• XXV. Dana accuse

    Même le lilas blanc a une ombre

    XXV.  Dana accuse

     

     Après avoir confié Diane à la maman de Camille, Dana, rassurée de savoir la petite en sécurité, a poussé sa marche jusque chez les Hol.  

     

    Sans hésiter, elle a frappé à la porte ...

     

    .....et l'épouse de Walter, Carine, a ouvert la porte.  Si elle est surprise de découvrir la femme du coéquipier de son mari sur le pas de sa porte, elle n'en laisse rien paraître et doucement, elle s'efface pour la laisser passer.

     

              "Quel plaisir, Dana, de vous voir.  Voulez-vous un cappuccino?"

     

               Dana décline l'invitation et voit Carine se servir tranquillement.

     

                  "Vous vouliez voir Walter?"

                  "Oui, mais..."

                  "Il ne va pas tarder.  Il vient de m'appeler pour me prévenir qu'il passerait prendre une douche après avoir déposé votre mari chez vous.  Eric aime bien rentrer à l'heure à ce que l'on m'a dit."

     

                  Le ton de Carine est sans reproche. Dana frissonne: que va penser Eric en découvrant que contrairement à l'habitude et sans le prévenir, elle n'est pas à la maison à son retour?

                   Carine continue:

                    "Walter, lui, il a toujours du mal à se défaire des affaires en cours.  Je suis certaine qu'il va repartir presque sitôt arrivé."

     

                    Elle rit doucement et Dana sent son cœur se serrer.  Une petite pointe de jalousie le pique tant l'inflexion de voix de Carine est amour même quand elle se plaint de l'absence de son époux.  Carine tend un doigt en l'air et quelques secondes avant que son mari ne pousse la porte, elle s'écrie:

                    "Le voici!"

     

               Walter entre et, immédiatement, Carine se coule dans ses bras, s'en sépare presque aussitôt à regret.

     

                     "Dana est ici", dit Carine, sur un ton tout doux.

     

                      Walter la voit, oui.

                      "Dana, bonjour."

                      "Dana voulait te parler... Je vais vous laisser."

               A regret, Walter embrasse encore son épouse et la regarde  sortir de la pièce.

     

     Il la retiendrait volontiers mais la présence de Dana l'en empêche.

     

                       Sans hâte, il s'assied et attend.

                       "Walter, pardon de venir chez vous ainsi mais..."

     

                       Dana se racle la gorge.  

                    "Cette conversation est confidentielle.  Je veux juste votre avis.  Est-ce que je peux compter sur votre discrétion, Walter?"

                        Walter, toujours honnête et franc, répond sans même réfléchir:

                        "Tout dépend de ce que vous allez me dire, Dana."                     

                          Il sourit doucement, avenant, avec compassion et empathie.

     

                        Dana inspire profondément.  Elle se rend compte de ce qu'elle est sur le point de confier à Walter : accuser son beau-fils de maltraitance sur sa sœur.  Mais a-t-elle le choix, Dana?  Bien sûr.  Elle pourrait faire demi tour, rentrer chez elle, oublier tout ça.  Mais.  Mais le malaise de sa fille ressenti ce matin  même ne la quitte pas, les mots du carnet tournent et tournent sans fin dans sa petite tête depuis qu'elle les a lus.  Les bleus qu'elle a découverts sur les bras de Diane sont à son souvenir comme si elle avait elle-même reçu ces coups.  Et le récit que lui a fait Diane de la nuit dernière la torture plus sûrement que n'importe quel cauchemar.

     

                           Finalement, les premiers mots prononcés sont les plus difficiles.  Les phrases de Dana coulent, semblent ne jamais vouloir s'arrêter.  Elle détaille les premiers signes, ses découvertes, la boîte où Louis garde les souvenirs de sa mère, l'ours en peluche, les sept flacons de parfum, le foulard, les trois colliers, les deux bracelets, les photos jaunies et le journal, l'horreur, enfin, qu'elle a ressenti...  Tout y passe et aucune oreille n'est plus attentive que celles de Walter qui penché vers elle l'écoute avec attention, l'interrompant parfois mais jamais à mauvais escient ou pour la faire taire.

     

                           Lorsque le silence, enfin, se fait, les battements du cœur de Dana frappent si violemment que leur écho résonne en elle comme un glas.  Elle attend les railleries ou l'impatience de Walter; mais celui-ci reste coi.  Il finit par hocher la tête.

                         "Tout d'abord, Dana, cela me semble évident: il faut faire constater les traces de coups que porte votre petite fille..."

     

                             Dana se met instantanément à paniquer.

                             "Je ne peux pas faire ça.  Je ..."

                        Sa voix se brise et toute la force qui était la sienne semble s'effriter, passer un barrage que la colère retenait jusqu'ici.  Dana s'effondre dans le canapé, tout son corps est pris de tremblements.

                             "Et si on ne la croit pas... et Eric... oh non, je ne peux pas faire ça."

     

                          Walter ne dit rien.  Combien de mères, de pères a-t-il eu devant lui, lui tenant le même discours, en larmes, découvrant avec horreur ce qu'était réellement leur foyer?  la violence qui s'y cachait, la solitude aussi?

     

                           C'est le moment que choisit Carine pour revenir dans la pièce.  Ombre bienveillante, ses mains se posent sur les bras tremblants de Dana, qu'elle voudrait consoler et avec immensément de tendresse, elle serre contre elle le corps tremblant et frissonnant de Dana qui ne parvient plus à respirer et hoquette comme un moribond.

     

                      Le temps s'étire, le silence arrive plus doux, Dana respire à nouveau, Carine peut s'éloigner d'elle sans risquer qu'elle ne s'écroule à même le sol.  Quels seront les prochains mots que Dana parviendra à prononcer?  Nous ne le saurons jamais car le portable de Walter se met vibrer. Délicatement, il se détourne.  C'est Eric Van Laer qui l'appelle.  La voix de son collègue est hystérique, les mots se mélangent, crient puis susurrent.  Walter comprend qu'un nouveau message du corbeau a été envoyé sur les messageries des abonnés à la newsletter de la gazette, que celui-ci concerne, cette fois, son fils, Louis, que Dana n'est pas là, Diane non plus, que ni Dana ni Louis ne répondent à ses appels et qu'il est complètement paniqué, Eric.  Walter respire profondément et d'un ton qu'il espère le plus jovial et rassurant possible s'adresse à son collègue:

                        "Envoie-moi le mail du corbeau d'abord.  Ensuite appelle le portable de Dana.  Elle est chez moi.  Je lui dis de répondre.  Ensuite, ne bouge pas, je prends une douche et je te ramène Dana.  A tout de suite."

     

                          Sans rien ajouter, il coupe la communication et à l'adresse de Dana qui est déjà en train de rallumer son portable qu'elle avait éteint en vue de la discussion avec Walter:

                      "Ne lui parlez pas de tout ça par téléphone.  Nous lui expliquerons de vive voix."

                      Puis Walter attend.  Quelques secondes plus tard, l'alerte mail résonne sur le portable de Walter.  Eric lui a bien transféré le mail du corbeau.  Un peu fébrile, Walter se penche sur son portable, en même temps que Dana répond au sien. 

     

     

     

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  • Commentaires

    7
    Lundi 6 Mars à 15:03

    Oh mais que dit ce mail du corbeau ? 

    Eric est un homme aveugle, il ne verra rien de toute façon. 

    J'aime l'amour entre Walter & Carine, ils sont tellement mignon

    6
    sakura5192
    Jeudi 6 Octobre 2016 à 17:28

    Oh làlà...je sens qu'Eric va pas être réceptif...

    Pour leur sécurité, si Dana doit finir par rompre avec Eric, qu'elle le fasse :/ j'ai vraiment peur pour Dana...Elle est la deuxième femme d'Eric, on ne sait pas ce qui est arrivé à la première, si ? (je flippe qu'Eric ait été celui qui a frappé son ex avant Louis...)

    Je me fais des films encore plus flippants que l'histoire, je pense ^^°

    Pitié, la suite Eulaline :3

      • Vendredi 7 Octobre 2016 à 09:45

        Forcément, ça va être compliqué avec Eric.  Je ne vois pas trop comment ça pourrait bien se passer :/ mais je te rassure, Eric n'est pas un homme violent et lorsque sa première épouse est décédée, il était au travail.  Elle était seule avec son fils, Louis.  Eric a découvert son corps en rentrant du boulot.

        Et l'histoire est flippante aussi :o  Merci merci de me suivre, je suis très touchée par tes commentaires ♥♥

    5
    Mercredi 5 Octobre 2016 à 16:29

    Comme je le disais sur Twitter, la maison est à l'image du couple : chaleureuse. Et le cappuccino de Carine va devenir mythique happy. C'est vrai qu'ils sont mignons tous les deux.


    Quelque part, Dana devait bien se douter qu'en parlant à Walter Hol, elle allait bouleverser la vie qu'elle menait, les relations qu'elle avait avec son mari et avec Louis, son beau-fils. Et puis, ce n'est pas comme si elle a vraiment le choix : il en va de la sécurité de sa fille. Et n'est-ce pas le plus important ?


    Je suis curieuse de savoir ce qu'a dit le corbeau. Tu es une coquine : tu arrêtes là où il y a le plus de suspens !he.


    Comme Kilinaë, je m'arme de patience :-)


     

      • Vendredi 7 Octobre 2016 à 09:42

        Bien sûr, Dana savait qu'en se confiant sa vie changerait; de toute façon, en découvrant le carnet et les bleus sur les bras de sa fille, sa vie avait déjà changé.  Mais entre la théorie et la pratique, il y a toujours un monde.  C'est compliqué de rester fier et stoïque dans ces cas-là :)  Et oui, tu as raison, l'important c'était Diane.

        Pour le corbeau, vraiment, j'avais imaginé que ce serait plus "distrayant" de découvrir son message en même temps que Louis.  Je m'en veux un peu du coup :/

        La suite ce sera à ton retour de vacances.  Profite bien! ♥♥

    4
    Mercredi 5 Octobre 2016 à 12:38

    Mais... Mais... Hiiiiiiiiiiiiiii >.<

    C'te suspense quoi !! Ah mais quel courage, quel courage elle a, Dana. Ca risque peut-être de se retourner contre elle, mais quand on s'attaque à sa famille, peu importe les risques, la protection et la justice d'abord. Quant à Walter, il est vraiment patient. Et sa douce femme... Une vraie crème *-*

    Bon, je m'arme de patience, j'vais attendre la suite. Magnifique chapitre, comme toujours wink2

      • Mercredi 5 Octobre 2016 à 13:23

        Dana souffre, là, mais elle n'avait pas le choix, comme tu le dis: la protection de sa fille d'abord et avant tout.  Il y aura un prix à payer mais si Diane est en sécurité, je pense que ça en vaut la peine.

        Walter et Carine, c'est mon petit couple fétiche ♥  Je les adore, ces deux-là, toujours à roucouler, ils sont trop mignons, en frai aussi.

        Pour la suite, j'y travaille.  Promis, je fais au plus vite.  Et un tout grand merci, chacun de tes commentaires me touche énormément ♥♥

         

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