Il m'a souri et serrée très fort contre lui.  

     

    Chapitre XII :

    Papa: "Un jour, ma petite inventrice d'amour, tu trouveras peut-être une autre solution et mon plus grand désir pourra se réaliser: serrer ta maman contre moi, encore une fois, juste une fois.  Puis je la gronderai très fort de nous avoir abandonnés comme ça.  Moi, je voulais rester avec elle, même si le danger était immense.  Ce n'est pas bien, hein<?"

    Zabou: "Je ne sais pas, papa, si c'est bien ou pas." 

     

    Chapitre XII :

     

     Zabou, tu es incroyable.  Je ne sais pas quoi dire.  Nous avions raison. 

     

    Chapitre XII :

     Tu avais raison, Lou.  Tu avais tout découvert.

    On fait quoi maintenant? 


    Je ne savais pas!!!  Que pouvions-nous faire?  Il fallait que je réfléchisse.

    Je dus me déconnecter, maman rentrait du boulot.  J'embrassai virtuellement mes deux soeurs, nous nous promîmes de nous retrouver très bientôt et tout à coup Zabou ajouta:

    Chapitre XII :

     

    Ah zut, j'ai encore oublié un truc... Papa aimerait bien pouvoir te parler aussi sur internet et à Babou aussi.  Vous lui manquez vraiment beaucoup.

     

     

     

    (à suivre)

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  • Les jours suivants passèrent si rapidement que je n'eus pas vraiment d'autres choix que de subir les événements sans pouvoir vraiment m'y attarder.

    Il y eut d'abord un au revoir, celui d'Annette qui annonça à maman qu'elle quittait son service.  Maman en était désolée mais comprenait, disait-elle. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Cela avait à voir avec notre ami Franco.  La domestique se plaignait qu'il n'avait d'yeux que pour maman et que cela lui brisait le coeur.

    Pourtant, maman avait bien expliqué à Franco que dormir dans son lit ou imaginer avoir une autre place dans sa vie que celle d'ami relevait de l'illusion la plus puérile qui puisse exister. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     Mais vint le câlin de réconfort à la maman qui probablement brouilla à nouveau l'esprit de notre ami qui dut se dire que tout n'était pas vraiment perdu, que parfois "non" veut dire quand même "oui peut-être"...

     

     Chapitre XI :

     

     

     Maman engagea Patrick - dit Patou - à la place d'Annette. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il faut dire la vérité, Patou était vraiment charmant et adorable.  Je ne fus pas franchement triste de le voir arriver et de voir Annette partir.

    Il y eut ensuite les cris de joie et de fierté, ceux de la remise de diplôme de Babou.

    Maman était splendide dans sa jolie robe et Babou ne manquait pas d'allure. 

     

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

     

     

    Moi aussi, j'avais hâte de lancer mon diplôme dans les airs.

    Ce serait pour bientôt.

    Il y eut aussi quelques larmes de bonheur, celles qui coulèrent entre deux sourires émus lors du mariage de ma Babou. 

     

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

     

     

    Il y eut aussi les roucoulements amoureux de nos tourtereaux qui résonnèrent dans la maison. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     Il y eut également le brouhaha d'une bagarre, la mise en déroute d'un cambrioleur par notre Patou. 

     

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

     

     

    Cela ne nous éveilla même pas.  Je ne pus m'empêcher de me réjouir qu'Annette ait laissé sa place à Patou dans pareilles circonstances.

    Mais il y eut aussi l'aveu, la colère, la haine, la trahison.

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Je te demande pardon mais je dois te dire quelque chose, je ne peux pas garder cela pour moi...", dit Khang.  

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Cela s'est passé à une fête au fût... J'étais complètement jus-de-fruitisé... je te demande pardon, elle ne compte pas.  Je n'aime que toi, Babou, je te le jure.  Regarde-moi, je t'en prie."

    - "Si elle ne compte pas alors dis-moi... dis-moi pourquoi tu m'en parles!!  Soulager ta conscience en me faisant souffrir, c'est ça ta vision de l'amour et de la vie à deux?  Que tu ailles bien et peu importe que moi, je souffre?  C'est ça que tu me promets comme vie?  C'est ça pour toi m'aimer??? Mais va aimer une autre, mon ami, dans ce cas-là!!!"

    Babou était vraiment très en colère et je le comprenais bien. 

     

    Chapitre XI :  

     

    - "Je ne veux pas d'une autre, Babou.  C'est ce que je t'explique.  Est-ce que tu te rends compte que tu m'envoies en enfer quand tu me dis ça?!!  Je n'aime que toi, bon sang!" 

     

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Ne me touche pas, Khang!  Va-t'en...va-t'en, laisse-moi..."

    C'était terminé, Babou était en mille morceaux.  Tant d'amour en une fraction de seconde: émietté, vaporisé... 

     

    Chapitre XI :

     

     

     - "Je ne te laisserai pas, Babou, parce que je t'aime.  Contrairement à ce que tu crois quand on aime, on ne part pas.  

    Cela prendra le temps qu'il faudra, je prendrai tout le temps qu'il faudra pour te prouver qu'il n'y a que toi qui compte pour moi et que je ne te laisserai pas et je ne te laisserai pas me quitter non plus.  Je ne suis pas ta mère, je ne suis pas ton père, Babou, je ne partirai pas.  

    Si je t'ai parlé de cette fille c'est parce que je ne voulais pas que tu l'apprennes par un autre que moi.  Oui, j'aurais dû te le dire plus tôt, et mieux, je n'aurais pas dû me laisser tenter ailleurs.  

    Je sais que tu me hais là, je sais que tu souffres... Je vais réparer, Babou, je vais réparer notre amour et tu me pardonneras et nous serons heureux pour toujours.  C'est comme ça que ça va se passer.  Je veux y croire parce que sinon, je n'ai plus de raison de vivre.  

    Sans toi, je ne suis plus rien, Babou."

    Et il y eut donc Khang qui commença à réparer.

    Il courut voir la jeune femme qui était devenue une petite amie potentielle lors d'une soirée au fût trop arrosée. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il lui annonça qu'il préférait qu'ils restent amis.

    Elle en fut dépitée, on la comprend. En même temps, elle ne faisait pas le poids face à ma Babou.   

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il y eut encore mon coeur qui battait la chamade. 

     

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :

     

     

    Ivan me parlait de moi, Ivan me parlait de nous, Ivan me parlait de tout et de rien.  J'étais forte, j'étais belle, j'étais moi lorsqu'il me prenait la main, lorsque son regard croisait le mien.  Le temps s'arrêtait lorsqu'il me prenait dans ses bras et dans ces moments-là, je comprenais Khang, prêt à tout pour retrouver ma soeur et me rendais compte à quel point je ne comprenais ma mère qui avait renoncé au sel de la vie en quittant mon père.

    Il y eut malheureusement mes nuits squattées par Babou: 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Elle me parlait, des heures durant, jusqu'à épuisement, de sa tristesse, de sa vie qui volait en éclat, du fait qu'elle ne pouvait plus se supporter, qu'elle ne mettrait plus un pied dans sa chambre tant que lui y serait...  Résultat, je partageais mes nuits avec elle et je dois avouer qu'au matin, c'était rude. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il y eut le soutien inconditionnel de maman. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     - "Je te comprends, ma fille.  Je suis là si tu as besoin d'en parler.  Quoi que tu décides, je te soutiens.  C'est ta vie, Babou.  Je n'ai pas à te dire ce que je ferais, je n'ai pas à te dire ce que tu dois faire.  Suis ton coeur, c'est lui qui a raison, fais-lui confiance." 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et les câlins de maman firent du bien à ma soeur, sans doute plus qu'ils ne lui en avaient jamais fait.

    Et Babou parvint même à rire: 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Oui, elle rit sous les yeux de Khang qui reprit espoir, ce soir-là.

    Et il y eut l'annonce faite à Babou. 

     

    Chapitre XI :  

     

     Elle savait que c'était le fruit de l'amour qu'elle portait mais son coeur en mille morceaux n'en fut pas pour autant transporté et réparé.

    En revanche, l'annonce amorçait une autre tournure à ses réflexions.  Babou allait être maman.  Priverait-elle d'un père son enfant comme elle fut privée du sien?  Une soirée trop jus-de-fruitisée valait-elle une souffrance de toute une vie?

    Babou pensait ne pas pouvoir être plus malheureuse qu'elle ne l'était, elle se trompait.  Avec cette annonce vint la douleur de la culpabilité.  La colère laissait la place à la souffrance pure, celle qui déchire, annihile, tire vers le fond.

    Je ne doutais pas que Babou aurait l'énergie de se mettre un coup de pied aux fesses, de frapper le fond du talon et remonter à la surface mais j'avais mal moi aussi de la voir si seule, ma soeur bien aimée... 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il y eut l'annonce faite à maman:

     

    Chapitre XI :  

     

    Et cette discussion, toutes les deux, sur le banc, dont je ne sais rien.

    Tout ce que je vis, c'était Babou qui parlait...qui parlait... qui parlait et maman qui écoutait, écoutait, écoutait. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il y eut alors et probablement à cause de cette discussion mère-fille, l'annonce faite à Khang:

     

     Chapitre XI :

    Chapitre XI :

     

     

    Babou restait triste et distante.  Khang redoubla d'efforts, dans l'ombre et en lumière, ne cessant comme une ritournelle, comme un chuchotement infini de lui dire qu'il l'aimait.

    Mais toujours et inlassablement il se cognait au sempiternel:

     

     

     

      - "Ne me touche pas." 

    Je comprends ce "ne me touche pas", Babou tenait à peine debout, elle avait cette impression que s'il venait à la toucher, elle se briserait, toute sa raison basculerait et la folie l'envahirait.

    Parfois, il insistait quand même. 

    Chapitre XI :

     

     

    Parfois, il se contentait de lui parler ou de l'écouter, tout doucement, avec ce regard éperdu qui m'aurait presque fait pitié, si j'avais été capable de pitié à son égard. 

     

    Chapitre XI :

    Chapitre XI :  

    Chapitre XI :  

     

    Il réparait, il voulait récupérer ma soeur, toute son énergie était dirigée vers ce but ultime.

    Elle criait: 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il accourait pour ... réparer... 

     

    Chapitre XI :  

     

    Il n'était jamais loin d'elle et le temps passant, elle le vit. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et elle se rendit compte peut-être à quel point elle en avait besoin et ce fut elle aussi qui se mit à chercher sa présence.  Comme ce soir-là où pour trouver le sommeil, elle eut besoin de le savoir près d'elle: 

     

    Chapitre XI :  

     

     Et il y eut aussi danses et rires pour moi, dans le tourbillon du bal de fin d'année.

    Ivan voulait que ma soirée soit inoubliable.  Elle le fut pas seulement à cause de la limousine,  

     

    Chapitre XI :

     

     

    pas seulement parce que je fus élue reine du bal mais aussi parce qu'à peine rentrée du bal et couchée, Babou se leva:

    - "Le bébé arrive...", m'annonça-t-elle. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    - "Je t'accompagne", lui dis-je dans un demi sommeil.

    Elle se mit à rire de bon coeur:

    - "Ne sois pas bête, tu ne sais même pas conduire, j'y vais seule.  Ne t'inquiète pas."

    Evidemment, elle ne fut pas seule.   

     

    Chapitre XI :

     

     

    Khang la rejoignit à l'hôpital.

    Et il y eut la berlue, l'impression d'y voir double.  Mais non, c'étaient bien ça, des jumelles! 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Faustine et Aline venaient rejoindre notre foyer.  J'étais aux aux anges: des jumelles!!!

    Le présage ne pouvait qu'être heureux!

    Et il l'était puisqu'en même temps que les jumelles arrivaient, Ivan décidait de venir me dire à quel point je lui manquais. 

     

    Chapitre XI :

     

     

     Babou, après avoir déposé Aline dans son berceau, eut ce regard trahi, jeté au plus profond d'elle-même. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Khang était à bout, il la suivit au-dehors, il devait lui parler, encore, lui dire, lui demander pardon, la supplier encore...

    Mais contre toute attente, ce fut un merveilleux sourire qui l'accueillit.  Il l'avait tellement espéré qu'il crut qu'il allait mourir à l'instant. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Il ne voulait pas gâcher ce moment, mais cela fut plus fort que lui, il avait tellement, tellement envie de la tenir contre lui, de sentir le doux parfum de ses cheveux.  Oh Babou lui manquait tellement. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Et là, il sentit son coeur s'arrêter.  Il ne voulait plus la lâcher, il allait l'étouffer contre lui, la garder à tout jamais comme ça.  Elle avait accepté l'accolade amicale! Ne pas parler surtout, ne pas respirer... Savourer l'instant, le dévorer, s'en repaître, le faire durer toujours.

    Evidemment, elle s'échappa de son étreinte, lui dit des mots qu'il ne comprit pas tant le sang et l'espoir battaient en lui comme une fanfare un jour de fête nationale. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Mais déjà Faustine geignait et Babou se précipitait pour s'en occuper.

    Khang s'interrogea, un très court moment.  Ne pas la laisser s'échapper, surtout ne pas laisser couler le moment.

    Dire tout, n'importe quoi, trouver un prétexte, une occasion encore de la serrer contre lui. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Et l'instant vint, inespéré et tant espéré.

     

    Chapitre XI :

     

     

    Babou l'embrassa. 

     

    Chapitre XI :  

     

    - "Oh ma Babou..." 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Aucun autre son ne pouvait sortir de cette poitrine qui se libérait enfin. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Je rejoignis ma mère.  Nous étions très émues. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Je lui dis : 

    - "Sois discrète, tu as vu, maman?!  C'est incroyable.. tu as vu, dis?  Ils se sont réconciliés, j'ai presque entendu la petite voix dire que Khang avait réussi à convaincre Babou...  C'est merveilleux et pourtant, ils ne se sont même pas parlés."

    Maman sourit:

    - "Oui, ma Lou, le plus doux, le plus beau des "je t'aime", celui qui se dit en silence."

    Elle s'esquiva et je restai pensive un moment.  Le plus doux des "je t'aime" que papa lui répétait tous les jours en ne répondant pas à son dernier mail.  Je sais que c'est cela qu'elle voulait me dire, je sais que c'était de cet amour-là dont elle me parlait et j'en fus définitivement émue.  

    Moi non plus, je ne trouvai pas les mots lorsque je vis Ivan spontanément serrer dans ses bras Aline, ma nièce. 

     

    Chapitre XI :  

     

    Je ne trouvai pas plus les mots lorsqu'il me regarda tellement amoureusement un peu plus tard, il me convoitait comme si j'étais le coeur qui le maintenait en vie: 

     

    Chapitre XI :  

     

    Et lorsque ces mots glissèrent de ses lèvres :

    - "Je t'aime, ma Lou.  Nous, ce sera différent, nous ce sera pour toujours, nous ce sera beau et fort tous les jours.  Je te le promets."

    Oui, lorsque ces mots glissèrent de ses lèvres, mon âme s'éleva bien au-delà de tous les émois et ce sont mes baisers bavards qui lui promirent et lui jurèrent que je l'aimais et l'aimerai toujours, que nous, ce ne serait pas pareil, nous, ce serait pour toujours et plus beau et plus fort tous les jours. 

     

    Chapitre XI :

     

     

    Que l'avenir fasse que nos promesses ne soient jamais brisées, que jamais le secret des Lol ne vienne nous parjurer, que la trahison, la peur, la colère et la haine désertent à jamais nos coeurs.

    Je m'abandonnai sans retenue à cet espoir mais un espoir reste un espoir, n'est-ce pas, il ne sera jamais rien de plus... 

     

     

     

    (à suivre) 

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  • Chapitre X :

     

     

    Le lendemain après l'école, je cherchai Babou et la trouvai sur le bord de la route qui attendait Khang.  Il devait lui donner sa dernière leçon de conduite.

    En deux mots, je lui racontai la conversation que j'avais eue avec nos soeurs, la veille.

    Au fameux "tu en penses quoi? " Elle me répondit qu'elle avait eu l'idée de faire des recherches sur Ella Loïs.  Elle n'avait pas trouvé beaucoup plus que cet article.  Le fond restait le même.  Les autorités l'avaient recherchée pendant des années pour l'interroger tantôt en tant que témoin, tantôt en tant que suspect.  Puis doucement, l'affaire s'était tassée et les média n'en avaient plus parlé.

    Si Zabou avait raison, ajouta-t-elle, cela voulait dire que maman aurait dû être morte depuis bien longtemps.  Cela n'avait pas de sens.

    - "A moins qu'il n'y ait une vérité dans le mythe des créatures sans âge, comme certains membres de mon groupe le suggèrent..."

    Mais elle fut interrompue par Khang qui arrivait.  Elle monta dans la voiture pour son cours. 

     

    Chapitre X :

     

     

    Je décidai de filer à la libraire voir si je trouvais un bouquin sur ces fameuses créatures sans âge. 

     

    Chapitre X : 

     

    Je trouvai un livre dans la collection "Mythes et légendes", je rentrai et m'installai confortablement pour le lire. 

     

    Chapitre X :

     

    Je n'y trouvai rien de vraiment intéressant.  Il s'agissait d'un roman à l'eau de rose qui n'avait rien à voir avec le sujet que je cherchais.

    Je tentai de me détendre en faisant un peu de cuisine. 

    Chapitre X :

     

     

     Maman avait faim aussi, apparemment.

    Nous nous installâmes toutes les deux à table. 

     

    Chapitre X :

     

     

    J'aurais pu décider de laisser poser la mayonnaise, bien sûr.  Mais j'étais toujours en colère contre ma mère à cause de mon anniversaire, à cause de sa rupture, à cause de son silence.  Bref, les causes ne manquaient pas.

    - "Maman, qu'est-ce que tu dirais si je te disais que j'ai des nouvelles de papa?"

     

    Chapitre X :

     

     

      Maman manqua s'étouffer.  Elle tenta de ne point succomber, heureusement elle mangeait fruit & Yaourt, il n'y avait pas beaucoup de gros bouts.

    Elle racla sa gorge, ne me jeta pas un oeil et continua à manger.  Je rageais à côté d'elle.

    - "Maman, quand est-ce que tu vas te décider à me parler?!"

    - "Mais je te parle, ma chérie, voyons.  Ce week-end, ça te dirait qu'on aille toutes les deux faire du footing, tu pourrais mettre tes chaussures de sport, tu sais les rouges... Je trouve qu'elles te vont vraiment bien." 

     

    Chapitre X : 

     

     - " Je te parle de papa et toi, tu me parles de godasses?"

    - "Oui, c'est ça.  Sans doute parce que je préfère parler avec toi de godasses, chaussures, pompes, souliers, ballerines, bottes et bottines que de parler de ton père. Ton père ne t'a pas contactée, je le sais.  Donc, si tu me disais que tu avais des nouvelles de lui, je supposerais que tu as parlé à une de tes soeurs et si tel était le cas,  je te dirais que tu dois absolument stopper tout contact avec elle et je liquiderais tous les ordinateurs de la maison parce que je ne te fais pas confiance et que je saurais que j'ai raison et qu'effectivement, tu fouines partout sans aucun respect pour moi."

    Elle croisa les mains devant son assiette et continua plus lentement: 

    -"Ainsi, il me semble certain, effectivement, que toi aussi tu préfères parler avec moi de godasses, chaussures, pompes, souliers, ballerines, bottes et bottines."

    La tirade de ma mère me laissa la bouche ouverte...  Je la regardai bêtement, comme une vache regarde les voitures passer, se lever pour aller ouvrir la porte.

    C'était Khang et Franco qui arrivaient en même temps que Babou. 

     

    Chapitre X :

     

     

    Maman s'installa au bar et se mit à papoter avec Franco tout en préparant des boissons.

     

    Chapitre X :

     

     

     Babou s'occupa de Khang. Il était évident qu'elle tenait immensément  à lui.

     

    Chapitre X :

     

     

      Oh mais que se passait-il?  Moi qui avais tellement râlé la veille, voilà que j'avais oublié qu'aujourd'hui, c'était l'anniversaire de ma soeur! 

     

    Chapitre X : 

    Chapitre X : 

    Chapitre X :

     

     

    La première chose qu'elle fit, évidemment, fut de foncer toutes lèvres devant pour embrasser Khang.  Des jours et des jours qu'elle n'avait plus eu cette possibilité.

    Elle en profita pour enchainer par une: 

     

    Chapitre X :

     

     

     Demande en mariage!!! 

     

    Chapitre X :

     

     

      Une demande qui le surprit mais qu'il accepta de suite. 

     

    Chapitre X : 

     

    Babou était fiancée!!!

    Ma soeur l'entraîna dans sa chambre. 

     

    Chapitre X : 

     

    Et ils parlèrent pendant des heures, refirent probablement le monde comme les amoureux le font ...

    Je cherchai ma mère pour lui annoncer la grande nouvelle. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'en ouvrant la porte de sa chambre, je trouvai endormi notre ami Franco. 

     

    Chapitre X :

     

     

    Il y avait de la lumière dans la salle de bain, j'y glissai un oeil et j'y vis ma maman.  Elle avait l'air si... triste, mélancolique, nostalgique que je regagnai ma chambre sans lui parler. 

     

    Chapitre X : 

     

    Son regard me poursuivait, m'interpellait.  Etait-ce moi qui avais suscité une telle tristesse dans le coeur de ma mère? Etait-ce mon père qui lui manquait?  A quoi pouvait-elle penser qui générait en elle un tel sentiment de solitude?

    Je décidai que je ferais plus d'effort à l'avenir pour ne pas la contrarier.  J'ai dit "à l'avenir", là, nous étions mercredi, il était presque 18h30, je devais retrouver mes soeurs.

    Je refermai précautionneusement la porte de ma chambre et m'installai à mon ordinateur.

    Comme je l'espérais, Lilou était connectée.

     

    Chapitre X :

     Ma Lou, comment vas-tu?  Comment s'est passée ta journée?  Quoi de neuf?  Chez nous, c'est un peu triste.  Raymundo a eu un terrible accident.  C'est arrivé pendant qu'il réparait le lave-vaisselle. 

     

    Chapitre X : 

     

     Chapitre X :La mort et papa sont arrivés en même temps dans la cuisine.

    Papa a défié la mort au jeu d'échec pour sauver Raymundo.

    Papa a un bon niveau de logique... L'espoir était permis.

     

     Chapitre X :

     

     

    Chapitre X :Malheureusement, papa a perdu et Raymundo nous a définitivement quittés.  Je suis très triste parce que je l'aimais vraiment beaucoup.  La vie est vraiment trop injuste.  D'autant plus que moi, pendant ce temps-là, je prenais du bon temps avec Philippe .  Après l'école, nous sommes allés à la plage. 

     

    Chapitre X :

     

     

    Chapitre X :Nous nous sommes même baignés.  C'est drôle, tu sais, lorsque ses cheveux sont mouillés, il est tout à fait différent.  On dirait presque un autre.  Je le trouve très séduisant comme ça .  Tu en penses quoi?  

     

    Chapitre X :

     

     

     

    Chapitre X :Ouiep... c'est bizarre, mais je le préfère presque comme ça, moi. 

    Babou a fêté son anniversaire aujourd'hui et elle s'est fiancée.  Elle est avec Khang  pour l'instant.  Je pense qu'elle ne nous rejoindra pas.  Et Zabou, comment va-t-elle?

     

    Chapitre X :

    Zabou va bien mais elle ne viendra pas nous rejoindre non plus.  Elle a demandé à papa un petit établis d'inventeur.  Papa le lui offert en lui faisant promettre de faire très attention.  Il l'a installée dans le garage.

     

    Chapitre X :

     

    Chapitre X :

     

     

    Chapitre X : Depuis, elle ne le quitte plus.  Elle veut inventer une machine à remonter le temps.  Elle m'a dit qu'ainsi, nous pourrions remonter dans notre passé et peut-être même empêcher tout ce gâchis. Je ne sais pas s'il y avait vraiment moyen d'éviter tout ça.

    Chapitre X :

     

     Je doute aussi que l'on ait pu éviter tout ça mais ce serait dommage de ne pas essayer.  Je trouve que Zabou a eu une bonne idée; même si je me dis qu'il faudra sûrement toute une vie pour qu'elle y arrive. Et comment va Méline?

     

    Chapitre X :

     

     Elle va très bien, elle est toute mignonnette.

    Et papa a l'air en forme aussi, même s'il est désolé d'avoir perdu contre la mort.  

     

     Chapitre X :Tu sais, je pense que maman sait que je te parle.  Elle m'a dit que si elle savait que je le faisais, elle me l'interdirait.  C'est bizarre, non?

    Babou m'a parlé des créatures sans âge, elle se demande si maman n'en ferait partie.  Tu as déjà entendu parlé de cela?

     

    Chapitre X :

     Oui, je crois que j'ai déjà lu quelque chose sur les créatures sans âge.  L'idée était de mettre au point un élixir qui permettrait aux personnes méritantes, aux grands scientifiques, chercheurs, cerveaux de ne pas vieillir afin de permettre qu'ils ne meurent pas et qu'ils continuent à mettre leurs qualités intellectuelles au service de la communauté.  

     

    Chapitre X :

    Je ne voudrais pas manquer de respect à maman, mais je ne vois pas en quoi ses qualités intellectuelles pourraient servir la collectivité.  Elle n'a rien d'un savant.

    Pourtant, c'est vrai que depuis notre naissance, elle n'a pas fêté un seul de ses anniversaires.  Ce n'est pas normal.

     

    Chapitre X :

    Note que nous parlons sans cesse de maman, mais papa non plus n'a pas fêté d'anniversaire depuis notre naissance.  Nous serions issues toutes les deux de ce genre de créature.

    Cela pourrait être sympa que ce genre d'anomalie soit héréditaire, du coup, nous serions toutes les deux jeunes et belles éternellement.

     

     

    Chapitre X :

      

    Je ne dis pas à ma soeur que je trouvais ça plutôt flippant cette idée de ne pas vieillir, de voir les personnes que l'on aime autour de soi mourir.  Puis une idée surgit: Dans le roman à l'eau de rose que j'avais lu, la créature sans âge "contaminait" son amoureux.  La théorie voulait que si un amour pur et sincère était partagé par deux personnes dont l'une était sans âge, l'autre en était infecté tant que le lien durait.

    Soudain, je réalisai que même si je n'avais pas de certitude, je ne devais pas être loin d'avoir trouvé réponse à mes questions.  Enfin, si j'admettais que le mythe de la créature sans âge était une réalité.

    J'en parlai rapidement à ma soeur qui admit pareillement que c'était complètement dingue mais possible.

    Nous nous quittâmes difficilement, à regret en nous promettant de nous retrouver très vite.

     

    Cette nuit-là, je dormis d'un sommeil sans rêve et cela me ravit.

     

     

     

    (à suivre)

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