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    Même le lilas blanc a une ombre

    Prologue

     

    Prologue

     

                           Ils sont là.  Elle savait qu'ils reviendraient!  Cassie entend la chaîne tomber sur le sol, la porte grincer.  Elle retient son souffle, mord son poing pour ne pas crier.   Inspirer.  Elle doit se calmer, respirer doucement, se concentrer. Ils ne peuvent pas la trouver.  Cassie est hors de danger.  Fermement, elle tient entre l'eau qui clapote et le sol de la cabane, accrochée par ses jambes et ses bras au pilotis droit, extérieur, qui donne vue, à la fois, sur le plancher de la cabane et la jetée.  Elle devrait avoir froid et frissonner mais elle a chaud.  La fièvre, la colère, la haine la tiennent bien agrippée et il n'avait pas fallu qu'elle les voie arriver pour s'obliger à respirer calmement et sans bruit.

                           "Où est-elle?  Non mais je n'y crois pas!"

                           Le silence est rompu, enfin.  Pendant la course effrénée, pendant les coups, le silence avait été si intense, ne résonnant que des gémissements de Cassie, que cela en avait été une torture supplémentaire. Pourquoi l'avait-on enlevée?  Pourquoi la battait-on? Qui la frappait?  Cassie devait savoir!  Elle avait hurlé:

                           "Qui êtes-vous?  Pourquoi?"

                            Mais ses cris étaient restés sans réponse.

                            Elle avait sangloté:

                            "Qui êtes-vous?  Pourquoi?"

                           Mais ses pleurs étaient restés sans réponse.

                           A présent, c'est la débâcle.  Cassie sait ce qui se passe.  Elle distingue entre les lattes du plancher les pieds de ses tortionnaires qui la cherchent, constatent que les liens qui cisaillaient les chevilles et les poignets de Cassie, quelques heures plus tôt, sont défaits et reposent de part et d'autre de la chaise posée au milieu de la pièce.  Ils voient hagards le bâillon et la cagoule noire jetés à quelques centimètres de là qui, quelques heures plus tôt, empêchaient Cassie de voir et respirer. 

              Leurs lampes-torches ratissent les murs, le sol de la cabane.  Leurs voix se font entendre, se mélangent, crient, halètent.  Et Cassie les superpose aux silhouettes et traits qu'elle distingue par intermittence.  Les reconnait-elle?  Elle mord plus fort son poing, enfoncé entre ses dents.  L'un deux se précipitent vers la barque qui repose côté droit sur le nez, il la déplace, la pousse.  Vide. Evidemment! Cassie imagine leurs regards qui se portent juste au-dessus, sur la petite fenêtre qui bat au vent et par laquelle Cassie est passée, quelques instants plus tôt.

                           "Elle a filé et on ferait mieux de filer aussi!"

                            Cassie les entend alors se chamailler, encore.  Ils ne peuvent pas laisser l'endroit en l'état.  Si cette salope est allée prévenir les flics, ils vont débarquer.  Elle les entend alors courir à toute allure le long du ponton qui les mène à la terre ferme.  Elle les voit, tous les quatre.  Elle attend encore.  Un peu.  Ils courent le long du ponton, une voiture les attend, phares éteints sur le chemin.  Elle distingue une silhouette, mains sur le volant.  Elle n'entend plus leur voix mais elle se félicite d'avoir choisi cet endroit pour observer.  Elle voulait les voir, découvrir si elle pouvait reconnaitre qui l'avait attrapée, cagoulée, emmenée dans cet endroit sordide pour la rouer de coups et l'abandonner à l'obscurité.  Elle ne bouge pas d'un pouce, pendue aux pilotis comme un paresseux à son arbre.  Elle les observe, les regarde, les dévore. 

     

    Prologue 

     

     Que fera-t-elle après?  Elle n'en sait fichtre rien et elle s'en fiche.  Tout ce qui compte c'est qu'elle sache qu'ils ne la trouveront pas, qu'ils ne sachent pas qu'elle les observent.  Elle voulait être là lorsqu'ils reviendraient.  Elle voulait les entendre, les sentir lorsqu'ils comprendraient qu'elle s'était échappée.  Encore quelques secondes et ils reviennent, tenant à bout de bras des jerrycans.  Ils vont incendier la cabane.  Quelle riche idée!  Avaient-ils eu l'intention de la faire flamber avec si elle avait toujours été là, dans la cabane, présente, à les attendre?

                      Oh zut, elle était toujours là, elle les avait attendus, oui.  Elle grimace.  Inutile de traîner plus avant ici.

                      Avec grâce, elle décroche ses pieds, se laisse glisser dans l'eau glacée.  Elle les entend qui continue à se houspiller là-haut.  Une odeur d'essence se répand.  Cassie, lentement, sans précipitation, sans faire de rond dans l'eau, s'enfonce dans le lac.  Le froid anesthésie la douleur, l’ankylose doucement.  Elle lâche une main puis l'autre et se laisse couler vers le fond avant d'entamer à l'horizontal, une nage lente, très lente.  Elle a repéré une berge à quelques dizaines de mètres.  Elle s'y hissera puis reprendra des forces, la tête dans la terre humide, s'imprégnant des odeurs de vases.  Sentira-t-elle l'odeur des flammes?  Sa chaleur parviendra-t-elle jusqu'à elle?   Eux repartiront comme s'ils avaient le diable aux trousses, sauteront dans la voiture qui les attend et disparaîtront dans la nuit.

                      Cassie observera, le souffle court disparaître toute trace de leur passage, se sentira écorchée, certes mais vivante.  Elle se relèvera alors, toujours doucement et décidera de passer à autre chose.  Ou pas. 

     

    Prologue

     

     

    >>>I.  Le retour de Cassie

     

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    Même le lilas blanc a une ombre

    Cassie, le retour

     

                  "Tes parents vont arriver, Cassie."

    Les deux inspecteurs lui sourient gentiment. 

                 "Mais avant... Est-ce que tu veux bien nous expliquer? Dis-nous ce qu'il s'est passé, Cassie? Où étais-tu?"

                   

     

     

    Cassie ne répond rien, un peu voûtée sur le bord du lit.  La pièce est éclairée de lourds néons blancs qui rendent les peaux blafardes.

     

     

    Le médecin l'a auscultée avec soin et des infirmières se sont chargées de désinfecter toutes les plaies qui recouvraient le corps de Cassie.  Elle s'en sort bien, Cassie: deux côtes cassées,  une grosse bosse à l'arrière du crâne, de multiples écorchures, hématomes et une sévère déshydratation.  

    Les inspecteurs insistent:            

                  "Tu as disparu trois jours, Cassie.  Où étais-tu?" 

    Où était-elle?  Quelques heures plus tôt, Cassie était entrée dans ce commissariat de police avoir marché beaucoup-beaucoup et hésité tout autant.  

    Elle avait fini par entrer, s'était avancée à l'accueil et avait dit :

                   "Je suis Cassie Holporth."

     

     

     

    A l'accueil, l'inspecteur ne l'avait pas reconnue, avait froncé les sourcils.  Cassie était en sueur, dégoulinante de saleté de la tête aux pieds.  Cassie a désigné une photo épinglée sur le mur, à l'arrière du poste de garde et répété:

                   "Je suis Cassie Holporth."

     

     

     

     Le policier a tourné la tête, aperçut l'avis de recherche et sa bouche a formé un o fermé et inaudible.  Il a décroché son téléphone...

     

     

     ... et ne l'a reposé que lorsque Cassie s'est retrouvée assise dans une voiture de police, direction le centre médico-légal.  

    C'est la procédure, Cassie" lui a soufflé l'agente assise à ses côtés, qui visiblement hésitait à lui prendre la main.  Cassie aurait préféré qu'il fasse nuit pour traverser la ville mais il faisait jour.  Un soleil timide réchauffait la joue qu'elle tenait au plus proche de la vitre.  Les gens déambulaient, parlaient à leur téléphone portable, marchaient vite ou lentement, allaient on ne sait où.  Cassie détesta n'avoir pas choisi la nuit pour entrer dans ce commissariat.

    Derrière la porte, Cassie entend des voix.  Ce sont ses parents qui viennent d'arriver.  Les deux inspecteurs sortent de la pièce, pour les accueillir alors que  la mère de Cassie s'impatiente déjà.  Cassie tressaille en l'entendant.

                    "Je voudrais voir ma fille..."

    Cassie serre les lèvres.  A la place de sa mère, c'est un homme qui entre.  Il lui sourit lui aussi.

     

     

     

                      "Bonjour, Cassie.  Je suis Harrold Denoël, psychologue."

    Il tend la main vers elle mais Cassie ne bouge pas d'un poil pour s'en saisir.  Avec beaucoup d'effort, parce que sa gorge est douloureuse, l'adolescente articule:

                      "Mes parents sont là?"

    Il sourit encore, en tirant une chaise près du lit.  

                      "Oui, ils viennent d'arriver.  Ils sont très impatients de te voir."

     

     

    L'un des inspecteurs est revenu et s'est posté devant la porte, un calepin entre les mains.

                    "Il paraît que tu n'as pas dit grand'chose depuis que tu t'es présentée au commissariat, Cassie."

    Le ton est doux, dénué de tout reproche et le regard bleu du psy est brillant, presque gai.

                     "Beaucoup de monde s'est mobilisé pour te retrouver, Cassie.  Et ces personnes se demandent ce qui a bien pu t'arriver pendant ces trois jours."

    Cassie relève la tête.  Evidemment, personne ne la laissera retourner chez elle sans une explication.  De nervosité, elle claque la langue contre son palais.  

                       "Le médecin préconise de te garder en observation au moins jusqu'à demain."

                        "Je préfère rentrer chez moi.  Et je voudrais voir mes parents, M'sieur, s'il vous plait."

    Cassie, de ses mots, espèrent couper court à tout questionnement concernant la responsabilité de ses parents dans sa disparition.

    Le psy l'observe, longuement.  Un silence pesant s'installe.  L'inspecteur se tortille d'une jambe sur l'autre dans un froissement de papier.

                         "Avant de laisser vos parents entrer, Cassie, nous voudrions votre version de  l'histoire.  Que s'est-il passé ce vendredi soir?  Vous comprenez bien sûr que s'il nous faut clôturer votre dossier, nous avons besoin de réponses."

    Le regard gris bleu de Cassie se pose sur l'inspecteur.  Comment dire ce que son esprit ne parvient pas à formuler?  Comment dire qu'elle ne répondra pas à leurs questions, qu'elle en est incapable?  Cassie a pesé le pour et le contre des heures durant, elle a vécu et revécu cent fois son enlèvement dans le parc, son angoisse lorsqu'elle s'est retrouvée ballottée dans ce qui semblait être un coffre de voiture, sa trouille lorsque, à terre, ils la frappaient sans qu'elle ne puisse ni bouger, ni se défendre, ni voir, ni respirer, lorsqu'ils l'avaient relevée et attachée à une chaise, l'attente et enfin ce sentiment d'euphorie lorsque Cassie avait senti les liens qui la tenaient prisonnière se desserrer.

                         "Je suis allée courir et je me suis perdue."

                         "Pendant trois jours?...  Allons, Cassie, dites-nous:  vous vous êtes enfuie de chez vous?  Une peine de cœur?  De mauvais résultats à l'école?"

    Harrold Denoël n'a pas quitté la gamine des yeux, intensément, il la regarde.

                        "Rien ne presse, n'est-ce pas, inspecteur?  Si Cassie veut rentrer chez elle, nous lui parlerons plus tard.  Cette petite a besoin de se reposer, c'est évident.  Et vous aussi."

     

     

    Le ton du psy est toujours aussi bienveillant qu'au départ.  Pourtant, l'inspecteur rougit et acquiesce comme s'il venait de recevoir une réprimande.  Harry se lève et ouvre la porte à la volée :

                        "Cassie vous attend."

    Le ventre de Cassie se tord, sa gorge se fait plus douloureuse et son regard se brouille.  Comme ils avaient dû être inquiets!  La maman de Cassie semble toute menue, la taille tout contre la hanche de son mari.  Tous les deux sont blêmes et se serrent l'un contre l'autre, les yeux rouges et le menton tremblant. Impressionnés par l'endroit, par le monde autour d'eux, ils bouffent du regard leur enfant sans oser bouger. Ils doivent avoir tant de questions eux aussi.

    Sans grimacer, Cassie se laisse glisser sur le sol et s'approche, doucement, avant de se couler avec tendresse dans l'étreinte de ses parents, abasourdis, tremblants, muets.  Presque désespérément leurs bras se referment sur elle.  Une plainte silencieuse les unit et un chuchotement, enfin:

                        "Je vais bien.  Ne vous inquiétez plus."

     

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    Même le lilas blanc a une ombre

    II.  Louis, le fils parfait

     

            Cassie avait donc reçu l'autorisation de quitter le centre médico-légal et était rentrée chez elle avec ses parents.  Elle avait pris une douche et sans tarder s'était couchée pour plonger dans un sommeil sans rêve.

     

    1.2.'

     

                            Les parents de Cassie s'étaient retrouvés seuls dans la cuisine, presque sereins, plongés, eux, dans leurs pensées.

     

    1.2.' 

                            Quant à Louis Van Laer, jeune adolescent de dix-sept ans, lui, en rentrant de l'école s'était installé à la table de la salle à manger en compagnie de sa demi-sœur, Diane.  Il avait entendu très rapidement, milieu de l'après-midi, le long des couloirs du lycée, se répandre comme une traînée de poudre la nouvelle: Cassie Holporth avait été retrouvée.  

     

    1.2.'

     

                               Avec impatience depuis, il attendait le retour de son père.  Il savait que celui-ci, en tant qu'inspecteur de police avait été dépêché sur l'affaire de la disparition de Cassie et pourrait lui offrir quelques détails quant à cet épilogue: où et comment Cassie avait-elle été retrouvée?  Et surtout... avait-elle parlé?  Qu'avait-elle dit aux flics?

                           Malgré lui, de sombres pensées agitaient Louis depuis qu'ouvrant la porte du cabanon, il avait constaté que Cassie, ligotée à cette fichue chaise, après avoir été passées à tabac, avait disparu.  Il avait dévisagé ses compagnons, l'un après l'autre, les babines retroussées comme un chien à qui on a usurpé sa gamelle, en proie à une colère sourde qui depuis, ne l'avait plus quitté.  

                               Dix-huit heures venait de sonner à l'horloge placée dans le hall d'entrée lorsque Louis, enfin, entendit son père, Eric Van Laer, pousser la porte d'entrée. 

     

    1.2.'

     

     Son pas léger résonna à peine sur les dalles.  La première chose qu'il faisait toujours, Eric, en rentrant du travail, c'est aller embrasser son épouse, Dana.  Et ce jour ne faisait pas exception.

     

    1.2.'

     

                                 Le monde aurait pu tomber en miettes tout autour de lui, Eric, lui, ne s'en serait même pas rendu compte.  Le soulagement de la retrouver, si chaude, si vivante, la sentir se glisser contre lui, s'enivrer de son parfum, seul cet instant comptait pour lui.

                                 Toujours, il le savait, il aurait cette angoisse chevillée au corps de pousser la porte, de crier son prénom, de ne la trouver nulle part, de parcourir toutes les pièces, essoufflé de terreur à l'idée de la trouver inerte au milieu de son propre sang, vide, froide, morte.  Comme ce soir-là, le soir où rentrant du travail, Eric avait trouvé sa première épouse, la mère de Louis, au milieu de la salle d'eau, baignant dans son propre sang, vide, froide, morte, son fils la veillant, serrant dans ses bras son petit ours brun.  Ce n'est pas qu'il fut surpris de ce qu'il était advenu - Claire était malade depuis si longtemps - mais toujours, naïvement, il avait pensé que sa femme attendrait qu'il soit là pour décider de passer de vie à trépas.

                                   Eric s'ébrouait de ses souvenirs saumâtres tandis que discrètement, Louis s'était glissé dans le couloir, ne voulant rater à aucun prix les premières paroles de son paternel.  Très vite, il entendit Dana, sa belle-mère s'enthousiasmer:

                                     "C'est super, j'ai entendu à la radio que vous avez retrouvé la gamine!  Que s'est-il passé?  Elle va bien?"

                                      "Je ne sais pas ce qui s'est passé.  Elle raconte qu'elle s'est perdue et oui, elle va bien."

     

    1.2.'

     

                                       Perdue? Cassie racontait qu'elle s'était perdue?  La belle blague que voilà!  Pour peu Louis se serait senti vexé.   Il fit demi tour et retourna sagement auprès de sa petite sœur.  Alors cette petite garce n'avait rien dit de tout ce que lui et les autres avaient mis tant de cœur à lui infliger? Des papillons se mirent à voltiger à l'intérieur de l'estomac de l'adolescent au souvenir de l'enlèvement de Cassie et de la leçon qu'ils lui avait donnée.  Une sensation de bien-être l'envahit et pour peu, il en aurait bavé de plaisir.  

     

    1.2.'

     

                                      Très vite, Dana et son père les rejoignaient, le sourire aux lèvres.

     

    1.2.'

     

                                       L'heure du repas approchait et Dana s'installa derrière les fourneaux tandis qu'Eric, se campait au côté de son fils et lançait de façon abrupte:

                                       "Tu la connais Cassie Holporth, Louis?"

                                      "Ben ouiais, mais pas trop, je te l'ai dit, elle est avec moi au labo de sciences mais on ne discute pas trop, elle et moi." 

     

    1.2.' 

                                 "On l'a retrouvée, tu le sais?"

                                  "Ouiais, je l'ai entendu dire..."

                                  "Elle devrait pouvoir reprendre les cours très vite."

                                  "C'est cool.  Si tu veux, je garderai un œil sur elle?"

                                  "Ce serait super, Louis."

                                  Et Louis, alors que son cœur battait à du cent pulsations minute, s'enfonça le nez dans ses bouquins, espérant que nul ne verrait le rouge qui se pressait à ses joues irisées comme la peau d'une poule déplumée.

                              Eric se contenta de sourire.  Son fils l'impressionnait tant par son sérieux et son investissement dans la vie de tous les jours, dans ses études, par la gentillesse dont il faisait toujours preuve envers Dana puis Diane.  C'était vraiment le fils parfait, pensait-il.  Les épreuves, les douleurs, le chagrin, son fils en avait fait sa force et Eric se sentait si fier de lui.

     

    1.2.'

     

                  Au repas, Louis profita de l'ambiance détendue et de l'absence de Diane, déjà partie enfiler son pyjama pour demander.

                   "Au fait, 'pa, tu veux bien que j'aille voir Lola, ?  Promis, je serai rentré au plus tard à vingt et une heures."

                    Eric ronchonna que c'était la semaine, qu'il y avait cours le lendemain et que Louis savait pourtant que les sorties n'étaient autorisées que les vendredis et samedis.  Voyant l'air suppliant de son beau-fils, Dana intervint.

                      "C'est moi qui ai eu la petite au téléphone, tout à l'heure.  Elle avait l'air si impatiente de voir Louis.  Allez, chou..."

     

    1.2.'

     

                                      Eric ne pouvait rien refuser à son épouse.  Il lui sourit doucement et accepta.  Sur la pas de la porte, avant de coller un baiser sur la joue de Louis, Dana rit doucement:

                                      "Il faudra que tu me la présentes un de ces jours, cette petite Lola."

                                    Louis rit à son tour, comme s'il était un peu gêné et se glissa dans la nuit à la rencontre de celle qui n'aurait pas dû l'appeler chez lui.

     

    1.2.'

     

                                    Lorsque Louis arriva au parc de Willow, Lola l'attendait déjà. 

                                    "Ah tu es venu!  Je désespérais."

     

    1.4

     

                         "Je suis venu, mais je n'aurais pas dû.  On devait se voir vendredi, tous ensemble.  Qu'est-ce qui t'a pris de sonner chez moi, comme ça, Lola?"

                          Lola foudroya du regard son ami Louis.

                          "Ce qui m'a pris?  Ben j'ai la trouille, figure-toi!  On doit en parler, discuter du plan, de ce qui s'est passé, de ce qu'on va faire.  On l'a retrouvée, bon sang, Louis!"

     

    1.4

     

                          Louis regarda Lola intensément, froidement et un frisson parcourut Lola de la tête aux pieds.   Louis l'avait toujours dit : Lola, c'était vraiment le maillon faible du groupe: irréfléchie, indomptable, imprévisible.  Il soupira.

                           "Ecoute, Lola, tu dois te calmer.  On n'a rien à craindre."

                            "Mais qu'est-ce que t'en sais?  Elle a dû en parler aux flics.  Ils doivent être en train de nous rechercher.  Oh bon sang, je savais qu'on n'aurait pas dû la laisser seule.  On aurait dû en finir tout de suite. Mais non, il a fallu pousser le bouchon trop loin!  On est allé trop loin, trop loin cette fois-ci!"

                           Louis sourit; il sourit sous l'effet bienfaisant de la valse des papillons qu'il sentait virevolter au creux de ses reins, à présent.

     

    1.4

     

                           "Elle n'a rien dit aux flics.  Elle n'a rien dit à personne."

                           Lola a penché la tête sur le côté, craignant d'avoir mal entendu.

                          "Pourquoi elle n'aurait rien dit aux flics?  Et comment tu le sais?  C'est ton père qui te l'a dit?"

                           "Je le sais, c'est tout."

                           Les épaules de Lola retombèrent d'un coup et toute la tension qui l'habitait quelques minutes plus tôt sembla s'évaporer.     Louis ajouta d'une voix vibrante:                 

                           "Elle  va très vite reprendre les cours.  On verra comme elle s'en sort.  On n'en a pas fini avec elle.  Elle va vite comprendre que c'est nous qui décidons quand ça s'arrête."  

                            La gamine réfléchit un  instant.

                            "Oui, c'est nous qui décidons quand ça s'arrête", dit-elle. Elle déglutit un peu difficilement, se rendant compte soudain qu'elle et Louis se trouvaient bien isolés dans ce parc.

                            "Toujours ensemble, Louis?", tenta-t-elle, mal assurée.

     

    1.4

     

                                Le jeune homme ne répondit pas de suite, le regard plongé au plus profond de celui de Lola.

                               "Toujours ensemble", finit-il par répéter, dans un souffle.

                                Et il ajouta en serrant plus fort - très fort, à lui faire mal - la main délicate de la jeune fille et sans baisser les yeux.

                               "Et n'appelle plus jamais chez moi, Lola."

     

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    Même le lilas blanc a une ombre

    III.  Cassie persiste et signe

     

               "Et si on arrêtait de se mentir, Cassie?"

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                               Cassie, silencieuse et concentrée, ne quitte pas des yeux, l'inspecteur Walter Hol.  Il est arrivé quelques minutes plus tôt chez elle avec son collègue, Eric Van Laer, comme prévu.  

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

          Ils se sont installés à la table de la cuisine.  La mère de Cassie a quitté la pièce mais elle y revient régulièrement et le père de Cassie, naturellement, s'est assis en face de sa fille.  Il écoute la conversation, sans mot dire, voûté sur lui-même, les yeux dans le vague, semblant de ne pas comprendre ce qu'il fait là.

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                              "Tu me racontes que tu es allée courir, que tu t'es retrouvée dans un endroit que tu ne connaissais pas et le temps de regagner la civilisation, il t'a fallu trois jours.  C'est bien ça?"

                               Il croise les mains et sur un ton mi-ironique, mi-agacé, lance:

                               "Lorsque tu t'es rendue compte que tu étais perdue, tu n'as pas pensé à appeler tes parents alors que tu avais ton portable?...  Ah non, bien sûr!  Suis-je bête! Tu ne l'avais sans doute plus puisque tu l'avais jeté dans une des poubelles du parc de Willow.  C'est là que nous l'avons retrouvé, Cassie."   

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                   En effet, comme le précisait le rapport d'enquête, ce vendredi-là, Cassie avait enfilé ses baskets vers dix-huit heures pour aller courir.  Son parcours variait parfois mais Cassie revenait toujours vers dix-neuf heures, prenait sa douche et passait à table.  Comme chaque soir, peu importait le jour ou le temps, Cassie partait à dix-huit heures et revenait à dix-neuf heures.   Sauf ce vendredi-là, bien sûr.

                   A vingt-deux heures, les parents de Cassie avaient téléphoné au commissariat pour signaler sa disparition.   Cassie avait emporté son portable mais ne répondait pas aux appels.  Le père avait tourné dans le quartier, dans tous les sens, à la recherche de sa fille.  Sans succès.  Paniqués, les parents avaient également tenté de contacter les amis proches de Cassie : Sarah et Ludo.   Sans plus de succès.  Aucun ne l'avait vue et personne ne savait où elle pouvait être.

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

               Les deux agents de service ce soir-là avaient agi vite et efficacement.  Ils avaient contacté le juge, demandé un traçage du portable de l'adolescente et demandé que les images vidéos des caméras de surveillance disséminées dans le quartier de Cassie soient conservées et visualisées.  Du bon boulot.  Sur ces images, on voyait clairement Cassie entrer dans le parc de Willow.

     

    III.  Cassie persiste et signe

                         

                Aucune des caméras ne l'avaient surprise à en sortir.  

               Cassie n'avait emporté ni carte de banque, ni argent.  Juste son portable.  Portable qui avait été triangulé après autorisation du juge et retrouvé abandonné dans une des poubelles de Willow.  Ce portable était toujours sous scellé mais serait rendu à la jeune fille, très probablement dans les heures à venir.   

                Le policier passe la langue sur ses lèvres sèches.  

               "Allons, Cassie, et si tu nous disais la vérité?  Tu es allée retrouver ton petit copain?  Vous vouliez filer tous les deux?  Ça s'est mal passé?  Allons, Cassie, raconte-nous."

     

    III.  Cassie persiste et signe

                                

                                Une petite virée en amoureux qui aurait mal tourné?  Un amoureux secret trop passionné, c'est ça leur théorie?  Mais quelle plaisanterie, vraiment!

                                "Je ne me souviens plus.  Ce que je sais c'est que je me suis perdue, j'ai marché beaucoup puis j'ai fini par tomber sur un commissariat et je suis entrée."

                                Le policier écarte les bras, en signe d'impuissance.

                               "Cassie, je voudrais t'aider mais je ne peux rien si tu ne me dis rien."

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                Mais quelle plaie vraiment!  Décidément, il ne comprend rien ce Walter!  Son collègue, c'est pire: c'est le père de  Louis qu'elle a reconnu ce fameux soir, dans la cabane.  Si Cassie parle, elle n'a aucune chance qu'on la croie. 

                                  Louis Van Laer.  Ce gosse bien sous tous rapports, fils de flic, champion de volley, champion des maths, d'orthographe et des sciences.  Qui pourrait la croire?  Qui pourrait croire que celui-là faisait partie des bourreaux qui avaient enlevé et violenté Cassie?

                                 Cette nuit, incapable de dormir, elle s'était relevée et il ne fallut pas une heure qu'elle le retrouve sur FB.  Consciencieusement et très longuement, elle avait consulté son profil, son mur, ses photos, ses vidéos et fait le tour de ses nombreux contacts.  

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

              Il faisait partie de ses amis facebook, ce petit salopiaud. Comme les huit cent cinquante-trois autres qu'elle ne connaissait pour ainsi dire que de vue ou d'ouïe dire.  Louis, elle le connaissait un peu mieux que ça, il était avec elle au labo de sciences.  S'il n'y avait pas eu ça, il est probable qu'elle ne l'aurait pas reconnu, ce fameux soir.  Son nom lui était revenu lorsque les deux inspecteurs avaient décliné leur identité avant de l'interroger. L'un d'eux était le père de Louis.  Un frisson d'effroi l'avait parcourue toute entière lorsqu'elle l'avait compris, lorsque les pièces du puzzle s'étaient imbriquées les unes dans les autres.                       

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                 Les trois autres, elle les avait trouvés aussi facilement; eux aussi, faisaient partie du même lycée que Cassie et eux non plus ne faisaient  pas partie des gens que Cassie côtoyait dans la vie réelle.

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                 Cassie frissonne.  Restait celui qui était au volant de la voiture et que Cassie n'avait pu identifier puisqu'elle ne l'avait jamais eu en visu.

                                 Eric Vanlaer s'adresse à son collègue, il semble pressé.  Il faut dire qu'il est presque dix-huit heures et qu'Eric aime rentrer chez lui à l'heure : retrouver sa femme, ses gosses.

                                 "Ecoute, on va y aller, Walter."

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                 Walter semble hésiter un moment puis soupire.  

     

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                   "O kay, Cassie.  Tu pourras récupérer ton portable, je laisse la demande que tes parents peuvent signer.  Nous allons clore le dossier."

                                  Il semble faire un effort tout particulier, hésiter longuement puis finalement tire de la poche de son pantalon une petite carte sur laquelle il indique un numéro et le tend à Cassie.

                                  "Je t'ai mis mon numéro de portable.  Disons que si tu ... enfin... prends-le.  On ne sait jamais."

                                  Oui, on ne sait jamais.  Cassie remercie les deux inspecteurs et la mère raccompagne les deux agents à la porte.  Cassie les entend discuter, elle soupire.  Ouf!  De ce côté-là, c'est clôturé.   Parfait!  

                                 

    III.  Cassie persiste et signe

     

                                                  Oui, "Parfait", jubile Cassie parce que, ne nous leurrons pas plus longtemps, il est certain que Cassie Holporth, à ses risques et périls, consciente du danger - vraiment? - n'en restera pas là.  Il y en a qui doivent payer et ils payeront.  Peu importe le temps et la manière, ils payeront.

     

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    Même le lilas blanc a une ombre

    IV.  Ludo et Sarah

     

               A force de tourner en rond dans sa chambre pendant des heures, de ruminer devant l'écran de son ordinateur, Cassie à l'impression de devenir folle et ce n'est pas l'entretien "non officiel et amical" qu'elle vient d'avoir avec le psy rencontré au centre médico-légal, Harrold Denoël, qui a pu lui changer les idées.

     

    IV

     

               Cassie s'ennuie et il  lui tarde de reprendre les cours, retourner au lycée, retrouver ses potes. Demain.

               Heureusement, l'arrivée impromptue de Ludo, son ami de toujours, ...

     

    IV

     

            ... la met en joie.         

                       - Hey!  Cass'... comment 'va?                   

     

    IV 

     

                      - Nickel et toi?

                        Pareil à lui-même, n'y mettant pas les formes, Ludo grince:

                      - Oh moi, tu sais, je n'ai pas disparu pendant trois jours...

                       Cassie sourit et sur le même ton que lui:

                       - Tu n'as pas disparu?  En voilà une bonne nouvelle, dis donc...!

                   - Non, sérieux, Cass', qu'est-ce que t'as fichu?  On ne parle que de ça au lycée et moi, je suis comme un con, j'ai beau être ton meilleur ami, je ne sais pas quoi répondre.  Alors, je me suis dit que j'allais venir constater les dégâts de visu.

                       - Comme tu peux le voir, je n'ai pas changé et je reviens en classe demain.  Ils verront que je vais bien.

     

    IV 

     

                        - Ooh cool, demain!

                       Mais là, après avoir fait traîner le "ain" de "demain", Ludo se met à se tortiller d'une fesse sur l'autre, étrangement mal à l'aise.  Cassie le regarde mieux.  

                         -  Quoi?  Qu'est-ce qu'il y a?

                         - Je ne sais pas trop comment te le dire.

     

    IV

     

                         -  Wesh... balance, Ludo!

                         Ludo inspire un peu trop fort puis presque en bégayant: 

                       - Ecoute, Cassie, je ne sais pas comment te le dire et Sarah ne voulait pas t'en parler de suite mais...

        Cassie lui sourit pour encourager son ami, mal à l'aise à l'idée de tout ce qu'ils avaient dû supporter aussi, pendant son absence.

         Ludo pince ses lèvres charnues.

                         -  Mais je ne voudrais pas que tu l'apprennes par quelqu'un d'autre.  Ecoute, Cassie...

    Oui et bien, elle écoute, Cassie.  Elle est même toute ouïe, là.

                     -  Enfin, voilà.  Sarah et moi on s'est vu pendant ... et on s'inquiétait pour toi et ...

     

    1.2

     

                             -  Bref, on est ensemble, maintenant.

     

    1.2

     

                                     Ah!

                                  - Ah!  se contente de répondre Cassie.

                       Ce n'est pas comme si Cassie était étonnée de l'événement.  C'était même plutôt ce que l'on pourrait appeler un non événement.  Il aurait fallu être sourd et aveugle pour ne pas avoir remarqué que depuis plusieurs semaines, ils se tournaient autour, ces deux-là.  

                       Ludo s'étonne:

                           -  "Ah!"  c'est tout ce que tu en dis?

                            - Ben ouiais...

                           - T'es pas fâchée, hein, Cass?  Tu sais, c'est arrivé comme ça, quoi.  Bang!  ... Sarah et moi, on te promet: ça ne changera rien et promis on ne te...

     

    IV

     

                            Cassie le coupe, sur un ton taquin.

                            -  Arrête, Ludo.  Il n'y a pas de malaise.  Je suis sûre que si les rôles avaient été inversés, moi aussi, je lui aurais sauté dessus.  Sarah est super.

                                -  Hé!  Mais ce n'est pas moi qui lui ai sauté de dessus, c'est elle qui...

                                 Cassie éclate de rire.

                              -  Mais oui, c'est ça!  A vous, les hommes, ce n'est jamais vous!  Pauvres petites choses...

                        

    IV

     

                              Qu'il est bon de rire, Cassie en oublierait ses côtes cassées et ses bleus à l'âme, son rire se mêlant à celui de son ami.  Quelques secondes valent de l'or lorsque reculent comme marée descendante les souvenirs qui taraudaient tant Cassie jusque là.

                              La voix de la mère de Cassie les fait sursauter.  

                             "Tu manges avec nous, Ludo?"

                             Ludo sourit et répond aimablement:

                            "J'ai déjà mangé mais je vous accompagne, si ça ne vous dérange pas, Madame Holporth."

                             "Tu ne nous déranges jamais, Ludo.  C'est avec plaisir."

     

    IV

     

                             Et effectivement, le repas se déroule avec plaisir pour tous.  Pour la première fois depuis son retour, Cassie voit sa mère sourire, son père rire et Ludo, pareil à lui-même, taquiner les uns et les autres.  C'est vraiment une perle, ce jeune homme et Cassie a beaucoup de chance de le compter parmi ses amis depuis tout ce temps.

                              Avec nostalgie, pendant quelques instants, Cassie se retrouve être cette petite fille blagueuse qui riait à gorge déployée avec son petit copain de l'époque, son Lulu, comme elle l'appelait.  Mais que ça fait du bien, cette légèreté et ce retour en arrière.

     

    IV

     

                             Lorsque déjà arrive l'heure à laquelle Ludo doit prendre congé, Cassie se glisse et se serre contre lui.  Ludo répond avec plaisir à l'étreinte inattendue de Cassie  puis doucement, comme s'il n'osait pas:

                                -  Ça fait du bien de te retrouver, Cassie.

                                  Et il ajoute, en chuchotant:

                                - Tu ne me raconteras pas ce qui s'est passé, hein? Pourquoi t'es partie comme ça? 

     

    IV 

     

           Cassie réfléchit un moment, à l'abri, dans les bras de son ami; celui en qui elle a toute confiance, celui qu'elle aime depuis toujours, elle est tentée de tout balancer, elle aussi.  

            Mais lui raconter quoi?  La première volée de coups dans le parc?  L'étourdissement?  La perte de conscience?  Le retour à la réalité, dans le noir complet, ses cris étouffés par un bâillon, l'odeur de son propre sang?  Sûrement pas.

          La peur, la douleur, les coups, les côtes cassées, le noir, la peur encore?  Sûrement pas.  

          Lui raconter comment elle s'en est sortie?  Lui raconter encore qu'elle les a reconnus?  Qu'elle sait qui ils sont?  Et ce qu'elle compte faire? Sûrement pas.

          Supporter qu'il doute de la vérité?  Lui pose mille questions?  Élabore cent théories?  Sûrement pas! 

          L'important c'est qu'elle soit là, qu'elle aille bien, non?  

          Alors, elle se serre plus fort contre lui, tente de contrôler les tremblements qui lui parcourent le corps et aussi doucement qu'il lui a parlé, elle lui répond:

                 "Ne t'inquiète pas.  Ne t'inquiète plus.  Je vais bien."

     

    IV 

     

                            A regret et faisant semblant d'y croire, Ludo se détache de Cassie et sur un :

                                - A demain, Cass'!

                          Il s'éloigne, le cœur lourd, les jambes en coton.  

     

    IV 

     

                        Est-ce le "sois prudent sur le chemin" étranglé est spontané que Cassie lui a lancé qui le rend à ce point vacillant?  Le ton de sa voix? L'impression oppressante que dorénavant tout a changé, que ce que cache Cassie est bien plus important qu'elle ne le laisse paraître?  Comment savoir?  Ludo serre les poings.  Puisque Cassie ne parle pas, il ne peut rien pour elle et ça, c'est vraiment frustrant!

                         

    IV 

     

                                Pendant un long moment après le départ de son ami, Cassie reste assise sur le banc, plongée dans ses pensées.  Elle se dit qu'il est encore temps de faire demi-tour, qu'il est encore temps d'aller trouver sa mère ou son père, de leur avouer tout, de leur raconter son agression, de leur dire que ce n'est pas de leur faute, qu'elle n'a jamais voulu disparaître.

     

    IV

     

                                     Oui, un long moment, Cassie hésite encore, elle en rêve même; mais elle sait au fond d'elle-même que c'est déjà trop tard, qu'elle ira jusqu'au bout, quoi qu'il lui en coûte, quoi qu'il en coûte à ses proches et peu importe le temps, la manière, les doutes, les angoisses, les dangers et le prix à  payer.    

     

     

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