• Un conte de fée

     

    Un conte de fée 

     

     

    "Raconte-moi, Mamy, comment était-ce de ton temps?"

    La grand-mère s'éclaircit la voix et un sourire taquin anime un instant son visage ridé.

     

    Raconte-moi

     

    "De mon temps, on habitait une petite maison dans la prairie, on allait nus pieds à travers les champs en retroussant nos jupes sur nos jupons, ma sotte de petite sœur trébuchait sans arrêt sous l’œil canaille de nos parents qui nous observaient depuis leur carriole.  Mon père fendait du bois à longueur de journée, ma mère s'appelait Caroline Ingalls et elle avait un chapeau qui ressemblait à une culotte."

    "Ne te moque pas de moi, Mamy."

     

    Raconte-moi

     

    La grand-mère se met à rire de bon cœur.

    "De mon temps, c'était comme de ton temps.  Les générations passent mais Twinbrook reste Twinbrook."

     

    Raconte-moi 

    Raconte-moi 

     

    Elle réfléchit un instant puis s'exclame.

    "A une exception près, peut-être..."

     

    Raconte-moi 

     

    Les yeux de la fillette se font ronds et tout son corps se tend vers son aïeule.

    "Raconte-moi."

    Le sourire de la vieille dame se fait doux et ses yeux bleus deviennent tendres.

     

    Raconte-moi

     

    "Mes parents travaillaient tous les deux.  

    Lorsque ma mère dut reprendre son travail, ils décidèrent de me confier, bambin, la journée, à une gardienne d'enfants qui s'était installée à Twinbrook." 

     

    Raconte-moi

     

    "Tous les parents ne juraient que par elle, ils se pressaient tous pour réserver une place à cette prestigieuse garderie. Il n'était pas rare, disait-on, que les bambins préfèrent cette dame à leurs propres parents."

     

    Raconte-moi

    Raconte-moi

    Raconte-moi

     

     "Sa réputation était telle que même certains enfants parmi les plus turbulents lui étaient confiés après l'école afin de les aider à passer ce cap plus difficile."

     

    Raconte-moi 

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    "Aréa Lol, c'était son nom.

    C'était son nom et c'était une fée."

     

    Raconte-moi

     

    "Une fée?" s'étonne la fillette.

     

    Raconte-moi

     

    La grand-mère acquiesce.

    "Oui, une fée... avec des ailes.  Elle pouvait voler, je te l'assure."  

     

    Raconte-moi

     

    "C'était une fée, pleine de malice, comme le sont les fées.  Elle ne se privait pas de faire des farces, elle tendait des pièges, elle lançait des sorts tels que renvoi gênant, tête brûlante ou dents qui claquent."

     

    Raconte-moi

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    Raconte-moi

    Raconte-moi

     

    Elle rit.

    "Elle pouvait aussi rendre les gens heureux, leur confiait de la poussière de fée. Son aura plus d'une fois aida les uns et les autres à améliorer ce qu'ils avaient de meilleur en eux."

     

    Raconte-moi

     

    "Comme toutes les fées, Aéria aimait la nature.  Et elle l'avait faite entrer dans sa maison, elle cultivait ses chères plantes dans son salon et celles-ci donnaient les meilleurs fruits et légumes de toute la ville."

     

    Raconte-moi

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     "On se pressait au marché le samedi pour acheter la récolte d'Aéria et les plus grands chefs étaient prêts à payer une fortune pour agrémenter leurs plats d'une seule de ses tomates.

    Clairement, elle avait un don pour tout ce qui pousse: enfants comme plantes."

    "Et tu y es allée alors à sa garderie?"

    "Oh oui, j'ai eu cette chance! 

    Elle ne faisait pas que s'occuper de nous, elle nous aimait tous et chacun différemment parce que, disait-elle, chaque enfant est unique. C'était ça, son secret : découvrir qui nous étions et nous aimer tels quels."

     

    Raconte-moi

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     La petite fille réfléchit un instant.

    "Moi, je ne crois pas aux fées."

    La mamy secoue la tête.

    "Oh moi non plus, je ne crois pas aux fées.  

    Je n'y crois pas parce que je sais qu'elles existent.  Moi, j'ai connu Aéria Lol et je m'en souviens!  C'était une fée aux cheveux et ailes orangées, elle volait et ne vieillissait pas; elle était éternellement jeune ou presque comme le sont les fées!  Elle était joyeuse, malicieuse et toujours prête à s'amuser.  Elle était une perle en la cité et son rire ravissait autant qu'un soleil de printemps."

     

    Raconte-moi

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    L'enfant s'agace:

    "Alors, pourquoi, je n'en ai jamais entendu parler et pourquoi elle ne vit plus ici si effectivement elle est éternelle ou presque?"

     La vieille dame secoue son chignon.

    "Tu n'en as pas entendu parler parce qu'elle est partie et que les gens de la ville préfèrent ne pas se souvenir d'elle."

     

    Raconte-moi

     

    "Pourquoi?"

    "Je te l'ai dit", s'agace la vieille dame.

    Puis plus doucement, elle explique:

    "Aéria n'avait un don que pour ce qui se pousse: les enfants et les plantes."

     

    Raconte-moi 

     

    "Avec ce qui est arrivé à maturité, elle était parfois dure et coriace.

    Elle s'intéressait plus vite à une fleur qu'à un être humain."

     

    Raconte-moi

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    "Jamais, elle ne parlait aux parents lorsqu'ils venaient déposer ou reprendre leurs petits qu'elle avait en garde.  Elle s'adressait exclusivement aux enfants, ne parlait d'eux qu'avec eux." 

     

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    "Les adultes ne supportent pas l'indifférence, ils aiment qu'on s'intéresse à eux. Ils veulent toujours être le centre du monde et se prennent pour le nombril de l'univers.

    L'attitude d'Aéria finit par faire jaser.  Des rumeurs se mirent à courir sur elle. On racontait qu'elle ne nous aimait pas, nous, les humains, qu'elle se croyait supérieure à nous parce qu'elle était une fée.  On en vit même certains se signer sur son passage.

    Consciente que le quartier devenait hostile, Aéria en ressentit une profonde tristesse parce que, vois-tu, les fées sont très sensibles."

     

    Raconte-moi 

     

     "Elle décida dorénavant de se conformer aux us et coutumes des habitants.  On la vit dès lors dans les festivals, dans les fêtes. 

     Elle tenta de s'intégrer au monde des adultes, de lier quelques amitiés."

     

    Raconte-moi

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    "Aéria était vraiment jolie et les hommes commencèrent à lui tourner autour, à l'inviter à des rendez-vous."

    "Oooh!  Elle s'est trouvée un amoureux..."

    "Pas du tout!  Aéria repoussait tous les prétendants, elle tentait bien d'aller à l'un ou l'autre rendez-vous mais ceux-ci se finissaient toujours par le prétendant en caleçon."

     

    Raconte-moi

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    Le grand-mère rit et la petite lève les mains.

    "Ce n'était pas très gentil."

    La vieille dame sourit gentiment.

    "Aurais-tu déjà abandonné ton âme d'enfant, fillette?  Ce n'était pas gentil mais ce n'était pas bien méchant, non plus.

    Les fées sont farceuses, c'est leur nature.  Il est normal qu'Aéria ait eu envie de s'amuser un peu."

     La fillette lève les mains au ciel.

    "Alors?  Raconte!  Que s'est-il passé pour ta petite fée?"

    "Et bien, un jour, lors d'une de ces fameuses sorties qu'Aéria s'obligeait à faire pour montrer une image différente d'elle, elle rencontra un beau jeune homme."

     

    Raconte-moi

     

    "Ah, tu vois, j'avais raison: elle se trouve un amoureux!"

    "Mais vas-tu te taire, à la fin!"

    La vieille dame se met à rire.

    "C'est moi qui raconte..."

    L'enfant sourit sous barbe et ses grands yeux se font rieurs.

    "Un jour, disais-je, elle rencontra par hasard un beau jeune homme.  Il se nommait Alexander.  Il était issu d'une des plus riches familles de la ville.  Il semblait à ce point perdu qu'Aéria ne put s'empêcher de s’approcher de lui, sans malice, cette fois."

     

    Raconte-moi

     

    "Son cœur de fée avait été touchée par l'enfant perdu qu'elle pressentait en cette âme triste et solitaire.

    Il ne fallut pas patienter trois minutes que déjà les confidences du jeune homme persuadèrent Aéria qu'elle avait vu juste.

    Écrasé sous le poids des attentes de sa famille, Alexander errait sur les chemins de la vie qui se présentaient à lui sans savoir lequel emprunter, lequel était le bon, pour lui et pour les siens."

     

    Raconte-moi

     

    "Aéria n'hésita pas une seconde.  Ce dont avait besoin ce jeune homme était d'un havre de paix, un oasis pour se ressourcer.  Elle lui proposa donc de venir vivre chez elle.  Oh!  Chez elle, ce n'était pas un palace mais chez elle, il y avait des rires d'enfants, des chuchotements et la nature à portée d'oreilles.  Elle était persuadée qu'avec une petite aide de sa part, ce grand gaillard apprendrait à écouter l'enfant en lui qui ne demandait qu'à s'exprimer.

    Alexander accepta, charmé probablement à l'idée d'échapper quelque temps à sa famille.

    Sans perdre de temps, Aéria fit grimper Alexander dans son van afin de lui faire visiter les lieux."

     

    Raconte-moi

     

    "Le soir-même, il emménageait dans la petite chambre, à l'étage, libre depuis toujours puisque depuis toujours, Aéria dormait dans sa maison de fée, au milieu de ses plantes adorées."

     

    Raconte-moi

     

    "Et le soir-même ou le lendemain, les rumeurs à l'encontre de la petite fée qui s'étaient estompées reprirent de plus belle à travers toute la ville.  Cette fois, les mauvaises langues ajoutaient que selon toute vraisemblance, Aéria voulait s'approprier les richesses de la famille d'Alexander."

     

    Raconte-moi

     

    "Aéria en l'espace de quelques heures était redevenue cette petite fée malveillante, prétentieuse, imbue d'elle-même et on la couronnait d'être vénale en sus.

    Les dents grinçaient dans les chaumières et les parents désireux de marier leur fille à ce jeune homme fortuné relayèrent plus sournoisement encore les propos les plus abjects au sujet d'Aéria.

    Si Aéria en souffrit, elle ne le montra pas, toute investie qu'elle était dans la mission qu'elle s'était assignée : Sauver Alexander de la langueur qui s'était emparée de lui et briser la cage dorée qui le retenait prisonnier des autres."

     

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    "Au fil du temps, la complicité entre Aeria et Alexander naquit et grandit.  Ils devinrent amis et même amis proches."

     

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     "Aéria se surprit à se réjouir de se retrouver un moment seule à seul avec son ami et à attendre cet instant avec impatience.

    Alexander faisait rire Aéria, il la faisait rêver même.  Elle se demanda un instant si les rôles n'étaient pas inversés, si lui, n'était pas né que pour elle, s'il n'était pas son alter ego humain."  

     

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    "Lorsqu'elle était près de lui, son cœur battait doucement, elle se sentait en sécurité, libre, heureuse, sereine, épanouie et ses étreintes résonnaient en elle comme autant d'éternités de bonheur."

     

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    La petite fille sourit aux anges.

    "Aéria tombait amoureuse d'Alexander..."

     

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    La vieille dame acquiesce.

    "J'en ai bien peur, en effet."

    L'enfant fronce les sourcils.

    "Un soir, émue aux larmes, alors que son ami, Alexander, lui racontait les étoiles, les galaxies, la vie au-delà de notre univers, Aéria se mit à trembler."

     

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     "Sa main se posa sans y prendre garde sur la main du jeune homme et l'évidence la saisit."

     

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    "Ce n'était pas seulement l'âme d'enfant perdu d'Alexander qui la séduisait mais lui tout entier.  Il ne lui était pas devenu indispensable mais si précieux que tout à coup, elle se mit à craindre le jour où il la quitterait pour retourner dans son monde.

    La petite fée qui jamais n'avait redouté le temps qui passe, de par sa nature d'être quasi immortel, se mit à compter les secondes qui passaient et la rapprochaient, c'était sûr, du départ de cet ami providentiel qu'elle aimait tellement et dont la présence la ravissait plus jour après jour.

    Son cœur ratait des battements dès que le portable d'Alexander sonnait: une amie, sa famille..."

     

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     "Tous ces appels lui rappelaient à quel point, leur avenir et leur relation étaient fragiles, ne tenaient qu'à un fil.  A tout instant, le jeune homme pouvait décider de repartir, de convoler avec l'une de ses innombrables prétendantes ou simplement rentrer au bercail.

    Aéria, amoureuse de la vie et de la liberté, se surprenait à des pulsions d'enfermement à l'encontre son ami.  Ne serait-il pas mieux qu'elle l'emprisonnât à tout jamais dans son royaume? Ne fallait-il pas qu'elle le garde pour toujours rien que pour elle?"

     

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    "Elle n'avait nulle compétence en amitié ou en amour.  Son don se résumait à tout ce qui poussait: enfants et plantes.

    Elle tremblait d'être si maladroite qu'au final elle perdrait Alexander, non à cause d'une autre mais juste et uniquement à cause d'elle et de son incompétence."

     

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    L'enfant se tortilla.

    "Mais Alexander, lui, est-ce qu'il présentait les signes avant-coureurs de la maladie d'amour, Mamy?

    Aéria ne pouvait-elle au moins deviner s'il l'aimait?  Elle aurait dû lui en parler..."

    La vieille dame hausse les épaules.

     

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    "Aéria n'avait jamais aimé, elle avait très peur de perdre Alexander, tu comprends?  Si elle lui disait qu'elle l'aimait alors qu'il ne partageait pas ses sentiments, elle avait peur qu'il ne s'enfuie aussitôt.  Sans compter toutes les rumeurs qui couraient au sujet d'Aéria et qu'Alexander ne pouvait pas ignorer.

    Un soir, alors qu'elle rêvait dans son jardin, Alexander est venu la rejoindre."

     

    Raconte-moi

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     "Il lui dit en se tortillant les mains.

    - Aéria, je voudrais te demander quelque chose.

    Le cœur de la petite fée se mit à battre la chamade, tu penses bien...  

         - Bien sûr, Alexander, tu peux tout me demander, lui répondit la petite fée dans un souffle.

    - M'accorderais-tu cette danse?

    Aéria ne se fit pas prier, prête à saisir toutes les chances qui s'offraient à elle de se glisser dans les bras du jeune homme."

     

    Raconte-moi

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    "Aéria avait l'impression qu'à tout instant, elle allait fondre de bonheur.  Etre dans ses bras était une telle évidence qu'il ne pouvait en être autrement.  Elle devait oser lui dire à quel point il comptait pour elle.  Oserait-elle enfin mettre des mots sur ce qui faisait battre son cœur, lui vrillait la poitrine, la faisait trembler des pieds à la tête?

    -Alexander,... commença-t-elle mais déjà il l'interrompait."

     

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    - Aéria, mes parents m'offrent un voyage en Chine pour soi-disant me permettre de réfléchir à mon avenir.  Je veux que tu viennes avec moi.

     

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     "La Chine!  Avec Alexander!  Comment Aéria pouvait-elle refuser?  Et peu importaient les ragots et les rumeurs...  Oh oui, elle l'accompagnerait, elle en avait tellement envie!  Etre seule, avec lui, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pendant trois jours... Qui aurait pu refuser ça, n'est-ce pas?

    Aéria accepta donc dans un éclat de rire.  

    Alexander rit lui aussi et lança: 

    -  Nous partons demain à l'aube, file te reposer pour être en forme! 

    Elle aurait voulu lui obéir mais  elle ne parvenait pas à dormir, trop excitée à l'idée de ce voyage.  Qui d'autre qu'Alexander pouvait l'apaiser?  Personne!  Alors elle trouva le sommeil là où il se trouvait.  Et pour la première fois depuis qu'Aéria était fée, elle abandonna ses chères plantes et elle s'endormit dans un lit, auprès de celui qu'elle aimait."

     

    Raconte-moi

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    La petite fille s'écria:

    "La Chine?!!!  Ah oui, quand même!  Quelle chance!"

    La grand-mère rit.

     

    Raconte-moi

     

    "Ah oui, quelle chance!  Et Aéria n'arrêta pas d'en remercier son bienfaiteur depuis le réveil jusqu'à l'arrivée en Chine et bien au-delà, d'ailleurs."

     

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     "Les paysages étaient à couper le souffle.  Aéria pouvait à peine croire qu'une telle beauté puisse exister sur terre.  Elle était aux anges!  Et comble du plaisir, c'était l'homme auquel elle tenait le plus au monde qui partageait son bonheur, à ses côtés."

     

    Raconte-moi

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    "Ils décidèrent d'aller déjeuner dans un petit restaurant local et là, Alexander confia à Aéria qu'il avait décidé de sortir de ses tiroirs les manuscrits qu'il avait écrits depuis son emménagement chez elle et de se chercher un éditeur.  Il voulait vivre de la passion qu'il avait toujours eue et qu'il s'était refusé parce que ce n'était pas digne de lui, d'après ce que lui disait sa famille."

     

    Raconte-moi 

     

    "Il s'écria:

    - Qu'elles aillent au diable, les convenances.  Il est temps que je brise mes chaines, Aéria!

    Aéria se retint d'applaudir des deux mains en hurlant un "yyyeaaah" explosif. Elle se contenta d'un sourire.

    Il ajouta qu'il était vraiment heureux de partager cette aventure avec elle.  Il lui confia qu'elle était et serait à tout jamais bien plus que sa meilleure amie mais aussi son ange gardien, son inspiration, sa muse.

    Au fur et à mesure qu'il parlait, le cœur d'Aéria se serrait.  Elle aurait dû exulter, se sentir importante au lieu de quoi, elle défaillait, restait comme statufiée aux côtés de cet homme qu'elle aimait d'amour et qui lui, lui faisait des promesses d'amitié et de reconnaissance infinies."

     

    Raconte-moi 

     

     "Son regard la brûlait et elle frissonnait d'effroi.  Il conclut par un enjoué :

    -  Alors, dis-moi, où veux-tu que nous allions d'abord?

    Aéria s'éclaircit la voix et répondit un peu tremblante:

    - J'ai rencontré une petite fille qui m'a conseillée d'aller aux gorges chaudes, cela nous relaxera après ce long voyage."

     

    Raconte-moi 

     

     - Et bien, c'est parti!  s'écria-t-il en se levant.

    C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent, flemmardant au soleil de la Chine, dans un décor luxuriant."

     

    Raconte-moi 

     

    "  -  Tu es bien sérieuse, Aéria!  Une attaque de chatouilles te dériderait sans aucun doute!

    Et aussi vite qu'il s'était levé, il se jeta sur elle pour une attaque en bonne et due forme de chatouillis en tous genres, riant à gorge déployée."

     

    Raconte-moi

     

     "Aéria mit fin à l'attaque en attrapant les mains d'Alexander.  Les yeux de celui-ci se firent plus doux mais incertains.  Il sembla chercher ses mots."

     

    Raconte-moi

     

    "  Tout simplement, il déclara:

    - Aéria, je suis si heureux que tu sois ici avec moi.  Ta présence enchante ma vie."

     

    Raconte-moi

     

     "Il se pencha doucement vers elle et chuchota:

    -  Dis-moi les mots que je brûle d'entendre, Aéria.  Je t'en prie..."

     

    Raconte-moi 

     

    "Elle hésita un long moment, puis se pencha doucement à son oreille et chuchota:

    -  Je t'aime, Alexander."

     

    Raconte-moi

     

    "Il se pencha à son tour et murmura:

    -  Je t'aime aussi, Aéria, du plus profond de mon coeur, infiniment, follement, depuis toujours, depuis que ton regard a croisé le mien dans le parc.  Je t'aime, tellement!  Cela fait des semaines que j'attends que tu m'aimes, toi aussi."

     

    Raconte-moi

     

     "Le regard du jeune homme dévora la surprise de sa bien-aimée, prolongea le moment, l'attente, ensuite, il se pencha doucement vers elle."

     

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    "Alexander embrassa la petite fée et à peine ses lèvres touchaient les siennes qu'Aéria oublia l'univers tout entier."

     

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    "Aéria se donna dans ce baiser, y mit toute sa peur d'hier, ses espoirs de demain ainsi que ses promesses d'amour éternel.  Alexander la serra plus fort, sentant la petite fée sur le point de défaillir.  Lui-même perdait pied, voltigeait en proie au plus furieux vertige de l'amour qu'il n'ait jamais ressenti dans les bras d'aucune autre femme."

     

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     "Cette nuit-là, ils dormirent pelotonnés l'un contre l'autre  L'union de leurs corps avait scellé l'union de leurs cœurs.  Ils étaient à tout jamais unis, du moins le voulaient-ils sincèrement, éperdument épris l'un de l'autre, prêts à affronter ensemble toutes les difficultés de la vie." 

     

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     "Et leur merveilleux voyage se déroula comme cette nuit formidable d'amour et de passion qu'ils avaient passée ensemble."

     

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    "Ainsi se termina le voyage d'Aéria et Alexander, main dans la main, les yeux tournés vers leur avenir qu'ils n'envisageait qu'heureux et ensemble.  Ils étaient partis amis, ils revenaient amoureux fous l'un de l'autre."

     

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     "Le retour à la maison se passa formidablement bien.  Aéria vivait un rêve éveillé.  Elle avait l'impression de voler alors même que ses pieds ne quittaient pas le sol.  Jamais, elle n'avait été aussi heureuse."

     

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     "Aéria retrouva le plaisir de prendre soin des bambins de sa garderie." 

     

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    "Elle retrouva également le bonheur de s'occuper de ses chères plantes." 

     

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    "Et le soir, elle retrouvait Alexander.  Serrés l'un contre l'autre, ils inventaient le monde comme seuls savent le faire les amoureux."

     

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    "Alexander, lui, trouva immédiatement une maison d'édition. Son premier livre fut mis sous presse en moins d'une semaine.

    C'est avec frénésie qu'Alexander écrivait.  Il avait tant d'histoires à conter, tant de mots à partager."

     

    Raconte-moi 

     

    Et de temps à autre, en soulevant l'un des bambins en garde chez Aéria, il se surprenait à vouloir devenir père.

     

    Raconte-moi

     

    "Rapidement, le premier roman d'Alexander devint un best-seller.  Et presque du jour au lendemain, sa notoriété s'accrut de telle façon que toute la presse se mit en quête d'images, d'interview de l'écrivain prodige." 

     

    Raconte-moi 

     

     "Alexander était devenu plus que le fils de riches à marier mais un illustre auteur reconnu et porté aux nues par les critiques, les lecteurs et les journalistes. Même sa famille avait repris contact avec lui et lui avait présenté ses plus plates excuses quant à leur attitude d'antan à son égard.

    Le bonheur d'Alexander n'était pourtant pas total à ce sujet car sa compagne ne semblait pas touchée par ses mots; lui qui écrivait pour elle, pour voir pétiller ses yeux d'admiration, il ne la voyait jamais ouvrir un de ses livres.  

    Il avait besoin qu'elle soit fière de lui. Apparemment, ce n'était pas le cas et il en était blessé."

     

    Raconte-moi

     

    Plutôt qu'en garder rancœur, il décida d'en parler un soir à son aimée.  Les yeux de celle-ci se firent émus et désolés.  Elle lui assura qu'elle lirait très vite ses livres et que bien sûr - comment pouvait-il en douter? - elle l'admirait énormément pour son travail.

     

    Raconte-moi

     

     "Mais cette nuit-là, un vide au creux de la poitrine l'éveilla.  Aéria ne partageait pas sa couche, elle avait quitté le lit et avait gagné sa petite maison de fée, auprès de ses fleurs adorées."

     

    Raconte-moi

    Raconte-moi 

     

     "Alexander était blessé bien sûr, on peut le comprendre.  

    Il était blessé parce qu'Aéria n'était pas sensible à ses romans.

    En même temps, jamais Aéria ne lui avait reproché de ne jamais mettre les mains en terre et de ne jamais s'enthousiasmer pour ce qu'elle parvenait à cultiver.

    Il était blessé parce qu'il avait l'impression que si elle l'abandonnait à présent la nuit, c'était contre lui.  Alors qu'il n'en était rien, tu l'imagines bien."

    La vieille dame soupira.

     

    Raconte-moi 

     

     "Aéria portait en elle un plus lourd chagrin.

    Les rumeurs à son sujet allaient bon train et étaient relayées par la presse qui la présentait comme un être malveillant et capable d'anéantir toute volonté humaine par la force de sa magie."

      

    Raconte-moi

    Raconte-moi

     

    "La presse n'écrivait que ce que les gens voulaient lire.  Les braves gens retirèrent leur progéniture de la garderie et d'autres plus braves encore envoyèrent des lettres de menace à Aéria.  

     

    Raconte-moi

     

    Aéria était à bout, elle ne pensait pas qu'elle puisse se sentir plus mal.  Hélas, elle se trompait.

    Alors qu'Alexander rentrait d'un rendez-vous avec son éditeur, Aéria s'approcha de lui, lui demandant son aide.  Peut-être pourrait-il avec sa renommée intervenir pour elle?  Tenter de dire la vérité à son sujet?  Sa plume, un article de lui, un plaidoyer en faveur de sa compagne, en première page d'un quotidien pourrait faire changer la vision que les autres avaient d'elle?" 

     

    Raconte-moi 

     

    "Il refusa et lui dit que le problème venait peut-être d'elle, qu'elle devrait éviter d'utiliser sa magie en public, éviter de jouer des farces aux gens." 

     

    Raconte-moi

     

    "Aéria gémit comme un animal blessé.

    -  Alexander, je ne fais pas de mal aux gens.  Pourquoi devrais-je, moi, changer alors qu'eux ne me voient pas telle que je suis et me font du mal?  Cela n'a pas de sens, voyons. Je ne peux pas changer qui je ne suis pas.

    -  Aéria, ne fais pas l'enfant.  Les gens finiront par se lasser si tu ne leur donnes pas de quoi se nourrir."

     

    Raconte-moi 

     

    "Et il ajouta avant d'aller se réinstaller à son ordinateur:

    -  Tu n'es pas la seule à souffrir de la situation, Aéria.  Tes petites blagues nuisent aussi à mon image.  Cesse de te regarder le nombril et lis... pour une fois, lis! Si ce ne sont pas mes ouvrages que tu ouvres, ouvre au moins le journal: Tu y apprendras qu'apparemment, tout ce que l'on me reproche, c'est toi, ma compagne, ton comportement et tes farces.

    Fais profil bas, je t'en prie.  Mon prochain bouquin va bientôt sortir en librairie et je ne voudrais pas que ta réputation empêche les gens de le lire."

     

    Raconte-moi

     

    "Aéria se cacha pour pleurer, pleurer toutes les larmes de son corps endolori.

    Sa vie virait au cauchemar.

    Twinbrook la rejetait plus violemment encore et elle n'avait plus les armes pour se défendre.  L'amour lui avait volé son armure.  Elle était démunie."

     

    Raconte-moi 

     

     "Aéria voulut croire l'homme qu'elle aimait.  Elle respecta à la lettre ce qu'il lui demandait.

    Cependant, ni les bambins ni les enfants ne revinrent à sa garderie.

    Et pire, une nouvelle rumeur naquit : On raconta que les fruits et légumes d'Aéria étaient empoisonnés, que plusieurs cas de coliques avaient été recensés suite à l'ingestion de ses produits. 

    Il n'y a pas de fumée sans feu, disaient les uns et les autres.  Aéria ne parvenaient plus à vendre sa récolte.  Plus personne n'en voulait.

    Et bien sûr, les courriers d'insultes et de menaces continuaient sans relâche à encombrer la boite aux lettres de la petite fée." 

     

    Raconte-moi 

     

     "Aéria était à bout de forces, alors désespérément, elle cherchait sans cesse et encore, dès qu'il lui était possible,  les baisers d'Alexander, elle suppliait les lèvres de son amant de lui offrir l'oubli, l'oubli des autres, l'oubli de l'univers, cet oubli qui l'avait saisie ailleurs, dans un autre monde, il y avait si longtemps, lui semblait-il." 

     

    Raconte-moi 

     

     "Alexander répondait à ses baisers, il aimait tellement Aéria.  Il ne mesurait pas l'ampleur de la bataille que le cœur de sa belle livrait.

    Il était tellement pris par le folklore des séances de dédicaces, des "fans" qui se pressaient pour lui serrer la main dans la rue, des journalistes qui ne cessaient de l'appeler que ses yeux ne voyaient pas l'évidence.  Aéria souffrait le martyre et ne parvenait plus à lui parler.  Seul son corps pouvait encore lui dire son désespoir et il prenait ce désespoir pour de la passion."

     

    Raconte-moi

     

     La fillette se tortilla sur son siège.

    "Mais enfin, Mamy, pourquoi les gens étaient-ils si méchants avec Aéria?"

    La vieille dame observa un long moment sa petite-fille. 

     

    Raconte-moi 

     

    "Les gens étaient méchants avec Aéria parce qu'elle était une fée, qu'ils étaient jaloux, qu'elle ne leur ressemblait pas.  Les gens aiment se projeter sur leur propre image.

    C'est aussi à cette conclusion qu'en vint Alexander.

    Il offrit à Aéria, à l'occasion d'une représentation à laquelle ils étaient conviés quelques jours plus tard, une magnifique robe, comme les autres femmes en portaient, faite de riches tissus.  Il lui expliqua ce que je t'explique, il s'agissait aussi de redorer l'image qu'elle donnait d'elle et il lui conseilla de relever ses cheveux, de prendre un style plus distingué qui conviendrait mieux au monde."

     

    Raconte-moi

     

     

    "Il était évident qu'Alexander agissait ainsi également dans le but de se parer d'un joli bijou, plus acceptable.

    Pour lui et juste pour lui, parce qu'elle l'aimait et non parce qu'elle croyait en ce subterfuge, Aéria passa donc la robe et s'observa un long moment dans le miroir."

     

    Raconte-moi

     

    "Elle alla ainsi le rejoindre malgré tout le dégoût qu'elle ressentait pour elle.  Les yeux du jeune homme pétillaient.

    -  Tu es magnifique, s'exclama Alexander en lui tenant les mains."

     

    Raconte-moi

     

     

    "Il s'enthousiasma:

    -  J'ai une super surprise pour toi, Aéria.  Vu tout l'argent que me rapportent mes livres, il est temps que nous ayons une maison à notre image, j'ai trouvé une magnifique villa pour toi et moi; je voudrais t'emmener tout de suite la visiter.

    Il y a trois chambres, fit-il, avec un ton et un sourire taquins, un grand jardin, un magnifique salon et une véranda à tomber par terre.  Tu vas adorer.

    Je te ferai construire une serre pour tes plantes:  Ce sera beaucoup plus pratique et cela m'évitera de me retrouver les pieds dans la terre en sortant de table.

    Aéria eut un mouvement de recul, se sentant à l'agonie.

     

    Raconte-moi

     

     

    "-  Et ma garderie?

    C'était un son rauque qui aurait dû alerter Alexander mais il n'y prit pas garde, exalté comme il l'était par son nouveau projet.

    -  Tu n'as plus besoin de travailler, Aéria, avec tout l'argent que je gagne et que j'ai déjà...  Sans compter, ajouta-t-il, que plus personne ne vient à ta garderie."

     

    Raconte-moi

     

     "Aéria fixa un long moment son amant, tentant de contenir sa colère mais soudain le barrage se brisa et les mots qu'elle retenait prisonniers depuis des semaines s'écoulèrent, lave brûlante, ils se répandirent et asséchèrent son cœur purulent de souffrances.

    -  Je vois ce que tu veux faire de moi, Alexander, ce que vous voulez tous faire de moi: une châtelaine parée d'or dans un palais brillant, une femme bien sous tout rapport ayant de bonnes manières se pliant aux exigences de la cité, un être éteint, emprisonné par des chaînes, une esclave des convenances et des bien-pensants de cette ville.  Je dois faire profil bas, me fondre dans le paysage, renoncer à qui je suis.  

    Vas-tu également me demander de briser mes ailes, Alexander?

    Alexander s'étrangla et doucement l'approcha, comme au travers un brouillard."

     

    Raconte-moi 

     

    "-  Alexander, je suis une fée.  J'aime m'amuser, j'aime rire, faire des farces.  Je suis capable de magie, je suis capable de partager mon aura, je vis par mes plantes, leur sève est mon sang.

    Je ne suis pas celle que tu voudrais que je sois.  Je ne le serai jamais.

    Je m'éteins à tes côtés, Alexander.  Je ne peux plus vivre ici, je me meurs ici."

     

    Raconte-moi 

     

     "Alexander s'angoissa, il se sentit happé par un vide total en lui, un tourbillon de douleurs que rien ne pourrait calmer, il en était certain.

    -  Je t'en supplie, Aéria, ne me quitte pas.  Tu ne peux pas me quitter, tu m'aimes, je le sais.  Et je t'aime tellement que j'en mourrais si tu pars.  Je te promets de changer.  Va enlever cette robe, redeviens la petite fée que tu es, je te promets de te protéger et de te défendre face au monde entier.  Plus personne ne te fera du mal... 

    Sa voix s'étrangla:

    -  Je ne te ferai plus de mal, Aéria, je te demande pardon, Aéria. Je ne voulais pas te faire souffrir... Oh!  Mon amour, pardonne-moi! Si tu veux partir, alors partons ensemble.  Accorde-moi une deuxième chance, je t'en prie."

     

    Raconte-moi 

     

     "Aéria secoua la tête.

    -  Il n'y aura pas de seconde de chance, Alexander.  C'est terminé, ils ont raison, nous ne sommes pas faits pour vivre ensemble, ni ici, ni ailleurs.  Celle que tu cherches en moi existe déjà, tu la trouveras, tu la connais peut-être déjà.  Ce n'est pas moi.

    Ta vie est si courte, Alexander, pour la gâcher en deuxième ou troisième chances.

    Nous nous aimons, je t'aime, tu m'aimes mais ça ne suffit pas."

     

    Raconte-moi 

     

    "Elle ajouta encore:

    -  Cela ne suffit pas, Alexander.  Tu trouveras la personne qui t'aimera non seulement pour toi mais pour tes livres, tes mots, ta sensibilité.  Je la vois déjà qui te ressemblera, qui te donnera des enfants magnifiques, que tu aimeras, qui parviendra à te faire sourire en te parlant de moi et te convaincra que notre histoire qui nous fait souffrir aujourd'hui est une bénédiction, un vrai conte de fée. 

    - Je ne veux personne d'autre que toi, Aéria.

    Les yeux d'Aéria se remplirent de larmes."

     

    Raconte-moi

     

    "-  Je t'en prie, Alexander, ne me demande plus de t'aimer au-delà de moi.

    Il caressa doucement son visage, tremblant, ayant l'impression d'avoir été téléporté dans une autre dimension, totalement désolée, dévastée."

     

    Raconte-moi

     

     

    "Alexander tremblait de tout son corps, il ne pouvait croire ce qu'il avait entendu.  Ce n'était juste pas possible: Aéria et lui, c'était pour toujours. C'était ainsi, c'était écrit.

    Il dit :

    - Ne pleure pas, mon amour.  Ensemble, Aéria, nous trouverons une solution.

    Il se pencha et l'embrassa avec tout la force de son désespoir, en proie à une passion sauvage qui jamais ne l'avait saisi."

     

    Raconte-moi 

     

    "Et dans un souffle encore :

    -  Ne me quitte pas, mon amour.

    Elle l'embrassa, captura entre ses lèvres cette prière avec la même énergie du désespoir et la même passion dévorante que celle de son aimé." 

     

    Raconte-moi 

     

    "Cette nuit-là, ils s'aimèrent plus doucement, plus tendrement, puis plus passionnément et plus fort que jamais."

     

    Raconte-moi 

     

    "Après l'amour, Aéria regarda son compagnon s'endormir, elle le dévora des yeux, imprima avec le force du désespoir l'image de cet homme qu'elle aimait plus que tout."

     

    Raconte-moi

     

    "Ensuite, sans bruit, sur la pointe de pieds, elle quitta la maison, la ville, Twinbrook et elle disparut.  

    Plus personne n'entendit parler d'elle, tout le monde préféra l'oublier et oublier la désespérance dans laquelle tous l'avaient plongée et dont le reflet à tout jamais brilla dans les yeux et les écrits d'Alexander." 

     
    Raconte-moi


    -  Elle est nulle, ton histoire, Mamy! s'écrie la petite fille.

     

    Un conte de fée 

     

    La vieille dame fait la moue.

    - Moi, je la trouve très belle, cette histoire...  un véritable conte de fée, pas de ceux que l'on trouve dans les livres d'enfant évidemment, mais un vrai conte de fée!

    -Il n'y a vraiment que toi pour trouver que cette histoire cruelle et minable est un conte de fée.

     

    Raconte-moi

     

    Soudain, les yeux de l'enfant s'agrandissent, se font ronds comme des billes, elle comprend et s'exclame:

    -  Mamy!!!  Papy Alex, c'était l'Alexander de la petite fée, c'est ça?!

    La vieille dame sourit puis pose doucement la main sur son cœur qui s'emballe rien qu'à l'idée de son regretté mari qu'elle aimait tant, qui l'avait tant aimée, si bien aimée, tant aimée, merveilleusement aimée... après Aéria, c'était vrai!... Grâce à Aéria, faut-il ajouter, cette petite fée, si malicieuse et si amoureuse de la vie dont le rire aurait pu enchanter Twinbrook une éternité durant, ou presque, mais que Twinbrook rejeta. 

     

    Raconte-moi 

     

    La petite fille n'en revient pas:

    "Et bien dis donc, sacré papy, mon papy!  Une histoire d'amour avec une fée... et bien quand même!!  Quel coquin, celui-là!"

    La vieille dame pose un œil taquin sur sa petite-fille et toutes les deux se mettent à rire de bon cœur.

     

     

    Fin

     

     

     

     

      

     

     

     

     

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  • Commentaires

    7
    Dimanche 24 Août 2014 à 19:40

    cette histoire m'a tellement touchée que j'en avais les larmes aux yeux à la fin de cette histoire,ça ma ému de voir les aventures de la belle Aéria qui malheureusement se terminent mal,et pauvre alexander même si c'est de sa faute... sur ce je te laisse je dois aller lire tes prochaines histoires

    6
    Dimanche 11 Mai 2014 à 17:48

    Très joli conte de fée, merveilleusement illustré. J'aime beaucoup l'idée de ce conte. Merci de le partager avec nous, et bravo pour avoir été histoire du mois sur Sims artist: c'était bien mérité!

    5
    legsims3
    Mardi 22 Avril 2014 à 16:20
    Magnifique et très touchant bravo ♥
    4
    Mardi 8 Avril 2014 à 20:07

    Une magnifique histoire. Une merveilleuse idée de faire d'Alexander le papy. Je me suis jetée sur ta nouvelle, et je n'ai qu'un regret : qu'elle soit déjà finie... Merci encore pour nous faire profiter de ton don indéniable pour raconter des histoires.

    3
    Mardi 8 Avril 2014 à 19:21

    Les belles histoires ne se terminent pas toujours bien, en voici la preuve... En revanche, ce qui ne se dément pas c'est ton talent de conteuse ! Bravo et merci pour ce beau récit.

    Elle me rappelle une autre simette cette jolie petite fée...

     

    2
    Mardi 8 Avril 2014 à 17:33

    Merci, angie!  Je la regrette déjà ma petite fée, en fait. :)

    1
    Mardi 8 Avril 2014 à 16:06

    C'est-une belle histoire courte j'adore les fées ;) , très bien écrit comme toujours bravo.

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